ONE LES AVANTAGES
Les avantages de cette opération sont inconstestables, pour les cas de tuberculose étendue du larse antérieur :
a) Tout d'abord on peut mieux juger des atteintes du squelette sous-jacent et de la limite des lésions, ce fait a son importañce, car on à pu se convaincre, en lisant le chapitre premier, que presque toujours la tuberculose envahit rapidement tous les os du tarse, et diffuse dans toutes les directions, attaquant les gaines tendineuses, lestètes des métacarpiens et pouvant parfois dépasser les limites de cette région, en arrière, pour attemdre le tarse postérieur.
Or, c’est à l'opération seulement qu'il est possible de se rendre compte. exactement de l’étendue des lésions, et l'on trouve presque toujours plus de mal qu'on en avait soupçonné : l'incision dorsale transversale avec section de toutes les parties molles permet d'opérer à ciel ouvert, de bien voir ce que l’on fait, de se trouver en somme dans d'excellentes conditions pour extirper toutes les parties malades.
b) Les constatations une fois faites, le chirurgien s’est donné un jour tel qu’il peut enlever en un seul bloc la totalité des lésions osseuses. Il fait aussi une opération plus radicale que s’il avait employé le procédé d'Ollier.
Car, opérant sous un large pont de parties molles, on a des chances de ne pas exciser toutes les parties malades : les os ne peuvent pas être enlevés en bloc, mais ils sont extirpés avec labeur, en fragments, à l’aide de
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la curette pour en finir. De là de graves inconvénients, surtout si les lésions sont étendues; par ces manœuvres laborieuses, on risque de contaminer le champ opératoire, et par ces résections osseuses successives, on crée des surfaces osseuses successivement, qui seront souvent une cause de déformation du pied au cours de sa réparation.
Nous citerons à l'appui de ce que nous venons d’avancer l'observation citée par Vignard. Il eut l’occasion de faire une farsectomie antérieure suivant la méthode d'Ollier, par incision latérale : il eut un échec, etil l’attribue à ce qu'il dut probablement laisser au centre du pied quelques petits séquestres qu'il ne pouvait pas atteindre par la méthode des incisions longitudinales.
L'incision dorsale transversale avec sections des tendons extenseurs permet au contraire de faire l’exérèse complète des tissus tuberculeux avecextirpation franche des parties osseuses, sans ouvrir les principaux foyers caséifiés. Ce n'est pas à ce point de vue le seul avantage de cette méthode, car, après avoir reséqué en bloc le tarse antérieur, on peut alors constater des lésions de l’astragale par exemple: il est alors facile de réséquer cet os et au besoin de faire l’opération de Vallas et Desgouttes (amputation du pied, en conservant le caleanéum et les métatarsiens seulement).
c) L'extirpation osseuse une fois faite, on se trouve en présence d’une vaste cavité dont on peut faire facilement la toilette : après un nettoyage soigneux des «nids de fongosités », on peut s'attaquer aux lésions des gaines du long péronier latéral ou des fléchisseurs des orteils, ce qui est difficile par la méthode d'Ollier.
d) Les modifications apportées à la méthode de MM. Roux et Vuillet sont intéressantes à signaler : (out d'abord lhémostase, pratiquée au fur et à mesure que l'on opère, est complète el supprime tout suintement sanguin consécutif, ce qui a double avantage : d’abord, on peut faire immédiatement le plombage de la cavité osseuse, de plus, on est à l'abri de l'infection que peut provoquer le suintement sanguin, et on obtient plus facilement une réunion par première intention.
D'autre part, le périoste adhérent à la face profonde du lambeau cutanéo-musculaire permet une réparation plus rapide el certaine des surfaces osseuses. En opérant ainsi, on reste, malgré tout, fidèles aux idées d'Ollier, en matière de chirurgie osseuse.
Enfin, nous ferons remarquer que, au cours de l’intervenlion eten partant de nos principes, on fait le maximum d'économie, puisque l’on respecte les tendons du jambier antérieur et du court péronier latéral, et par conséquent on garantit les mouvements de flexion du pied même, si la suture des tendonsextenseurs sectionnés aboutissait à un échec.
Un dernier avantage enfin de l'incision dorsale est qu'elle permettra le remplissage parfait de la cavité osseuse formée parle mélange de Mosetig, tandis qu'avec les incisions latérales multiples il paraît difficile de garnir complètement la cavilé osseuse (Vignard).