OBSERVATION I
Flurion thyroïdienne conséculive à une infeclion aiguë légère (Acnarp et LOEPER)
Soc. Méd.-hôp., décembre 1913, n° 146, page 232
VEZ (Marie), 31 ans, entre à Fhôpital Necker le 24 novembre 1907. Dans ses antécédents de famille, on ne relève que lexistence d'un gros cou chez une sœur à l’âge de 18 ans, et qui a disparu assez rapidement. Le goître est fréquent d'ailleurs dans la Corrèze, qui est le pays de la malade et de sa famille.
La malade à eu plusieurs bronchites. Les règles ont apparu à 17 ans, et ont loujours été peu abondantes, douloureuses el irrégulières. Deux grossesses ont évolué sans autre incident qu'une hémorragie assez abondante à la suite de lune d'elles, Les deux enfants sont bien portants.
I v a huil jours, au moment de ses règles, Ja malade a ressenti de la céphalée, de Ta courbature, des frissons, des sueurs, Puis survint une poussée d'herpès, dont il subsiste encore des traces. Le lendemain du début, apparut un point de côté à la base droite, d'abord léger puis douloureux. En mème temps, se manifestent des troubles gastro-intestinaux : vomissements et diarrhée, Sur le conseil d'un médecin, elle a pris un purgatil, mais les symplômes (horaciques s'accen-
tuant, elle est venue à l'hôpital.
pere
\ l'entrée de la malade, on constate qu’elle a une apparence chétive, le teint pâle, les yeux légèrement saillants, l'aspect instable des névropathes. Les lèvres portent des croûtes d'herpès. Le cou attire l’attention. Il présente, un peu au-dessus de la fourchette sternale, une tuméfaction circonscrite, médiane, qui se prolonge vers les sterno-cleido-mastoïdiens, d’une façon diffuse. Celte tuméfaction est surtout apparente quand on examine la malade de profil, à jour frisant. Au palper aussi, on délimite très exactement cette tuméfaction médiane, haute d'un bon travers de doigt, qui répond à listhme du corps thyroïde, el qui suit le larynx dans les mouvements de déglutition. Sa pression provoque ‘une douleur assez vive avec dysphagie.
Au thorax, on trouve à la base droite, tout à fait en bas, un point de côté sensible à la pression, et avec irradiation vers l'épaule. Il y à une petite toux sèche, L'expectoration est minime ; à peine trouve-l-0on, à la percussion, une très légère submatité de la base droite et, dans cette zone, l’auscultation ne révèle qu'une respiralion un peu soufflante. Au cœur, on trouve un très léger souffle extra-cardiaque. Le pouls est à 108. La température est de 37° 5.
La langue est légèrement saburrhale. Le foie n’est nullement augmenté de volume. La rate est perceptible à la percussion. La pression de l’épigastre provoque ‘une légère douleur, Les urines présentent des traces d'albumine, Un peu de conslipalion.
I existe un tremblement menu des doigts.
Ces symptômes persistent pendant quelques jours, et une nouvelle poussée d'herpès apparaît aux deux lèvres. La température ne s'élève qu'à 37° 4 ; peu à peu, les symptômes s’atténuent.
Le 3 décembre, Ja malade quitte Fhôpital. Elle n'a plus qu'une douleur minime dans la région diaphragmatique droite, des traces d'herpès, un léger état saburrhal.
Le cou a diminué de volume, on sent encore au palper listhime thyroïdien, dont la pression réveille la douleur.