‹ Contribution à l'étude de la tuberculose de l'oreilleChapitre 16 sur 21 · SAR · texte numérisé non relu

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ne peut y avoir de sensation lorsque les deux labyrinthes sont

détruits ;

d) L’otorragie carotidienne. — La cause la plus fréquente en est l’ostéite tuberculeuse du rocher, c’est que « la paroi intérieure de la caisse, généralement indemne lors de la suppuration chronique banale de l'oreille moyenne, est, au contraire, rarement intacte au cours de l’otite tuberculeuse ». Pourquoi? Sans doute par l'infection ascendante de la trompe. La cloison osseuse séparant du canal carotidien est mince et l’on assiste à un travail de destruction sournois aui aboutit à la dénudation de l'artère. Puis, la carotide baignée par le pus va s’ulcérer (atteinte des vasa vasorum).

Quels sont les symptômes de cette otorragie carotidienne tuberculeuse? On ne reconnaît pas de cause apparente. Cependant, si l’on voit des battements artériels au niveau de la paroi antérieure de la caisse et s'ils se transmettent au pus on pourra soupconner une déchirure imminente. Parfois, la déchirure ne sera visible qu'après un évidement pétromastoïdien. L'importance elle-même de l’hémorragie carotidienne sera variable : foudroyante ou, au contraire, minime suintement communiquant au pus une teinte roussâtre. La formation du caillot est sans doute favorisée par le coude qui existe au riveau de la carotide interne. L'’hémorragie carotidienne pourra se compliquer d'accidents nerveux : hémiplégie ou

monoplégie en particulier (comme le montre une observation

de MarcE, 1873).

Ces accidents seraient dus à des causes multiples : caillots émigrés dont on n’a, d’ailleurs, jamais retrouvé les traces au cours des nécropsies, chute de la pression sanguine due à

l’hémorragie, à laquelle se surajoute un spasme artériel réflexe. On ne confondra pas ces hémorragies carotidiennes avec les hémorragies venant de la méningée moyenne ou avec les hémorragies veineuses. Quel traitement opposer à cet accident? Un provisoire. Le tamponnement par le conduit auditif et la compression de la carotide interne. Un définitif, la ligature de cette artère ou de la carotide primitive. Enfin, un traitement préventif, l’évidement pétromastoidien qui s'oppose à la stagnation du pus:

e) La pétrosite. — Complication rare de l’otite banale, elle est ici assez fréquente. Il faut insister sur la coexistence de cette ostéite du rocher et du terrain tuberculeux (surtout la tuberculose pulmonaire). Parfois, aux lésions osseuses s’associent des lésions de pachyméningite, de même que dans le mal de POTT, on note de la pachyméningite rachidienne. Très souvent d’ailleurs, la dure-mère est intacte malgré des lésions osseuses avancées.

Les symptômes de cette pétrosite peuvent schématiquement se présenter de trois manières différentes : a) ou bien les lésions sont complètement latentes; b) ou bien on note une otorragie carotidienne, de la surdité labyrinthique, une paralysie faciale; c) ou bien la symptomatologie si bien décrite par RAMADIER dans l’otite banale. L'évolution de

cette pétrosite est généralement grave;

f) Thrombose du sinus latéral. — Nous en avons un cas d'URBANTSCHITSCH, présenté à la Société Autrichienne d’Otologie en 1924. La lumière du sinus latéral était complètement obstruée par un vaste thrombus contenant des strep-

tocoques et des staphylocoques;

DR

g) Complications intra-craniennes. — C'est avant tout la méningite. Exceptionnellement, l’abcès du cerveau. On a même prétendu que l’otite banale faisait le lit de la méningite tuberculeuse, en raison de l'hyperhémie méningée entretenue par l’otite, qui est capable de favoriser secondairement

la fixation du bacille de Koch.

La tableau clinique est celui de la méningite basilaire. On a invoqué à cette méningite une origine hématogène ou bien une origine labyrinthique. Dans ce dernier cas, l'intermédiaire entre la labyrinthite et la méningite serait l’aqueduc du limaçon. La méningite se présente sous la forme d’une pachyméningite ou d’un tuberculome qui peut atteindre de grandes dimensions (dans l’observation de COLLET et de CHARA- CHON, un énorme fongus faisait saillie dans la fosse cérébrale moyenne et dans la fosse cérébelleuse). Ces tuberculomes sont justiciables d’un traitement chirurgical, car ils n’ont pas la tendance envahissante du gliome. Toutefois, ils peuvent subir le ramollissement, ce qui peut les faire confondre avec des abcès tuberculeux. SANTALO signale un cas d’abcès tuberculeux du lobe temporal droit consécutif à une otite tuberculeuse.

Nous ne ferons que mentionner le tubercule solitaire du nerf acoustique pouvant intéresser aussi le facial.

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