Langhans. Arch, de Virchow.. T
moelle allongée. Dans ces quatre cas, Langhans avait trouvé une cavité dans la moelle cervico-dorsale ; cette cavité était située dans la commissure grise et n'était qu'un diverticule du canal central.
Or, Langhans croit qu'il y a une relation de cause à effet entre ces tumeurs et la cavité. Ces tumeurs gênent la circulation en retour, et amènent dans la moelle une stase du sang et du liquide céphalo-rachidien ; comme dans les cas d'oblitération du canal central il n'y a pas de dilatation au-dessous du point oblitéré, l'auteur conclut que la cause principale réside dans des troubles de la circulation sanguine.
Le siège de la cavité dans la commissure postérieure serait déterminé par la présence des veines volumineuses qu'elle contient et qui sont situées de chaque côté du canal central ; or étant donné la consistance lâche de la commissure grise, cette région réalise les meilleures conditions pour devenir le siège d'un œdème précoce. Mais, d'après Langhans, il y a une communication évidente entre le canal central et la cavité ; la cavité n'est souvent qu'un diverticule du canal central . Peut-on distinguer les cavités qui dérivent du canal central de celles qui dépendent de ses diverticules ? Langhans croit pouvoir le faire. Les premières siègent dans la commissure grise ou dans les cornes, et présentent souvent un revêtement épithélial ; les secondes siègent dans la partie antérieure des cordons postérieurs ou entre ces cordons et ne possèdent jamais d'épithéliura. Quant à la paroi, elle se constitue après la formation de la cavité; elle est formée de tissu conjonctif, d'une substance fibrillaire, quelquefois d'une substance fondamentale plus ou moins grenue, avec de rares cellules; cette paroi est un épaississement de la névroglie. Ordinairement régulière, quelquefois olle est irrégulière et pousse des pointes dans l'intérieur de la cavité. D'après Langhans la paroi ne préexiste pas à la cavité.
En résunré, pour Langhans il s'agirait d'un œdème de la moelle d'origine mécanique, qui amènerait une dissociation des éléments de la substance grise, l'élargissement des espaces
lymphatiques, origines de la cavité, qui renfermerait de la lymphe.
Cette théorie pourrait à la rigueur s'appliquer à un nombre restreint de cas ; mais chacun sait que le plus souvent les tumeurs bulbo-protubérantielles existentsans syringomyélie, de même que la syringomyélie existe en dehors des tumeurs du mésocéphale.
Enfin la grande majorité des auteurs est d'accord actuellement pour admettre que le plus souvent la syringomyélie résulte de la fonte d'une tumeur, d'une gliomatose médullaire. Grimm (1) le premier a signalé, dans une revue sur l'atrophie musculaire, deux cas où des cavités médullaires coïncidaient avec un gliome. Mais c'est à Simon et à Westphal que reAdent l'honneur d'avoir établi qu'entre le gliome et la cavité il y avait des relations très étroites, que la cavité se formait dans le gliome, aux dépens du gliome, par destruction du gliome.
Cette théorie est acceptée aujourd'hui par Schultze, par Kahler, par M*"" Baumler, par Roth, par Bernhardt, par M. le professeur Charcot, par M. Déjerine.
Mais comment s'expliquer la formation des cavités dans le gliome?
Nous ne possédons pas encore de données suffisamment précises pour être en droit de nous contenter d'une seule théorie ; nous en sommes encore réduit à des hypothèses.
Ainsi Leyden croit que la désagrégation du gliome tient à une circulation insuffisante. « La néoformation hypertro- « phique offre à cause de sa consistance compacte des condi- « tions peu favorables à la nutrition, surtout dans la partie « centrale delà néoformation, où les vaisseaux sont sclé-
' 1. Grimm. Arch. de Virchow, T. 48. 1869.
« rosés. Au microscope on reconnaît autour des vaisseaux un « dc^but de ramollissement ; on voit un tissu lâche, gclatini- « forme, à grandes aréoles, qui peut être le point de départ « de la cavité. »
Schultze admet que la cavité se forme par une dégénérescence du gliome ; qu'il s'agisse d'une transformation muqueuse, colloïde, graisseuse, le fait existe: le gliome se ramollit et s'excave.
Wichmann explique la forme allongée de la cavité syringomyélique par la distribution des vaisseaux. Pour Wichmann, le siège de prédilection de la cavité est le sommet, c'est-àdire la partie antérieure des cordons postérieurs, qui est le véritable centre de la moelle ; dans cette région la circulation est moins bien assurée que partout ailleurs; en effet, la partie antérieure du cordon postérieur reçoit des vaisseaux de l'artériole qui est logée dans le sillon postérieur et de l'artère interfuniculaire d'Adamkiewicz ; ce sont des vaisseaux très longs et de très petit calibre, d'où la circulation capillaire est moins active qu'ailleurs ; la forme allongée de la cavité reproduit précisément la forme du territoire dont la circulation est insuffisante.
Toute une théorie est encore basée sur la présence du canal central. Le gliome existe bien; il se ramollit et la cavité ne se forme que lorsqu'il y a fusion avec le canal central ou avec un de ses diverticules. Chiari(l), dans un travail sur la pathogénie de la syringomyélie, a passé en revue 74 observations qu'il a examinées au point de vue des rapports du canal central et de la cavité, et il est arrivé à la conclusion que 43 fois il y avait un rapport quelconque entre ces deux lacunes. Il propose de donner le nom à^hydromyêlie^ qu'il détourne de son sens primitif, à toutes les cavités de la moelle, qui seraient en rapport avec le canal central et de réserver le nom de syringomyélie aux cas oii les cavités sont indépendantes de lui. Dans l'hydromyélie, telle que l'entend