‹ Contribution à l'Étude de la Tuberculose du Corps UtérinChapitre 4 sur 20 · STE OUES · texte numérisé non relu

STE OUES

deanneney, de Brown, de Villard (1927), de Douay (1930). Daniel écrivait en 1932 : “Grâce aux progrès de la chirurgie abdominale gynécologique, qui permet de mieux explorer la cavité pelvienne et grâce à l'examen anatomoclinique des pièces extirpées, la tuberculose génitale est aujourd'hui mieux reconnue, elle peut être mieux étudiée, et elle devient un affection essentiellement chirurgicale, curablie par le traitement opératoire comme les autres tuberculoses locales”. |

Depuis le VII" Congrès de l'Association des Gynécologues et Obstétriciens de langue française en octobre 1933, la tuberculose de l'utérus a enfin pris, dans la pathologie gynécologique, la place qui lui convient, grâce aux rapports de Brocq. Moulonguet, KR. L. Rochat, Gibert.

Plus près de nous enfin, nous signalerons les travaux de notre Maître, le Professeur Lapeyre et du Docteur Guibert (1936), de Courriades et Jaulain (1935) et les thèses de Le Roy (1934), Roquefeuil (1936).

Les publications sur ce sujet ont été peu nombreuses ces dernières années, aussi 1l nous a semblé bon de réaliser une synthèse de tout ce qui à paru jusqu'ici sur cette importante question. |

Observation (due à l'obligeance de M. le Professeur LAPEYRE)

Madame M. R., 35 ans, entre dans le service du Professeur LAPEYRE aux cliniques St.-Eloi, le 28 septembre 1941, pour douleurs abdominales et tumeur utérine. Elle à présenté des douleurs abdomino-lombaires et des métrorragies il y a trois ans. En Août 1941, la recrudescence des sypmtômes faisant penser à une crise annexielle, la malade reçoit trois injections de propidon.

+ Les antécédents ne présentent rien de particulier réglée à 13 ans, tous les 28 jours ; les règles durent 7 à 8 jours, sont abondantes et parfois douloureuses. Pas de fausses couches, pas de grossesses.

Examen

Le 28 septembre on note :

A l'inspection : abdomen pigmenté, respirant bien.

À la palpation: abdomen souple mais sensible au niveau des zones annexielles, surtout à gauche. On sent dans la profondeur une résistance qui s'élève à trois travers de doigt au-dessus de la symphyse pubienne ; la palpation de cette région est légèrement douloureuse.

Au toucher vaginal: col petit, fermé, de consistance élastique, regardant en bas. Utérus augmenté de volume. Cul de sac de Douglas peu profond mais indolore. À droite, 1l est difficile de faire la part de ce qui revient aux annexes ou à l'utérus ; le cul de sac est indolore. À gauche, le cul de sac comblé, douloureux, est le siège d’une masse que l’on délimite mal et que l’on évalue à la grosseur d’une pomme par le toucher combiné.

Au spéculum : on note quelques pertes blanches. Vagin étroit, col petit, à orifice punctiforme. On ne perçoit pas de nodule au toucher. Il est impossible d'introduire l'hystéromètre. |

Examens de laboratoire Sang : urée : 0,38 par litre

| B. W. : négatif

On note une légère anémie : 3.560.000 globules rouges par mm de sang.

Urines : R.A.S.

La malade est d’abord traitée médicalement : vaccins LO.D., glace sur le ventre, injections vaginales. Plusieurs examens successifs montrent la persistance des lésions. On décide d'intervenir chirurgicalement devant l'échec de ce traitement prolongé.

Intervention

Le 21 Novembre: Rachi-anesthésie: 14 centigr., laparotomie sous-ombilicale médiane. A l'ouverture du péritoine, on constate des adhérences épiploïques tant avec la paroi qu'avec le cul de sac vésico-utérin, la partie supérieure de l'utérus et les annexes. Le clivage de ces adhérences se réalise sans trop de difficultés ; il faut ensuite dégager les annexes du fond du Douglas. On ramène alors, de la partie la plus déclive de la

ESP, 5 ee”

cavité abdominale, une formation appendue à un appendice épiploique de l’S iliaque, de consistance pateuse, de forme arrondie et du volume d’une cerise. Cette petite tumeur est enlevée après ligature de son pédicule ; elle sera examinée histologiquement. Les annexes sont ensuite décollées des parois latérales de l’excavation. Au cours de ces manœuvres, on voit s’écouler un liquide de couleur chocolat, parcouru de stries jaunâtres, dû à l’évacuation d’une collection de la trompe gauche qui présente une petite déchirure.

On poursuit alors le dégagement de la face antérieure de l'utérus sur laquelle le péritoine est venu adhérer. Quand la libération de l'utérus est entièrement terminée, on procède à une hystérectomie subtotale. Mais l’infiltration inflammatoire, dont la base des ligaments larges est le siège limite l’ascension utérine et par suite, rend l'intervention difficile. On termine par une péritonisation satisfaisante. Drainage du Douglas par un gros drain et fermeture de la paroi en

trois plans.

SUITES OPERATOIRES. — Le 23 Novembre, on retire environ roccs de liquide sanglant et on diminue la

longueur du drain.

Le 25, on remplace le drain initial par un drain de calibre inférieur après avoir aspiré un peu de liquide séro-sanglant.

Le 28, on supprime le drainage.

Les suites opératoires sont excellentes et le 22 Décem-

bre, la malade est autorisée à sortir du service avec un très

bon état général et local.

PT Ep

Etude de la pièce opératoire

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