CHAPITRE
Etiologie et Pathogénie
Les recherches faites depuis Pasteur n'ont plus laissé de doutes sur -létiologie des suppuralions en général. L'infection en est la cause primordiale, Si, dans de nombreuses maladies infectieuses et épidémiques, Fagent pathogène est connu, dans la grippe malheureusement il n'en est pas de même, et.on n'est pas encore exactement lixé sur ce sujet.
En 1919, Meunier, dans la Gazette des Hôpitaux, publie un article sur la bactériologie de la grippe, « coccobacille de Preirrer au début, ditsil, puis les coccis progènes sont ensuite associés au pneumocoque el au staphylocoque ». Depuis, MarBais, en 1919, trouve un petit bacille rouge, Gram négatif, dont les colonies ressemblent à celles des méningocoques.
Dans les thyroïdes aiguës, autres que Ja thyroïde grippale, on trouve le microbe spécifique de la maladie occasionnante : bacille d'Eserra dans Iles thvroïdes posttvphiques, para A dans les cas signalés en 1919 par LEMIERRE ; para B dans ceux signalés par NoBÉCOURT ; streplocoques dans les fhyroïdites postpuerpérales; pneu
mocoques dans les postpneumoniques, ele,
Dans les thyroïdites postgrippales, un cas de DUGUET, signalé dans la Thèse de Fowranrer (Paris, 1909), conséeutif à une grippe à forme pulmonaire, donne après ponction de Flabeès thyroïdien du pneumocoque pur. — Dans un autre cas, on aurait trouvé des diplocoques absolument analogues à du pneumocoque de FRENKEL. — Dans notre observation VIT, Bérarp a trouvé des diplocoques prenant Je Gram el les couleurs basiques. — Dans l'observation V, Banni signale des streptocoques ; dans l'observation VIH, le docteur Iamaxr signale des streptocoques el des staphylocoques.
En un mot, nous voyons à quelle diversité de flore microbienne nous avons affaire, et notre avis, jusqu'à la découverte du bacille spécifique, est que la cause primordiale de Pinfection thvyroïdienne est la virulence brusquement exallée des microbes ordinaires saprophytes des voies respiratoires supérieures, c'est-à-dire pneumocoques, streptocoques, staphylocoques, bacilles de FRIEDLEÆENDER, dent Passociation donne lieu à des phénomènes infectieux secondaires.
On a d'ailleurs trouvé plusieurs fois du pus stérile, dont les cullures sont restées négalives. Bérarp pense qu'il en est de même dans les thyroïdites que dans les autres abeès glandulaires. Cela peut faire penser que les sécrétions internes de la thyroïde jouent peut-être un rôle micro-
bicide.
Par quel mécanisme se fait l'infection thfroïdienne ? Dans la grippe, comme dans toutes les autres affections, le microbe agit par lui-même et par ses loxines sur Ja glande.
La thyroïde peut être envahie directement par les
microbes el, dans ce cas, elle offre un terrain prédisposé où les microorgairismes peuvent se développer et donner lieu à des processus inflammaloires de différente nalure,
La thyroïde peut être envahie par les toxines circulant dans le sang. Dans ce cas, le corps thyroïde est sujet à des modifications, qui ne sont pas reconnaissables cliniquement ; on ne peut les distinguer que microscopiquement, cest ce que be QUERVAN appelle la « thyroïdite
toxique ».
Quelle est a voie que suit l'infection à
La voie hémalogène, artérielle et veineuse nous parail de beaucoup la plus importante.
En effet, la glande thyroïde se trouve séparée des fcrmalions diverses, qui l'entourent par une enveloppe fibrocellulaire, très dense, la gaine perithyroïdienne ; sous cette gaine se trouve un espace lâche, cloisonné, où courent les nombreux vaisseaux, artères et veines, qui irriguent abondamment la glande. Cet espace est très utile à connaître au point de vue opératoire, et nous y reviendrons quand nous aborderons le traitement,
De cet espace, les rameaux vasculaires se répandent dans Ja glande, au travers de Ja capsule propre fibreuse.
Nous ne rappellerons que brièvement qu'il existe l'artère thyroïdienne supérieure, l'artère thyroïdienne de NEWBAUER, médiane el impaire, et l'artère thyroïdienne inférieure, Ces trois artères donnent elles-n:èmes de nombreuses branches, qui forment un lacis extrèniement complexe autour de la glande, et qui ont entre elles des communicalions excessivement nombreuses. Ces artères s'’anastomosent elles-mêmes avec les artères de la
trachée, de l'œsophage et des muscles sous-hyoïdiens,