ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Nous n'avons pas l'intention de donner ici une description macroscopique et microcospique complète des lésions que la tuberculose produit au niveau des an. nexes. |
Ces lésions ont été, pour la plupart, décrites depu s longtemps ; depuis ce temps, le bacille n’a pas changs sa virulence, ni l'organisme sa façon de réagir. Nous insisterons sur quelques points spéciaux au chapitre du Diagnostic. Aussi l’on trouvera surtout ici, une sta. tistique des lésions des divers organes.
On a cherché à grouper l’ensemble des lésions observées dans chaque cas en des formes anatomo-pathologiques distinctes. Le nombre des auteurs aui s'y sont essayés prouve la difficulté de la tâche ; tâche pour ous impossible tellement, dans un ensemble de lésions les stades de l'infection tuberculeuse peuvent être distincts. Nous constatons, par exemple {Obs I), une tuberculose miliaire du péritoine, un abcès froid de l'ovaire, une tuberculose caséeuse de la trompe.
Lésions des Trompes. — Nous les avons trouvées atteintes dans 74 sur 76 (97 %). ;
Les lésions apparaissent unilatérales dans 5 cas. 93 % de lésions latérales.
Greenberg donne comme bilatérales 175 sur 200
op
(87 %) ; Remilly (en faisant toutes réserves)), 21 sur 28, (75 %) ; Olivier, 98 (8 %) ; Polosson, 84 0/0 ; Kelly, 9% (2 %) ; Neu, 95 %. On voit combien ces derniers chiffres des auteurs américains ayant eu la possibilité de faire analyser toutes les salpingites, se rapprochent des nôtres.
Parmi les lésions bilatérales, nous avons trouvé 25 salpingites ulcéro-caséeuses, dont 23 bilatérales ; 1 cas coexistant avec un abcès froid de l'ovaire gauche ; 1 as avec une salpingite nodulaire à gauche.
Dans 10 cas, les trompes rouges, bypertronhiées, dures, ne renfermaient ni caséum, ni pus (lésions décrites sous le nom de forme muqueuse hypertrophiante, par les anat. path.). |
Dans 14 cas, nous avons ircuvés des poches salpingiennes bilatérales, avec adhérences dans tous les cas. Nous souscrivons entièrement à l'opinion d'Eloy (1) qui note combien est faible la distinction entre l'abcès froid classique et le pycsalpinx, dans un seul cas sur les 14, nous avons trouvé noté dans coté (à gauche) un hydrosalpinx avec contenu clair.
Enfin dans 8 cas, nous avons trouvé des lésions de Salpingite nodulaire, prédominante dans presque tous les cas (7), dans la portion isthmique. Le D' Douay avait noté « la trompe dans la portion isthmique est indurée, avec un ou deux renflements et donne au toucher absolument la sensation moniliforme, en grains de chapelet d’un canal déférent bacillaire.
Notons, pour souligner la différence d'évolution des lésicns, qu'un de ces cas de Salpingite nodulaïre coex-
(1) A. ELov. — Contribution à l'étude des abcès froids tubaires. — Th. Lille 1919.
ot
istait avec des pelvi-péritonites tuberculeuses suppu: rées.
Parmi les lésions unilatérales de la trompe, nous avons eu deux cas d'hydrosalpinx tuberculeux. C'est là une lésion rare, du moins au stade où les malades se décident à l'opération. Les trompes grosses comme le poing étaient remplie d'un liquide fluide utérin. Pas d'adhérences. La poroi interne de la trompe était légèrement tomenteuse.
Contrairement à l'opinion d’Abadie (1) beaucoup d'auteurs ont signalés des abcès froids bilatéraux. Les deux autres cas ressortissaient à la forme ulcéro-caseuse. Signalons l’un (obs. IX) coexistant avec un gros Fibrome tribolé.
Lésions des ovaires. — Dans 10 de nos observations (13 %) la tuberculose de l'ovaire est signalée associée à celle des trompes, sans d’ailleurs que tous les ovaires aient été l’objet d’un examen systématique.
Dans deux cas, il s'agissait d’un abcès froid de l’ovaire coexistant avec un abcès froid salpingien de l’autre côté ; Dans 5 cas d’une forme caséeuse associée également à des formes caséeuse de la trompe. Enfin dans les trois autres cas d’une ovarite tubercueleuse avec granulations péritonéales, associée pour deux cas à des abcès froids tubaires, pour un à une forme caséeuse salpingienne.
Greenberg qui a analysé tous les ovaires en a trouvé 59 d’atteints pour 200 cas de tuberculose annexielle 38 %. Reuilly 6 sur 28, 21 %. Lenormand et Moulouget
(op. cit). 5 sur 15, 33 %, dont 3 associés à des salpin-
(1) ABADIE. — Contribution à l'étude de la tuberculose génitale chez la femme (Rapport de Picqué). — Bull, et Ménr. Soc, de Chir, de Paris 1913. ;
moe
gîtes tuberculeuses, 2 a des abcès froids salpingiens , parmi ces 5 cas, il y avait un à forme granul que, les quatre autres à formes d’abcès ou infiltrats caséeux.
Enfin Krœmer (1) a trouvé 42 cas de tuberculose ovarienne sur 258 cas de tuberculose génitale 16 % et Bertolini (2) sensiblement la même proportion 7 sur 55, 13 %.
La tuberculose isolée de l'ovaire est chose rare. Nous n'en avons relevé que deux observations sur 76 de tuberculoses annexielles : une, signalée comme abcès froid de l'ovaire, et l’autre, forme caséeuse, découverte par hasard à la coupe d’un ovaire enlevé et reconnu comme tuberculeux.
Reuilly en signale 1 cas sur 28.
Raudon (3) dans les observations du service du professeur Cunco en a trouvé une plus forte proportion, 2 cas sur 22, tuberculose annexielle 9 %.
Si l’on additionne no deux cas de tuberculoses 1s0lées aux dix associés à la tuberculose salpingienne, nous arrivons à un total de 12 sur 76 (15 %), chiffre qui on le voit coïncide, vu le peu de fréquence des auproportion de la tuberculose de l'evaire parmi toutes tres tuberculoses génitales, avec ceux données par la les tubercuioses génitales.
Lésions de l'utérus. — Rappelons que nous avons. trouvé la muqueuse utérine atteinte dans 6 cas (7,5 %) dans deux ou trois cas l'utérus était signalé comme gros mais sa muqueuse ne fut pas examinée. Greenberg l'ayant trouvée atteinte dans 72,6 % de ces 200 cas.
(1) In MAUCLAIRE. — Tuberculose génitale de la femme. — Rev. int. de la Tub. Paris 1912. -
(2) Discussion du rapport de E. Pestalozza. Trieste 1921. (3) Op. cit.
Ce même auteur a trouvé 34 cas (17 %) de myométrite tuberculeuse — pourcentage très élevé — alors que les autres auteurs passent les lésions du myomètre sous silence.
La tuberculose associée du col utérin est rare ; dans deux de nos observations cependant, il est signalé des granulations du col, associées à de la leucorrhée, à caractères tuberculeux, mais l'examen histologique ne fut pas fait. Greenberg en a trouvé 7 cas, 3,5 %.
Les déviations de l'utérus sont notées fréquemment dans nos observations. La rétroversion le plus souvent (15 cas); l’antéversion une fois seulement, deux fois il est simplement signalé comme fortement fixé.
Hypoplasie. — Nous l'avons trouvée formellement. signalée 5 fois, 8 %. Cette proportion relativement forte n'autorise pas cependant les conclusions de certains auteurs (Labhart) qui veulent en faire un symptôme de premier plan des tuberculcses annexielles.
Lésions du Vagin. — Dans un seul cas, nous notons :. végétations vaginales, non soumises à l'examen anatomopathologique.
Greenberg, également, n’a trouvé qu'un seul cas de: tuberculose vaginale associée.
Lésions du Péritoine. —— Nous les avons trouvés notées dans un grand nombre de cas, 43, soit 56 %. Greenberg, dans 126 cas, 63 %, proportion, on le voit, près de la nôtre. Askanazy (1) donne également une proportion de 60 %. |
Ces chiffres sont à retenir. De la fréquence des lésions. péritonéales en effet, la plupart des auteurs ont tiré des.
(Op cit.