‹ Contribution à l'étude de la tuberculose de l'oreilleChapitre 11 sur 21 · PATATE · texte numérisé non relu

PATATE

a) Une coupe de la paroi interne de la caisse chez une femme souffrant d’une suppuration profonde de l'oreille moyenne droite. Sur cette coupe, on note un amincissement allant par endroits jusqu’à la disparition de la muqueuse, un os dénudé dont on différencie nettement la structure de celle du limacon sous-jacent présentant les signes de l’inflam-

mation ;

b) Une membrane tympanique perforée chez un tuberculeux, montrant des excroissances villeuses.

PoRTMANN et KISTLER donnent une bonne description histologique, montrant successivement l’infiltration tuberculeuse de la muqueuse, sa métamorphose régressive avec nécrose : ulcération, mise à nu de l'os, résorption lacunaire

de l’os, suivie de nécrose.

On distinguera l'atteinte du tympan qui aboutit à sa disparition de celle de la muqueuse de la caisse qui aboutit à la dénudation de l’os.

La dure-mère en raison de sa faible vascularisation, oppose une barrière quasi infranchissable à la propagation des lésions. Les organes contenus dans l'oreille participent à la destruction : le muscle du marteau devient du tissu scléreux, l'érosion du promontoire ouvre la voie à l'invasion du labyrinthe. Les cas de guérison seraient rares, selon SCHWARTZ, car « la puissance destructive du virus l’emporte sur les productions protectrices de l’inflammation formative. »

Intéressants les cas d’atteinte du nerf auditif qui abou-

ussent à sa destruction ou à son atrophie en cas de guérison.

Etude clinique. — L'allure en est bien différente suivant qu'il y a ou non atteinte pulmonaire concomitante :

a) Chez les tuberculeux pulmonaires, l'aspect clinique est bien connu. Le malade constate un écoulement auriculaire apparu sans douleur, sans fièvre, sans cause rhino-pharyngée. Son audition a baissé. L'évolution est, le plus souvent, torpide. D'autres fois, elle est rapidement grave. Il se surajoute alors des lésions d’ostéite nécrosante avec paralysie faciale, labyrnthite, pétrosite, otorragie carotidienne. Mais signalons la rareté de l'invasion intracranienne. Le diagnostic de ces otites est généralement facile. On n’a guère de traitement à leur opposer ;

b) En dehors de la tuberculose pulmonaire, elle se confond avec l’otite banale. On note un épisode rhino-pharyngé. L'évolution est aigue, douloureuse, fébrile. L’audition est peu touchée. Les complications sont rares. Par contre, on devra craindre le passage à la chronicité et la mastoïdite : celle-ci guérit bien, soulignons-le, à l’intervention chirurgicale, ce qui explique qu'elle est le plus souvent méconnue. La plaie opératoire elle-même se cicatrise facile-

ment.

L — SYMPTOMES DE LA TUBERCULOSE DE L'OREILLE MOYENNE CHEZ LES TUBERCULEUX PULMONAIRES

Nous avons la forme lupique, mais c’est le lupus de l'oreille moyenne déjà décrit.

Une forme infiltrante décrite par JORGEN MoELLER. La

gêne de l'audition et les bruits subjectifs attirent d'emblée

VIe

l'attention de ces malades. Leur tympan est épaissi, dépoli, congestionné. On peut observer ou non une ligne d’exsudat, selon le degré plus ou moins intense de l’épaississement du tympan. Puis survient la perforation avec un faible écoulement séro-purulent et l’ouverture se ferme en général, laissant derrière elle une cicatrice déprimée. Parfois, l’évolution se fait vers le type adhésif (rétraction du marteau avec une membrane qui apparaît comme collée au promontoire). En somme, cette forme d’otite réalise ce que LERMOYEZ a appelé la pleurésie de l'oreille. Elle peut n'être que le premier stade de la forme suivante dite « ulcérovégétante ».

Au début, au stade de simple gêne fonctionnelle, c’est l’image otoscopique de l’otite catarrhale subaigué, puis on assiste à un gonflement du tympan avec enfouissement progressif du manche du marteau. Le tympan prend une teinte jaunâtre, mate, caractéristique. La guérison peut se faire ou bien survient la perforation avec apparition de l'écoulement. On ne pratiquera pas, selon BLEGVAD, de Copenhague, la paracenthèse qui ne servirait qu’à apporter l'infection secondaire des pyogènes banaux.

Quant à la forme ulcéro-végétante, elle a un début insidieux. Elle se manifeste comme une otorrhée chronique d'emblée. Elle n’a pas le début des otorrhées chroniques banales. Cette forme d’otite n’est pas douloureuse, car elle ne s’acompagne pas de la vasodilatation des otites à pyogènes. La quantité de l’otorrhée est très variable; pour sa couleur, on rencontre rarement du sang, sauf les cas où l’apparition de ce dernier précède et annonce l’otorrhée carotidienne. Sa fluidité est variable, pouvant aller jusqu’à la consistance grumeleuse. On ne note pas de fétidité, sauf si on n’a pas pris

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