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Etudions maintenant les phases apparentes qui marquent le déclin de la maladie. Nous avons vu qu’au microscope on reconnaissait la prédominance de plus en plus accusée de mycelium, avec disparition presque totale des spores. Pourtant la disparition totale des spores n’est complète qu’à l'extrême limite de la maladie. Un examen attentif fera en effet découvrir presque jusqu’à la fin une ou deux petites masses blanches que le microscope nous
révèle comme constituées par un débris de cheveu enveloppé de spores.
Nous rappelons à cette occasion que nous avons dans ce groupe insisté sur la permanence à peu près complète de pityriasis alba parasitaire. En même temps on constate un symptôme dominant, c’est le ralentissement dans la poussée des cheveux. L'on ne voit peu à peu que de rares cheveux apparaître, très minces et très fins. Il faut les épiler longtemps pour avoir des cheveux longs et solides, et pendant trois mois après la guérison nous avons vu les cheveux rester fins et d’une teinte beaucoup plus pâle que sur le reste de la tête.
Lorsqu'il y a eu pendant le traitement une zône de
protection maintenue au moyen de l'épilation, on peut suivre cette relation curieuse de la poussée des cheveux sur la plaque atteinte et sur la zône de protection.
D’abord c’est celle-ci qui est restée glabre pendant que l’autre était sans cesse couverte ; puis il y a eu équilibre, enfin c’est la plaque atteinte qui se trouve dénudée pendant que les cheveux poussent activement tout autour.
Dans plusieurs cas la plaque a pris l'aspect d’une pelade
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et l'a conservé pendant une ou plusieurs semaines pour se recouvrir enfin de cheveux fins et bons.
Lorsque ces cheveux repoussent, c’est à la périphérie, de la plaque que leur apparition se fait tout d’abord et le centre est le dernier recouvert.
Complications. Pronostic du Kerion Celsi. — En dehors des complications qui sont crées par l'extension aux parties saines, secondaires, précoces ou tardives, de l’affection, il n’y a qu’une seule complication sérieuse, constituée par le Kerion Celsi dont on e peut-être exagéré les dangers.
Nous avons eu à suivre 7 cas de Kerion. Tous étaient très étendus, et les malades nous sont arrivés avec une tuméfaction considérable, des points saillants, siège d’une douleur intense, et un retentissement assez considérable sur l’état général pour déterminer une céphalée intense, de la fièvre, de l’anorexie, etc.
Nous avons traité les malades par les applications de compresses de sublimé, et de nombreuses ouvertures au scarificateur dans les points en suppuration.
Si le Kerion s’est établi complétement d'emblée, deux ou trois séances ont suffi pour arrêter la suppuration. Ou bien celle-ci s’est établie peu à peu, point par point successivement et parfois nous avons eu pendant 15, 18 ou 20 jours, à ouvrir de petites cryptes de pus profondément situées.
Mais dans les 7 cas, nous avons constaté que lorsque la suppuration a pris fin, le cuir chevelu est revenu à son état normal, en ne conservant qu’une teinte rouge
intense, et que peu après dans des limites variant entre 12 et 20 jours après, de nouveaux cheveux ont reparu sur la totalité des points qui avaient suppuré.
De plus, aucun de ces cheveux ne présentait de lésions tricophytiques.
Le Kérion Celsi n’est donc pas loujours une complication très redoutable, à condition qu’il soit surveillé de près. Ce peut être même une issue à désirer ou tout au moins à ne pas regretter puisqu'elle peut déterminer en quelques jours une guérison de la maladie.
Nous devons toutefois signaler que dans les 7 cas de Kérion que nous avons vus, aucun n’était encore parvenu à cet état qui a servi de modèle aux descriptions des auteurs. Jamais il n’y avait l'aspect du crible, avec le pus venant sourdre aux orifices. Nous n'avons eu que des suppurations profondes, ou plus ou moins rapprochées de la surface cutanée, et la sortie du pus au niveau des points fluctuants a toujoure été effectuée par bistouri.
“Nous en concluons seulement que, pris au début, le Kérion n’est pas une complication redoutable.
Deuxième groupe. — Formes légères. — Cette forme de
tricophytie est remarquable par sa bénignité et la rapi-
dité de sa guérison, même lorsqu'elle reste livrée à elle-
même. Nous l'avons rencontrée dans 1/8 des cas.
__ Elle se présente avec les symptômes suivants: Lors-
qu’on amène le malade, l'on ne constate le plus souvent qu’une plaque assez mal limilée, à peu près arrondie, avec un aspect sale qui frappe tout d’abord. La peau est terne, reste bien souple, sans desquamation, et la surface
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de la plaque est recouverte de cheveux assez nombreux. Ces cheveux sont de longueurs très inégales. On en trouve trois sortes au microscope.
1° Des cheveux cassés très courts. Ceux-ci ne sont jamais engainés; on trouve à grand peine des spores, soit autour de leur tige, ou dans les lames épidermiques avulsées avec le cheveu. Pourtant la tige est dissociée, l'extrémité libre est penicillée et l’on voit quelques spores s'échapper entre les fibrilles. Le follicule est très atrophié el quelquefois la tige semble se terminer par une toute petite pointe noire, tordue, ou enroulée sur elle-même.
20 Il y a des cheveux de diverses longueurs avec extrémité libre penicillée mais ne contenant pas de spores. On trouvera toutefois de longs tubes de mycelium qui plongent dans tout le cheveu, le traversant ainsi sur toute sa longueur et pénétrent dans le follicule. Cette pénétration du mycelium dans le follicule n’a pas été constante dans tous les cas, mais nous devons signaler que nous ne l’avons jamäis constatée que concurremment avec le syndrôme clinique précédent.
Enfin l’on peut trouver des cheveux très longs, restés sains, à part une diminution de volume de la racine. Un phénomène attire l’attention : la lenteur de repousse des cheveux. Si l’on épile une fois au début. On est longtemps, de 15 jours à2 mois, à altendre une nouvelle génération de remplacement. Enfin l’on rencontre des cheveux restés sains, qui ne présentent qu'un premier degré d'atrophie du follicule. Ce sont là toutes les lésions constatées. Jamais un examen, aussi attentif que possible, ne
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nous à permis de découvrir au milieu des cheveux un seul tronçon recouvert de pityriasis alba, si constant dans le groupe précédent.
L'évolution est remarquablement bénigne. La plaque est en général unique, malgré le peu de soins que l’on a mis à soigner l’enfant. Jamais on n'’assiste à ces larges extensions si effrayantes de la forme précédente,
La contagion semble également plus faible. Un enfant a pu impunément, jouer, vivre, coucher avec ses frères, même changer de coiffure avec eux sans qu’il y ait eu contagion. ;
Nous ne pouvons mieux élablir la comparaison avec la forme écrite au paragraphe précédent qu’en établissant un tableau de correspondance entre les divers caractères de la maladie.
Tableau comparatif des deux formes de teigne tondante.
.. Forme fruste.
Prédominance du mycelium.
Forme grave.
Prédominancé des spores.
Invasion rapide, suivant de | Invasion lente. près l’inoculation.
Dénudation par rupture des | Plaque irrégulière, plutôt ar-
cheveux. d’une zone | rondie, sans contours accu-
ment arrondie ou ovalaire. sés.
Peu de cheveux d'apparence | Nombreux cheveux d'apparence saine demeurés sur la plaque. saine.
Gaînes amiantacées autour des | Jamais de gaînes amiantacées. tronçons de cheveux; persistance de ces gaines presque jusqu’à la fin de la mala-
die, en plus ou moins grand
nombre.
Au microscope, prédominance | Peu ou point de spores. Prédodes spores pendant la pre- minance du mycelium.
mière période.
Le tricophyton ne pénètre pas | On peut trouver du mycelium
dans le follicule. dans le follicule (symptôme inconstant).
Les cheveux sont cassés au ras | Cheveux de longueur variable,
de la peau, ou à un ou deux cassés très courts, ou deve-
millimètres au-dessus. nus très longs avec extrémité
libre pénicillée.
Cheveux ou tronçons de che- ! Cheveux rares.
veux très abondants.
Croissance très rapide. Croissance lente.
Cuir chevelu couvert de squa- | Peau d'aspect lisse, ou un peu mes dures, grisâtres. sale, sans squames.
Tendance à l'extension, ou à la | Pas de tendance à l'extension dissémination. ni à la dissémination.
Guérison très lente. Guérison rapide, même sans
traitement.
= Je Maintenant que nous avons essayé de grouper des symptômes qui jusqu'ici avaient été rattachés en bloc aux diverses manifestations de l’herpès tonsurant, nous chercherons à tirer quelques conclusions de ces groupements, et nous étudierons si les différences établies entre les deux formes sont aussi profondes qne notre description a
semblé l’établir. :
L'étude de la première forme, la forme grave, est considérablement simplifiée du moment que nous n’avons plus à étudier que l’évolution d’une plaque, la plaque maîtresse. Nous l’avons suivie dans ses lrois phases, en unissant les renseignements à l'œil nu, à ceux fournis par le mià croscope. Nous avons vu l'importance de cette gaîne de spores qui a du reste dès l'origine, frappé l'esprit de tous ceux qui ont étudié Ja teigne tondante; puis nous avons vu l’évôlution de ce mycelium apparu au début, puis devenu plus rare, et s’installant enfin dans le cheveu comme
FE lésion dominante.
Or, cette forme que nous avons voulu séparer de la tricophytie commune pour en faire une teigne spéciale bénigne, présente cependant bien des symplômes communs avec la forme ordinaire, si l’on ne considère celle- 7e ci qu’à la période de déclin. C’est la même prédominance Ze mycelium, la même lenteur dans la croissance du cheveu, le même aspect lisse de la peau.
= Cette irrégularité de da plaque se rencontre dans les formes graves abandonnées à elles-mêmes, parvenues à la période de déclin. | |
__ : Mème quantité de cheveux sains puisque la guérison 2
va s'établir.
Audrain 6
Ce deuxième groupe ne serait-il donc pas une simple variété de l’autre, seulement considéré longtemps après le début de l'affection ?
En effet, nous avons décrit des cheveux très longs, à extrémité libre, pénicillée. Cette terminaison en pinceau nous prouve bien qu'il y a eu à une époque une dissociation des fibres du cheveu par des spores. Et nous savons que toujours cette lésion se proluit au niveau de la surface cutanée. Le cheveu a donc poussé depuis. L'invasion est sans doute plus ancienne que les renseignements ne semblent l'indiquer. Ces cheveux d’inégale longueur nous font supposer qu'il y a eu une invasion lente, successive, de cheveu à cheveu, à des intervalles éloignés, par un agent semblable au tricophyton. Si nous trouvons des spores, du mycelium, nous les reconnaissons en tout semblables à ceux du même champignon. :
Ce pourrait donc être comme une forme ralentie, dans laquelle la période d’invasion, très lente, a échappé aux parents, et ce n’est que beaucoup plus tard, lorsque le ralentissement de la croissance, la disparition des cheveux atteints peu à peu, ont fait une clairière dans le cuir chevelu, que l’on songe à conduire le malade. à l'examen.
Nous avons pourtant le droit de croire à une forme spéciale ; bien plus, le diagnostic resle hésitant et l’on a de suite recours au microscope, le souverain maître en la malière. |
Question de terrain, peut-être ? Etudions donc l’étiologie de la teigne tondante. Nous savons que les formes graves se rencontrent de préférence chez les sujets débi-
0 22 lités, nous ajouterons aussi sur les sujets séborrhéïques, sur‘ les blonds. Nous avons plutôt reconnu la forme légère, atténuée, chez les bruns, non séborrhéiques, tantôt vigoureux, tantôt affaiblis; mais il nous à semblé que les cheveux, chez ceux qui ont bénéficié de cette bénignité de l’affection, étaient sales, ternes, plutôt volumineux et de gros calibre ; pourtant dans deux cas, les enfants étaient blonds, l’un avait une séborrhée intense du cuir chevelu.
De plus, d’autres semblent avoir remarqué cette forme fruste. Lailler parle d’une forme plutôt diffuse, accompapagnée de décoloration des cheveux, qu'il a observée plutôt chez les blonds. M. le D' Brocq signale à son tour une forme squameuse dans laquelle il faut une recherche des plus attentives pour trouver ça et là un poil cassé, ou bien quelque cheveu plié à angle obtus et cassant à la moindre traction.
Ces indices ne nous permettent pas de croire que ces auteurs ont eu en vue cette forme que nous avons décrite. Encore n'est-il pas moins vrai qu’ils décrivent des formes intermédiaires probablement, avec des lésions faibles, rares, difficiles à reconnaître, résultats d’une marche lente et insidieuse du champignon à travers les divers milieux du cuir chevelu.
Cette question reste donc encore fort obscure; toutefois nous maintiendrons notre division clinique en nous appuyant sur ces trois faits :
Le pilyriasis alba presque permanent dans la forme commune, manque totalement dans l’autre.
Le mycelium ne pénètre jamais dans le follicule dans
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