Nonat. Archives générales de Médecine
Certains auteurs avaient déjà tenté d'interpréter ces cavités. Voici, par exemple, l'explication que Calmeil (1) a proposée : « J'ai annoncé que le sillon postérieur, lorsqu'on a enlevé le « tissu lamelleux qui tient ses ])ords rapprochés, s'enfonce « jusqu'à la substance grise centrale, et lorsque celte subs- « tance manque, jusqu'à la commissure blanche. Cette dis- « position rend toute naturelle l'existence du canal médian. « Supposons, pour un instant, que les lèvres de la vaste gout- « tière qui règne dans toute l'étendue de la face postérieure « de la moelle du fœtus, commencent à se rapprocher par « leurs bords libres, et que leur adhérence s'arrête là, au lieu « de s'effectuer jusqu'à la commissure grise; il restera mani- « festement au centre de l'organe un canal plus ou moins « vaste. Si la commissure grise n'existe pas, comme dans les « exemples que j'ai cités plus haut, le canal est plus profond « et a pour limite, en avant, la commissure antérieure. »
Ces faits n'ont plus guère aujourd'hui qu'un intérêt historique.
En 1859, parut un mémoire important de Stilling; celui-ci réfuta toutes les idées erronées qui avaient eu cours jusqu'alors sur le canal de Tépendyme. Il établit que ce canal avait une existence constante, qu'il persistait pendant toute la vie^ et il entreprit l'étude de son développement, que les travaux de Kôlliker et surtout de Waldeyer contribuèrent à mettre en lumière. Ces idées sont aujourd'hui connues et acceptées d'une façon générale : il nous paraît superflu de les résumer.
L'existence du canal central étant démontrée et admise, la syriugomyélie au sens d'OUivier, n'avait plus de raison d'être et le mol tomba en désuétude. Il ne tarda pas à être remplacé par le mot hydromijélie, qui devait servir à désigner non seulement une affection congénitale, mais toutes les affections où l'on rencontrait une cavité dans la moelle. D'après Virchow etLeyden (2), en effet, toute cavité médullaire devait être considérée comme une dépendance du canal central et
1. Calmeil. Journal des Progrès des Sciences et des instit méd. T. XI. dS28.