A) DES COMPLICATIONS DUES AUX LESIONS UTERINES PROPREMENT DITES
Ce sont :
1) l'atrésie de la cavité utérine : séquelle d’une tuberculose ayant évolué dans le jeune âge et l'adolescence.
2) l’hypoplasie utérine avec dysménorrhée,
3) la myométrie consécutive à une dégénérescence caséeuse de l'organe dans les formes avancées ;
4) la rupture utérine si les lésions sont intenses.
B) DES COMPLICATIONS D'ORDRE GENE- RAL. Parmi celles-ci :
1) des complications génitales : affections génitales associées et tuberculisation secondaire des tumeurs génitales (surtout association tuberculose-fibrome et tuberculose-cancer, mais aussi tuberculisation secondaire de kystes ovariens).
2) des complications intestinales : appendicite tuber-
culeuse, tuberculose coeco-appendiculaire, fistulisation dans
sl —
l'intestin de suppurations génitales tuberculeuses, occlusion intestinale par processus fibreux du péritoine, brides ou compressions.
3) des complications urinaires : propagation de la tuberculose à la vessie.
IH. - Pronostic
La gravité de l'affection compromet singulièrement le pronostic vital. Celui-ci est fonction de la forme clinique en cause et des complications qui peuvent survenir. Il dépend aussi beaucoup de la précocité de l'intervention et de l’extension des lésions.
Du point de vue fonctionnel, il faut se demander si la tuberculose utérine est une cause de stérilité, sinon quelle est son influence sur la grossesse? Moulonguet prétend que ‘la grossesse est peu fréquente chez les personnes atteintes de tuberculose génitale”. Les cas de stérilité seraient dûs à une hypoplasie utérine dans le jeune âge, ou à une atrésie et une myométrie dans la période d'activité génitale. [1 y aurait stétilité dans 66 % des cas pour les uns, dans 80 % des cas pour Hartmann. Cependant les possibilités de grossesse existent, mais alors il survient le plus souvent un avortement ou un accouchement prématuré. Signalons toutefois que si l’accouchement a lieu à terme, l’enfant peut vivre non contaminé.
Si l’on considère l'influence de la grossesse sur la tuberculose, on constate que la tuberculôse préexiste le plus souvent, mais la gestation peut réveiller d'anciennes lésions soit éteintes, soit évoluant à bas bruit et ceci par suite de la con-
spa
gestion utérine et du travail cellulaire se produisant lors de. l’évolution de l'œuf.
Quoi qu'il en soit, le pronostic dans les tuberculoses utérines s'est notablement amélioré depuis que cette affection est traitée chirurgicalement et surtout suivant une meilleure technique opératoire.
Traitement
Il y à encore quelques années, deux méthodes étaient en présence dans la thérapeutique de la tuberculose utérine : le traitement médical et le traitement chirurgical. Mais devant le nombre fort restreint des guérisons spontanées et les résultats peu encourageants du traitement médical exclusif, la deuxième méthode s'est associée à la première. Et aujourd’hui on admet que seule l'intervention peut assurer la guérison : l'hystérectomie s'impose.
Cependant il ne faut pas négliger les thérapeutiques médicamenteuses et physiothérapiques qui sont souvent des compléments indispensables au traitement chirurgical.
A. - Traitement médical
1) LE TRAITEMENT HYGIENO-DIETETIQUE servira de base afin de reconstituer l'organisme : repos, bonne alimentation, cures climatiques et thermales.
2) LES MEDICAMENTS : sels d’or (?), fer, arsenic, calcium ‘per os” ou sous-cutanés rendent de grands ser-
vices : les auteurs italiens, Durante, Silvestri, Pestalozza,
Truzzi utilisent surtout des préparations iodées.
3) LA MEDICATION BIOLOGIQUE, avec l'emploi de la tuberculine. les sérums actuels, l’antigène méthylique de Nègre et Bocquet donnent des résultats inconstants. E. Goldiewski aurait obtenu de très bons résultats pes le repos, le sérum de Jousset et les sels d’or.
4) LA PHYSIOTHERAPIE permet d'obtenir quel-
ques améliorations.
a) L'héliothérapie naturelle sous forme de cure solaire donne d’aësez bons résultats mais nécessite des conditions thermiques, hygrométriques et d'altitude qui rendent son utilisation parfois difficile. La cure hélio-marine est assez’ efficace dans certains cas.
b) L'héliothérapie artificielle est d'une réalisation plus facile car elle peut se pratiquer en tous temps et en tous lieux grâce à la lampe à arc et à la lampe à vapeur de mercure. Louis Aubert prétend que la guérison est définitive si l’on fait de l’héliothérapie après l'intervention.
L'association de toute lésion pulmonaire à la lésion
utérine constitue une contre-indication formelle à ces deux
cures.
5) LES ULTRA-VIOLETS serviront parfois de
complément au traitement chirurgical.
6) LES INJECTIONS VAGINALES antiseptiques seront utilement employées. On utilise surtout le permanga-
nate de potasse, l'iode, l’eau oxygénée, la liqueur de Labarraque,
7) LE CURETT AGE qui peut, dans certains cas, être un moyen de diagnostic, doit être absolument proscrit comme moyen de traitement,
B. - Radiothérapie
Les rayons X sont strictement réservés aux cas ou d’autres lésions tuberculeuses excluent la possibilité d’une exérèse chirurgicale. Mais le plus souvent l'intervention seule permet de redresser un diagnostic erroné de cancer du corps ou de fibrome, particulièrement lorsque les signes cliniques de la tuberculose utérine sont très discrets et alors la radiothérapie
perd de son importance.
La roentgenthérapie agira efficacement comme adjuvant de l'intervention losque des granulations tuberculeuses auront commencé à apparaître sur le péritoine.
La curiethérapie est à rejeter.
Cependant, suivant l'avis de Courriades et Jaulain “toutes ces méthodes physiques apportent à la chirurgie une aide précieuse, mais employées isolément, elles sont onéreuses et, d'autre part, la maladie traîne en longueur avec des phases de rémission et d’exacerbation allant jusqu'à créer chez ces malades de véritables psychoses”, aussi faut-il sans trop tarder, s'adresser au traitement chirurgical.