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Besredka. Anaphylaxie et anti-anaphylaxie. Masson

2° Accidents d'ordre physiologique. — Ceux-ci relèvent de l’hémolyse et de l’agglutination et sont presque uniquement des troubles de l'élimination rénale. Ils vont depuis l’anurie complète, comme dans l'observation rapportée plus haut, jusqu’à la simple albuminurie transitoire.

Aux symptômes de néphrite toxique, plus ou moins grave, vient s’ajouter l’hémoglobinurie légère ou intense, témoin de la destruction d’une plus ou moins grande quantité de globules rouges.

La variation dans le degré de la réaction, peut être en partie expliquée par ce fait qu’il y a trois possibilités :

1° Les globules du receveur peuvent être hémolysés par le sérum du donneur. Le résultat sera peut-être une hémoglobinurie passagère peu grave, puisque, s il y a quelques globules rouges du receveur détruits, ces albumines sont homogènes et se comporteront comme telles. Néanmoins, le bénéfice de la transfusion aura été nul. 2° Les globules du donneur peuvent être hémolysés par le sérum du receveur. Iei le cas est plus grave, car les globules détruits appartenant au donneur, agiront comme albumines hétérogènes et bloqueront le rein.

3° Enfin, les deux cas peuvent être réunis, et l’hémolyse peut se faire des deux côtés. Le cas sera grave.

Il faut remarquer qu'il y a une certaine gradation dans la toxicité des différents sérums ; et compter aussi que l'intégrité antérieure des émonctoires chez les individus auxquels une transfusion malencontreuse de sang est faite.

[l'est bien entendu qu’un individu dont les reins sont déjà lésés par le mal de Bright, supportera mal une hémoglobinurie, même transitoire occasionnée par une injection de sang mal groupé.

3° Accidents d'ordre mécanique. — Ils sont moins graves et résultent de l'administration trop rapide du sang. Quelquefois, pendant une transfusion, le patient se plaint de gêne respiratoire et d’une sensation de constriction du thorax.

Ces signes doivent être l'avertissement qu’on va trop vite et qu'on doit aller plus lentement, ou peut-être que la transfusion a été suffisamment copieuse et qu'on doit l’interrompre.

L'explication de ce fait doit être trouvée dans le remplissage trop rapide du système veineux et de la surcharge du cœur droit amenant peut-être parfois un peu de dilatation temporaire. Je n'ai, pour ma part, jamais rencontré de symptômes atteignant un degré alarmant, et si on suit la technique que nous indiquerons, ces incidents ne se produiront pas.

4 Accidents consécutifs à la transmission d'une affection dont est atteint le donneur. — Le danger de communiquer au récepteur une affection dont est atteint le donneur, tombe sous le sens et suggère naturellement toutes les précautions à prendre pour l’éviter.

Néanmoins, le danger de communiquer une maladie à un récepteur se restreint aux cas où un agent pathogène circule dans le sang du donneur au moment même de la transfusion.

Un simple interrogatoire suffira en général pour établir la présence de l’agent du paludisme. On sait qu'on est paludéen. Néanmoins, Jeanbrau rapporte un cas de paludisme transmis par transfusion ; c'était dans une ambulance chirurgicale et le Sénégalais qui donna son sang était le seul patient susceptible d’être pris comme donneur.

Naturellement, il ne faut jamais choisir de donneur fébrile. Si le donneur possible est suspect de tuberculose ou de gonorrhée, par exemple il est probable que le microbe causal ne se trouve pas dans le sang en quantité suffisante pour communiquer la maladie : néanmoins, de tels donneurs doivent être rejetés si les circonstances le permettent.

La plus subtile forme d'infection, la plus dangereuse, la plus difficile à éliminer, est la syphilis. Cette infection fut déjà transmise par la transfusion, tel le cas rapporté par Bernheiïm où un père fut infecté par son fils.

Certes, Levaditi a noté que la transfusion de sang spécifique pourrait difficilement inoculer le tréponème. Il est certain que si la transfusion est faite à loisir, il faut pratiquer la réaction de Wassermann. Quand il s’agit de cas d'extrême urgence (shock, hémorragie aiguë), chirurgien et donneurs volontaires sont réunis par le même désir : sauver la vie du patient. Une brève enquête clinique, dans un moment où les minutes sont des heures, nous a suffi alors et nous avons püû ainsi ramener à la vie plus d’un moribond. Le danger de la syphilis nous paraît donc très éloigné ; aussi ne doit-il pas restreindre la transfusion, pas plus que la menace d’un accident chloroformique ne doit empêcher l’emploi des anesthésiques. La question de la transfusion ne nous apparaît donc pas aussi simple qu'elle le semblait à nos anciens. Certains faits qu’ils avaient pourtant entrevus, s'expliquent et se comprennent mieux à la faveur des théories modernes.

La transfusion du sang ne se résout pas à une simple question de technique. Pour guérir à l’aide de la transfusion, il ne suffit pas de mener à bien l’acte opératoire devenu très simple (trop simple peut-être), il faut encore être un médecin averti et en médecine tout est complexe, car chaque malade, chaque individu, réagit à sa façon suivant ses susceptibilités particulières, susceptibilités d'organes, susceptibilités de tissus, susceptibilités d’humeurs.

C’est pour cette raison que la thérapeutique est si délicate et que tout acte, toute médication active demande une réflexion constante de la part du médecin. Il n’y a pas de maladies, il n’y a que des malades.

Cette étude des dangers de la transfusion, a été exposée dans le but de faire profiter les autres de notre expérience. Pour nous résumer, nous dirons : La transfusion du sang présente des dangers de plusieurs ordres qui peuvent être évités à l'heure

actuelle d'une façon presque absolue, quand on connaît leur existence.

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