TRAITEMENT
Nous n’envisagerons évidemment que le traitement chirurgical, le seul qui ait été employé à l'hôpital Broca.
Le traitement radical, hystérectomie subtotale et ablation bilatérale des annexes à presque toujours été employé — sauf trois fois — Nous avons vu que dans: cinq cas cependant les lésions paraissaient unilatérales, Contrairement à certaines tendances actuelles délibérement conservatrices, nous estimons avec le D' Douay . que les lésions apparaissant unilotérales sont, l'expérience l’a prouvé, presque toujours bilatérales en réalité ; rappelons qu'une de nos malades (Obs. XX) avait déjà subi antérieurement une opération unilatérale qui en exigea une autre dans le service du Professeur Faure. Nous souscrivons par ailleurs à l'opinion de Vanvers qui (1) laisse un ovaire lorsque celui-ci est seulement recouvert d'un péritoine avec granulations. Eneffet on n'enlèvera pas quoiqu'on fasse toutes les granulations péritonéales. Faisons remarquer cependant que là gît précisément la difficulté, car il est très difficile de dire même de visu si un de ces ovaires ne ren-
(1) In th. Eloy. op. cit.
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ferme pas dans son intérieur un petit point de caséeum qui se développant nécessitera une seconde opération.
t'aisons encore remarquer avec le Docteur Douay que d'ailleurs il n'est pas indispensable dans ces cas de chercher à tout prix à conserver une sécrétion interne ovarienne. La castration ovarienne produit des troubles inverses de la tuberculose, c'est-à-dire l’'embonpoint, l’adiposité, les phénomènes congestifs, la diminution des désirs sexuels (1). Une autre raison peut être donnée en faveur de l'opération radicale. La maternité n'est pas à souhaiter pour ces femmes atteintes de tuberculose génitale autant pour elle que pour le produit de leur conception.
L'hystérectomie abdominale fut employée presque toujours (70 fois) l’hystérectomie vaginale (3 fois).
La Colpotomie fut faite 6 fois dans les cas où le diagnostic n'était pas posé. Eviter cette opération préalable, qui dans les annexites tuberculeuses donne des suites, nous le verrons, mauvaises, est une des raisons importantes de s’efforcer de faire le diagnostic.
On devra s’efforcer de ne pas faire de drainage ; malheureusement la fréquence des formes avec pelvi-péritonite que nous avons observées y à contraint souvent. . Dans 22 cas, le drainage à la Mickuliez fut fait, 6 fois on se contenta d'un drain abdominal, du suintement se produisant après péritonisation. Sept fois l’on draina par la voie vaginale, dont trois fois par un orifice de Colpotomie, 4 fois à travers le col.
Dans tous les autres cas une péritonisation soigneuse permit heureusement de se passer de drainage.
(1) Cours sup. de perfectionnement. op. cit.
LA
Suites opératoires - Pronostic
Le séjour à l'hôpital dans les 61 cas où nous avons pu le relever fut :
de moins de 30 jours dans 32 cas 53 %,
de 30 à 50 jours dans 17 cas 27 %,
de plus de 50 jours dans 12 cas 20 %.
Ces chiffres sont à peu de chose près ceux de Greeaberg, pour lequel 60 % des malades restèrent à l'hôpital moins d'un mois et 90 % étaient sorties avant la fin du deuxième mois.
Sur nos 76 cas opérés, nous avons relevé 24 cas soit 31 %, près d'un tiers présentant quelques complications de quelque nature quelles soient, alors que,nous étant donné la peïne de relever, dans les cahiers du service les Salpingites banales, nous ne relevons parmi elles que 10,8 % des compliquées, peu ou beaucoup.
Les principales complications furent les fistules. Nous relevons 6 fistules abdominales dont deux stercorales nécessitèrent une deuxième, et pour l’une des deux (0bs. XXXVII) une troisième opération ; 5 fistules vaginales dont 4 stercorales succèdérent à une colpotomie, toutes ces fistules se dévelopèrent dans des cas drainés. Il en fut de même pour les cas de Greenberg.
Nous en avons relevé 4 cas de phlébite post. opéra: toire ; sans suite graves d’ailleurs. Cette proportion est à relever et semblerait confirmer l'opinion de Westonhoffer (1) pour lequel la phlébite pourrait-être la conséquence directe d'une infection bacillaire.
Nous n'avons relevé qu'un cas net de tuberculose pulmonaire post-opératoire pour une malade, toussant d'ailleurs avant l'opération. Dans deux autres cas il y eut des poussées de bronchite.
Enfin par les autres complications banales nous relevons un Cas de cicatrice chéloïdienne, quelques héma. tomes et suppurations de la paroi ; de la dysurie postopératoire et dans un seul nous trouvons quelques bouffées de chaleur, quelques vertiges et maux de tête qui furent interprétés comme symptômes d'insuffisance ovarienne. Ce fait, est très intéressant à signaler, il montre avec quelle facilité ces malades imprégnées par la tuberculose, supportent favorablement la castration ovarienne.
Mortalité. — I] y eut à la suite de nos 76 opérations, morts à l'hôpital, ce qui donne la proportion malheureusement importante de 9,2 %, alors que la même proportion pour les Salpingites banales ne fut que de 3,7 %. Ces chiffres montrent la gravité particulière de la tuberculose annexielle. Greenberg à un pourcentage presque semblable 7,6 %. Presque toutes nos malades meurent en hypothermie. Pour une, il s'agissait d’une tuberculose aiguë ; deux autres (Obs. XVIII et XXIX) avaient des antécédents syphilitiques indubitables ; pour une autre il s'agissait d’un gros pyosalpinx tuberculeux avec association colibacillaire (Obs. XVII) pour les 3 autres cas on relève une colpotomie antérieure, la dernière (Obs. XXVIII) était une pelvi-péritonite.
Parmi les malades revues, la plupart étaient très bien portantes depuis leur opération, ayant grossi considérablement, sans obésité d’ailleurs. Pour deux, on releva encore un peu d’induration des culs-de-sacs, parmi ces dernières, une n'avait subi qu’une opération unilatérale.
(1) in Feuillade op. cit.
OBSERVATIONS Nous avons mis en (8 @ le détail caractéristique de chaque observation)