‹ Contribution à l'étude de la température dans la coquelucheChapitre 10 sur 20 · MAO · texte numérisé non relu

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tionnels. Quelle est leur nature ? Elle est bien difficile à préciser par la raison que, les malades guérissant toujours, l'examen anatomo-pathologique n’a pu être fait. M. Cadet de Gassicourt dans son étude de la température dans la broncho-pneumonie, signale des poussées fébriles analogues et les considère comme les indices de congestion pulmonaire : « Les ascensions thermiques sont en rapport avec l'apparition de foyers de congestion, quand elles sont brusques et éphémères ; avec l'extension de l’inflammation dans les petites bronches et dans les alvéoles, lorsqu'elles sont progressives et prolongées ». Lacroisade qui dans quatre cas de coqueluche, a observé des élévations brusques de la température, disparaissant dès le lendemain et accompagnées de submatité et d'un léger souffle, les décrit également sous le nom de congestion pulmonaire. Nous venons de voir que Roger émet une opinion semblable sous forme d'hypothèse ; mais la congestion n'étant elle-même autre chose qu'un symptôme la question n’est ainsi que reculée. Il reste à connaître l’origine, la cause réelle de cette congestion, et nous sommes porté à croire que c’est du côté de la bactériologie qu'elle doit être cherchée. Lestravaux de ces dernières années ont démontré dans les crachats des coquelucheux, la présence de nombreux microbes : streptocoques, staphylocoques, pneumocoques, etc. ; d'autre part, la résistance de l'appareil respiratoire est considérablement diminuée par l’irritation incessante que produisent les efforts de toux. On s'explique donc aisément que la coquelüuche se complique fréquemment d'infections secondaires, dont le résultat le plus habituel, est la bronchopneumonie.

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On peut toutefois concevoir que ces infections soient enrayées dès leur origine. Nous avons eu déjà l’occasion d'indiquer sommairement combien sont variables les conditions de la lutte entre les éléments anatomiques et les microbes pathogènes : L'organisme déjà affaibli, a pu être rendu vulnérable par une cause minime et passagère ; que cette cause disparaisse, il réagit avec violence et triomphe rapidement ; mais pour soutenir la lutte, il a dû susciter un afflux sanguin considérable à endroit menacé et cette congestion s’est traduite par une fièvre intense, surtout chez les jeunes enfants qui ontdes réactions très vives.

Ces infections abortives ont d’ailleurs été signalées avec le pneumocoque. D’Espine et Picotont décrit, en se basant sur des recherches bactériologiques une pneumonie abortive qui, après avoir débuté aussi vivement que dans les formes ordinaires avec une température de 395 à 40°5, cesse brusquement le troisième jour, parfois même le second jour. Ils la considèrent comme très fréquente dans les deux ou trois premières années de la vie et nous ne voyons aucune raison pour ne pas admettre, que nous en avons des exemples dans les cas qui nous occupent, toutau moins dans ceux dont la durée totale est de plus de 24 heures. Suivant Germain Sée, la caractéristique de ces pneumonies, est la rapidité de leur évolution et leur courte durée ; elles se terminent en trois ou quatre jours, parfois dès le deuxième ; la défervescence se fait toujours brusquement etles signesphysiques disparaissent rapidement. L’éminent professeur de l’'Hôtel-Dieu ne croyait pas qu'on dût les considérer comme des pneumonies, ne dépassant pasle stade congestif ; il pensait, au contraire,

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que le processus anatomique est le même que dans les pneumonies ordinaires, c’est-à-dire constitué par une exsudation fibrineuse coagulable, mais limitée pour une cause qui nous échappe et de résorption rapide. Charcot considérait cette forme comme spéciale à l'enfance et à l'adolescence.

Mais nous nous sommes promis de rester exclusivement clinique, et les théories ne présentent pour nous qu'un intérêt secondaire. L'interprétation des faits est essentiellement variable suivant les progrès de la science, une hypothèse vient sans cesse en détrôner une autre ; les faits au contraire restent et ont toujours leur valeur. Quelle que soit l’interprétation donnée aux poussées fébriles éphémères que nous venons de décrire. leur existence est incontestable et leur connaissance à son utilité pour le pronostic de l’hyperthermie dans la coqueluche, comme nous le dirons bientôt. Nous examinerons d’abord dans quelle mesure il est possible de les distinguer des complications véritables telles que la pneumonie franche ou la broncho-pneumonie et pour arriver à ce diagnostic, nous commencerons par dire quelques mots de ces complications.

Les observations suivantes montreront les principaux types d’accès fébriles,ceux qu’on constate habituellement. La première est tirée de l'ouvrage de Roger, qui en clinicien toujours consciencieux n’affirme rien sans l’avoir personnellement observé. Nous avons recueilli les autres dans le service de M. Hutinel et pour les rendre plus frappantes, nous y avons joint des courbes de température.

OBSERVATION VI (RoGer).

Un petit syphilitique âgé de trois ans (S. Frédéric) contracte une forte coqueluche dans la salle ; quoique la bronchite soit modérée, il y a 120 pulsations et 38 degrés.

Le lendemain, le pouls monte à 172 et le thermomètre à 400 et pourtant l'auscultation ne révèle aucun signe de broncho-pneumonie (la respiration est seulement rude et on n'entend point de râles). Trois jours plus tard, le pouls baissait à 100 et la chaleur proportionnellement. La coqueluche guérit, la syphilis persistant.

OBSERVATION VII (Recueillie dans le service de M. HUTINEL.)

Coqueluche moyenne. — Deux accès fébriles de vingt-quatre heures à trois jours d'intervalle. — Pas de signes physiques.

Louise B..., née le 13 octobre 4892.

Les quintes de coqueluche apparaissent le 42 juin 1895

Jusqu'au 93, rien de particulier à noter; cinq à huit quintes assez fortes par jour ; pas de fiévre.

Le 24, poussée fébrile brusque et intense.

Le thermomètre quiétait à 37°3 le matin, marque le soir 400. L’auscultation ne fait | entendre que quelques ronchus humides.

On donne 0,20 contigr. de sulfate de quinine.

Le 25, la température est complètement tombés otolle ne se relève pas sensiblement le lendemain. On donne 0,75 centior. d’antipyrine.

Le 27, nouvelle poussée fébrile aussi in- | tense et aussi éphémère que la première | sans qu'on constate plus de signes physiques à l'examen de la poitrine.

Le 1er juillet, l’état fébrile, qui les deux #£ jours précédents avait été à peu près nul, reprend en affectant le

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type rémittent. Les exacerbations se produisent irrégulièrement, mais plutôt le soir. L'antipyrine est continuée à la dose de 1 gr. et on donne en plus vur gouttes de teinture de belladone.

Le 7 la température est définitivement tombée et à partir de ce moment, la maladie évolue sans incidents jusqu à la guérison.

Les quintes qui ont atteint leur plus grande fréquence (dix) et leur plus grande intensité le 27 juin diminuent progressivement pour cesser complètement le 9 août.

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