RE TN QUE
la science. Si réellement l'observation que nous venons de résumer, est bien un cas de transmission du bacille, de la mère au ganglion de l’aine de l'enfant, comment cette transmission a-t-elle pu se faire ? :
Or, examinons rapidement la manière dont se comporte le cordon ombilical. On sait qu’arrivés à l’ombilic du fœtus, les éléments du cordon se divisent en deux parties ; une ascendante constituée par la veine ombilicale qui, comprise dans le repli de la grande faux du péritoine se rend au hile du foie, l’autre descendante et double, sous la forme des deux artères ombilicales qui, de chaque côté de l’ouraque, gagnent les parois latérales de la vessie, et rejoignent l'artère hypogastrique. Il y a donc là deux voies d’infection possibles en suivant les éléments du cordon dans la cavité abdominale, une supérieure, une inférieure.
Dans le cas de Demme, le bacille paraît s'être transmis au foie par la voie supérieure et de là avoir donné naissance à la tuberculose viscérale (hépatique, etc.). Dans le cas de Sabouraud, la voie semble avoir été la même, car les lésions hépatiques étaient généralisées et assez avancées.
Ne se pourrait-il pas que notre observation soit un exemple d’infection par la voie inférieure (vésicale) ?
Quant au mécanisme de cette infection, nous l’ignorons complètement.
Anatomie pathologique.
Au point de vue anatomique la seule lésion est le système lymphatique ganglionnaire ; en effet rien dans les viscères malgré les plus minutieuses recherches.
Quelle est donc la lésion ganglionnaire ?
C'est de la tuberculose de ce système.
Nous n’entreprendrons pas la description anatomique complète de la tuberculose ganglionnaire, on la trouve dans tous les traités classiques ; nous exposerons seulement ce qui a été trouvé dans les autopsies des enfants morts de polyadénite.
Les ganglions sont augmentés de volume, ils présentent une certaine dureté qui contraste avec les ganglions normaux, lesquels sont plus petits et mous.
Coupés en deux, on trouve la cause du délit, le #ubercule.
Il est rare de trouver tout le ganglion transformé en une masse grise ; la plupart du temps, c’est un morceau du ganglion (un quart, un tiers, la moitié), qui est grisâtre. Dans les cas les plus légers, on trouve quelquefois un ou deux petits points gris qu’il faut chercher par des coupes multiples. La partie du ganglion qui n’est pas atteinte est simplement un peu plus rouge qu’à l’état normal.
Au contraire la partie malade, outre la teinte grise, présente une certaine dureté.
Quand on examine au point de vue microscopique les
points gris, on y trouve /e bacille de Koch ; quand on les inocule à des animaux, on obtient la fwberculose expérimentale.
Ces ganglions sont bien isolables du tissu cellulo-graisseux ambiant.
Dans les examens que nous avons faits, nous n’avons trouvé ni cavernes ganglionnaires, ni calcification.
À part les 2 cas terminés par méningite, les viscères ont toujours été trouvés indemnes de tuberculose. L’intestin lui-même, cette porte d'entrée si fréquente, ne présente pas de lésions. D'ailleurs, Aviragnet reconnaît aussi que l’entérite tuberculeuse est une rareté chez l'enfant.
On voit donc que cette tuberculose primitive du système lymphatique ne présente rien qui puisse la distinguer de la tuberculose secondaire à une lésion viscérale étudiée par Lancereaux, Mirinescu.
Symptomatologie.
Un enfant, avant le sevrage, maigrit, se cachectise, et cependant il s'alimente bien ; il absorbe la quantité de lait suffisante, souvent même supérieure à la normale et il y a véritable boulimie. Il digère et assimile ce lait, car il ne présente aucun trouble digestif, ni vomissements, ni diarrhée. On l’examine alors pour rechercher la cause de cette cachexie progressive et à l'examen des différents viscères, on ne trouve absolument rien. |
Les poumons sont trouvés sains par les moyens d’investigation ordinaires ; les fonctions digestives s’exécutent régulièrement, on note seulement l’augmentation de l'appétit, la boulimie qui contraste avec l’amaigrissement du sujet, fréquemment le ballonnement du ventre avec ün peu de tympanisme. Le foie et la rate ont un volume normal ou légèrement accru ; en un mot, intégrité des différents viscères.
Mais l’examen doit porter encore sur un autre système d'organes, sur les ganglions lymphatiques des diverses régions accessibles au palper. On trouve en effet dans les aines, les aisselles, le cou, comme on trouverait dans le médiastin et le mésentère, si l'exploration directe en était possible, des petits ganglions durs, plus ou moins nombreux, qui sont le témoignage d’adénites multiples sur l'existence desquelles notre maître Legroux a appelé cliniquement l'attention en la désignant sous le nom de micro-
MR LS Des Dolyadénopathie infantile et sur la nature tuberculeuse desquelles les travaux récents de Lesage (1) et de Mirinescu (2) ne laissent planer aucun doute.
Par ce tableau rapide, on voit donc que l'affection qui nous occupe présente quatre termes caractéristiques dans le développement desquels nous allons entrer, à savoir :
1° La cachexie progressive :
2° La poiyadénite tuberculeuse ;
3° L'absence de lésions viscérales :
4° L'absence de troubles digestifs, la boulimie.