‹ Contribution À L'Étude De La Transfusion Du SangChapitre 6 sur 24 · I. Insuffisance quantitative du sang · texte numérisé non relu

I. Insuffisance quantitative du sang

1. Hémorragies : aiguë ; traumatique ; obstétricale ; viscérale (estomac, intestin).

2. Shock : nerveux; hémorragique ; infectieux (diphtérie) ; toxique (brülures); mixte.

3. Intoxications aiguës : Oxyde de carbone; gaz d'éclairage ; mercure ; champignons (phalline).

Il. Insuffisance qualitative du sang.

1. Maladies hémorragipares : hémophilie; hémogénie; purpura ; ictère ; melæna des nouveau-nés.

2. Maladies du sang : anémie pernicieuse ; leucémie ; ictère hémolytique.

3. Intoxications chroniques : acidose ; éclampsie ; athrepsie ; pellagre. 4. Infections : a) aiguës : septicémies (streptocoque ; staphylocoque ; Éberth. b) chroniques : suppurations ; pyohémies ; tuberculose. 5. Troubles endocriniens : goitre exophtalmique ; métrorragies sans lésion locale.

Les indications de la transfusion du sang se ramènent, selon nous, à deux catégories de malades bien distincts au point de vue :

a. Du résultat à obtenir ;

b. De technique à appliquer.

En etfet, la transfusion n’est pas une et si l’on veut en retirer tous les bienfaits qu'elle peut procurer, il faut agir avec discernement d’abord suivant chacune de ses indications et ensuite suivant chaque cas particulier.

Il n’y a pas de maladies, il n’y a que des malades, a-t-on dit ; cela est vrai dans toute la médecine et c’est surtout quand on fait œuvre thérapeutique qu’on doit faire la plus grande attention aux susceptibilités particulières de chaque individu.

Un des problèmes les plus compliqués au point de vue transfusion, est celui de la quantité de sang à donner. Nous avons vu écrit quelque part qu’en matière de transfusion du sang, une injection de 100 grammes suffisait dans tous les cas pourvu qu'on lui adjoignit une quantité suffisante de sérum physiologique. Nous nous élevons vivement contre cette assertion capable simplement de nuire à la méthode.

Un malade est-il saigné à blanc, a-t-il perdu deux litres de sang par exemple. On lui fait du sérum /larga manu; on lui infuse 100 grammes de sang et on part en disant : « c’est assez, il doit guérir ».

Un malade shocké, même thérapeutique. On donnera, de la même façon, 100 grammes intra-veineux à l’hémophile quand 10 centimètres cubes sous la peau feront le même effet.

C’est faire peu de cas des notions de la pathologie générale.

Il y a, comme nous le verrons tout à l'heure, une limite extrême, au delà de laquelle un individu brusquement privé de son sang ne peut vivre. Il y a des individus, dont l’état de shock est si avancé que toutes les transfusions du monde n’auront aucune action sur les centres disloqués. Il est des intoxiqués qu'il faudra saigner d’abord avant de les transfuser. Il est des infections graves, dont on ne vient à bout qu'avec plusieurs transfusions larges répétées. Il en est d’autres qui sont heureusement modifiées par la seule injection de 50 grammes du sang d’un individu préalablement immunisé vis-à-vis du microbe pathogène.

Tout cela dépend non seulement de l'affection dont est atteint le patient, mais de ses aptitudes particulières, de ses

réactions individuelles'et aussi de l’époque à laquelle on intervient,

La transfusion du sang s'adresse, en prémier lieu, aux sujets présentants le syndrome d'insuffisance quantitative du sang chez lesquels la masse du sang est brusquement réduite soit par la perte, soit par l’immobilisation, soit par l’altération de ses globules.

Ce syndrome se rencontre dans trois états :

a. L’hémorragie aiguë ;

b. Le shock;

c. L’intoxication aiguë.

Dans ces cas, la transfusion s'impose comme une mesure d'extrême urgence; «il s’agit, dit Tzanck, d’infuser, sansretard, une masse liquide importante, le plus près possible du ventricule. »

Tous les procédés sont bons: sang pur, sang additionné de citrate, d’arséno-benzène, de glucose, pourvu qu'on aille vite. Sion n’est pasoutillé spécialement, un appareil de fortune est toujours réalisable : ampoules à sérum, seringues, se trouvent facilement.

C'est dans ce cas que la transfusion doit être une opération de petite chirurgie, à la portée du praticien, puisque c’est une véritable transfusion de vie. Si l’on n’a pasle temps de faire les tests préliminaires, ou même si on ne sait pas les faire, nous conseillons d’injecter d’abord 20 centimètres cubes et d'attendre 1 à3 minutes. Si aucun phénomène alarmant, tel que : pâleur des lèvres, dyspnée, douleur précordiale, douleur lombaire, ne se produit, on peut continuer l'injection.

En second lieu, la transfusion s'adresse à toute une série de malades, dont l’état relève de ce que nous appelons une insuffisance qualitative du sang, par opposition au groupe précédent. Le sang est un tissu très complexe etil règnera toujours à son sujet une certaine obscurité insondable, car l'étude du sang est liée à celle de la vie même. Rappelons-nous donc qu’en dehors des éléments figurés rouges auxquels est attachée la fonction respiratoire, et des éléments blancs qui possèdent un

rôle de défense, le sang contient un nombre considérable d’autres substances, telles que séro-protéines, cholestérines, lécithines, graisses, sels, sucres, fibrin-ferments, acides aminés, éléments de synthèse pour les tissus, produits de décomposition, d’oxydation et d'hydratation, sécrétions internes, anticorps, substances bactériennes, etc.

Il est de toute évidence que pour guérir à l’aide de la thérapeutique par le sang, il faudrait d'abord connaître le sang luimême et ensuite arriver à déterminer, chez l'individu malade, ce qui lui manque, ou ce qu'il a en trop, suivant tel ou tel trouble pathologique. Il est rationnel de croire que la transplantation du sang, en plus ou moins grande quantité, d’un donneur convenablement choisi, puisse modifier favorablement le cours de beaucoup d’affections, autres que l’anémie pernicieuse, la leucémie et qu’un vaste horizon s'ouvre devant nous, en modifiant préalablement le sang d’un donneur, dans un but spécifique donné. Dans ces maladies, les transfusions doivent être répétées et chacune d’entre elles doit être faite aussi parfaitement que possible. Quand on réfléchit bien aux si nombreux facteurs dont dépend la transfusion du sang, cela vaut la peine de s’arrêter un instant à considérer quel est le meilleur moyen d'effectuer cette transplantation du sang qui, dans ce cas, doit être aussi pur que possible.

Tous les tests préliminaires doivent être pratiqués. Non seulement nous utilisons la méthode indirecte de Beth Vincent, mais encore nous pratiquons toujours la réaction directe entre le sérum du malade et les globules du futur donneur.

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