LA SIGNIFICATION BIOLOGIQUE
Le mécanisme intime de la cuti-réaction et de la réaction des tuberculeux à la tuberculine en général est encore assez obscur. Von Pirquet, dès 1903, avait conclu à un phénomène de sensibilisation, comparable à celui qu’on observe dans la « maladie du sérum ». Le bacille de Koch, en pénétrant dans l’organisme, provoque la formation d’anticorps spécifiques, et la — réaction serait la résultante du choc de ces anticorps et de la toxine tuberculinique.
Mais le rôle dévolu à l’anaphylaxie dans le processus des réactions tuberculiniques chez les sujets tuberculeux est loin d’être admis par tous les auteurs, Les opinions divergent fort sur ce point.
Quoi qu’il en soit, si l’anaphylaxie intervient, il semble bien qu’elle soit fonction de l’immunité, Comme le dit Bordet, dans son Traité de l’Immunité : -« .…limmunité elle-même a pour effet, dès qu’elle s’installe dans l’organisme, d'imprimer une tournure nouvelle au conflit qui s’engage entre le parasite et
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son hôte. » Cette immunité, certes, n’est que partielle dans la tuberculose, mais elle n’en existe pas moins. Le terme d’ «allergie », crée par Von Pirquet, exprime bien cet état d’immunisation. Un sujet tuberculeux répond autrement qu’un sujet sain. Sa réaction, en un mot, est « changée ».
Les épreuves à la tuberculine ne donnent rien chezle sujet sain, qui n’a jamais été touché par le bacille de Koch, qui n’a pas subi l’imprégnation tuberculeuse. Positives, allergiques, elles indiquent qu’antérieurement le bacille a pénétré dans l'organisme, que celui-ci à son tour a réagi par la formation d’anticorps et acquis ainsi des propriétés humorales nouvelles.
Von Pirquet a émis l'hypothèse, qui a rallié de nombreux suffrages, que les réactions tuberculiniques pour se produire n’exigeaient pas la présence du bacille de Koch. Il suffirait donc qu’à une période antérieure l’organisme soit entré en conflit avec le bacille tuberculeux, pour que la réaction allergique devienne définitivement acquise par le sujet. Les avis sont partagés à ce sujet. Pour d’autres auteurs, pour le P. Marfan en particulier, quelques bacilles vivants, sécréteurs de toxines, sont nécessaires pour provoquer d’une façon permanente la formation de sensibilisatrices et, partant, pour permettre à la réaction tuberculinique de se produire.