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EVOLUTION ET PRONOSTIC

La plupart des otites tuberculeuses évoluent de façon torpide, sans rien changer au pronostic de la tuberculose pulmonaire. Pourtant, l'apparition d’une otite chez un tuberculeux indique un fléchissement dans l’état général. On se fondera pour apprécier l’évolution sur plusieurs éléments :

a) Les renseignements tirés de l'examen local. La vie du malade devient en danger le jour où l’on constate des lésions osseuses, l’ostéite fongueuse étant moins redoutable que les

lésions nécrosantes avec séquestres;

OA

b) L'état pulmonaire. Les lésions fibreuses seront plus favorables que les lésions ulcéreuses et permettront d'espérer la guérison de l’ostéite du rocher après intervention chirurgicale.

Mais, comme le dit COLLET dans son rapport, dont nous nous inspirons largement dans cette thèse « on ne constate pas dans le cas de l’otite l’étroite solidarité qui existe entre les lésions pulmonaires et laryngées, c’est ainsi qu’on observe guère comme pour le larynx la guérison de l’otite en quelques semaines après pneumothorax artificiel »;

c) L'état général. On se fondera sur l’étude du poids, de la température, du pouls, de la tension artérielle;

d) On ne négligera pas non plus les réactions biologiques (en particulier la vitesse de sédimentation des globules rouges, la cutiréaction qui est d’un fâcheux pronostic lorsqu'elle devient négative chez un tuberculeux évolutif) ;

e) Enfin, comme le montre CEMACH, la grossesse a une mfluence fâcheuse sur l’otorrhée tuberculeuse, son interruption ayant amené une guérison spontanée.

IT. — LA TUBERCULOSE AURICULAIRE EN DEHORS DE LA TUBERCULOSE PULMONAIRE

Nous allons montrer comment des otites aiguës ou subaiguës tuberculeuses évoluent comme des otites banales, la preuve de leur nature tuberculeuse étant seulement bien établie et indiscutable en raison de l’inoculation au cobaye pratiquée.

“NE Quels sont les caractères de ces otites ?

Selon les données anciennes : insidiosité et lenteur du début. Absence de fièvre et de douleur, multiplicité des perforations tympaniques, surdité importante, fréquence des complications (labyrinthite, paralysie faciale). L'intervention est dangereuse en raison de la généralisation tuberculeuse qu'elle peut entraîner. Pour Collet, toutes ces notions doivent être mversées, et c’est pour lui « un fait véritablement surprenant que pour décrire dans sa forme habituelle une affection aussi banale que la tuberculose de l'oreille, il suffise de

prendre mot pour mot le contre-pied de la description courante ».

Contrairement à l'opinion classique, le début de la tuberculose auriculaire se ferait brutalement à la suite d’un épisode rhinopharyngé, comme dans une otite banale (abcès rétropharyngé, rougeole et même, selon CHASSAIGNAC, un violent rhume de cerveau).

Une observation du Professeur TERRACOL montre une jeune malade opérée d’une double mastoidectomie, et la biopsie pratiquée sur les fongosités a révélé des follicules de Koester typiques avec cellules géantes, la maladie ayant pré-

senté une allure aiguë.

Au point de vue otoscopique, l'image de ces otites est celle d’une otite aiguë avec tympan rouge, bombé, infiltré. Une perforation apparaît bientôt qui va grandir de jour en jour, présentant les caractères d’une otite nécrosante. À travers la perforation vont apparaître précocement des bour-

geons pâles.

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