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L'examen de l’audition montre que les troubles sont remarquables par leur intensité, leur précocité et également leur type labyrinthique, selon LERMOYEZ. En réalité, il semble qu’il s'agisse d’une surdité de transmission plus que d’une surdité labyrinthique.
Les complications ne sont pas celles de l’otite tuberculeuse survenant sur un terrain tuberculeux.
La paralysie faciale, plus fréquente toutefois que dans l'otite banale, semble ici assez rare. De même les complications intracraniennes, ce qui s'explique mal d’ailleurs, toutes les conditions s’associant ici pour leur éclosion.
Cependant, deux complications sont fréquentes de la tuberculose primitive de l'oreille. Ce sont :
a) La mastoïdite tuberculeuse qui complique l’otite tuberculeuse beaucoup plus que l’otite banale. Elle succède à une otite moyenne suppurée malgré les cas indiscutables décrits par JACQUES et GRAULT de mastoïdites primitives.
Quelle est la symptomatologie de cette mastoïdite tuberculeuse? En règle, l'allure de la maladie est franchement aigue. Îl ne faut pas rechercher dans l'allure torpide de la maladie un caractère en faveur de la bacillose et cette allure aiguë est, pour COLLET, aussi fréquente chez l'adulte que chez l'enfant. Cependant, à côté de cette forme aiguë, de beaucoup la plus fréquente, il existe des formes subaiguës et des formes torpides. Tout comme dans la mastoïdite banale, il est des formes où l’on intervenait dès la première semaine de l'otite, d’autres où l’intervention ne s'impose qu’à la troisième semaine; mais, dans les mastoïdites tuberculeuses, il
en est qui ont une évolution encore plus retardée (plusieurs mois après l’otite initiale). L'aspect des lésions à l’intervention est pourtant caractéristique. On note la présence de séquestres qui prend une grosse valeur lorsqu'on peut éliminer les autres oto-mastoïdites donnant des séquestres (rougeole, scarlatine, diphtérie).
On rencontre des masses caséeuses que l’on curette et qu’il ne faudra pas confondre avec le cholesthéatome. Bien souvent d’ailleurs, rien ne distingue les lésions de la mastoïdite tuberculeuse de celles de la mastoïdite banale, et combien d’inoculations pratiquées avec des fongosités se sont révélées négatives!
L'évolution pourtant va montrer la nature tuberculeuse de la mastoïidite : pâleur légère du malade, état subfébrile persistant, léger amaigrissement, adénopathie cervicale. Bref, le malade n'entre pas en convalescence comme dans une maladie aiguë. De plus, la cicatrisation de la plaie opératoire se fait lentement. L'action de l’héliothérapie et des rayons U.V. même sur cette plaie atone n’a qu’une action minime. Comme le dit CoLLET, « la lenteur de la cicatrisation reste le meilleur symptôme de la tuberculose de la mastoidite, le seul qui soit à peu près constant : seize fois sur dix-huit ». Parfois, en raison des récidives, on aura recours à l’évidement pétromastoïdien, et il est rare qu’on n’ait pas un bon résultat final;
b) L’otorrhée chronique est également une complication fréquente de cette forme d'otite tuberculeuse. Elle ne se dis tingue en rien de l’otorrhée chronique banale. L'aspect du tympan n’a rien de particulier, et même le cas de perforations
multiples de LARROUDE ne saurait avoir une valeur caractéristique.
Comment dépister ces otites tuberculeuses primitives ou en apparence telles?
Il faut renoncer à tous les signes classiques. La seule distinction n’est pas clinique, mais bactériologique : présence de bacilles tuberculeux dans l’écoulement auriculaire. De plus, on aura toujours présente à la mémoire cette notion que Ja bacillose auriculaire. est surtout fréquente chez le nourrisson et chez l'enfant.
En outre, le diagnostic de bacillose s’appuiera sur la notion des antécédents, du contage familial, sur le passage de l’otite à la chronicité. Il est très probable qu’en l’absence d’inoculations, nombre d’otites tuberculeuses sont passées et passeront inaperçues. En somme, il n’est pas de diagnostic différentiel sinon la spécificité (on se fondera sur le traitement d’épreuve généralement associé au traitement chirurgical, ainsi que sur l'examen histopathologique).
Quel est le pronostic de ces otites tuberculeuses primitives?
a) Localement, on craindra surtout le passage à la chronicité beaucoup plus que les complications locales. On redoutera particulièrement la mastoïdite:
b) Le pronostic vital est moins grave qu’on ne le pense, étant donné la rareté des complications intracraniennes. Il , à a : RM , »
n'est pas de signe particulier, à l'inverse de ce qu’a affirmé
LERMOYEZ, qui permette de préjuger de l’évolution fatale de l'affection ;
LARGE Te PRE
c) Le pronostic éloigné n’est pas non plus aussi sombre qu'on se l'était imaginé. Sans doute le malade peut-il toujours subir une nouvelle localisation tuberculeuse (adénopathie cervicale, hydarthrose du genou, etc.…..).
Donc l'otite tuberculeuse crée plus que l’otite banale des lésions osseuses dont la guérison, presque toujours obtenue. est longue. Parfois même l’apparition de la fistule apparaît inévitable. Cependant, comme l'écrit OMBREDANKNE, l’otite ou la mastoïdite tuberculeuse « se comporte au point de vue opératoire comme un foyer de tuberculose osseuse unique et limité, guérissable par la résection chirurgicale ».
Le pronostic, sûrement plus sérieux que dans lotite banale, n’est cependant pas mauvais.
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