MARS
d) Interprétation des résultats.
La différence de rapidité d’action de la dihydrostreptomycine vis-à-vis des diverses altérations tissulaires, semble être, comme l’a indiqué M. le Professeur Collet, en relation avec la vascularisation plus ou moins grande des lésions.
Etant donné que ce sont les lésions les plus irriguées (gommes et ulcères cutanés, lésions conjonctivales) qui disparaissent les premières, on peut penser que les bacilles tuberculeux situés à leur niveau sont soumis à un véritable bain d’antibiotique, à concentration très élevée, qui entraîne rapidement sinon leur destruction, du moins des modifications d’ordre morphologique et biologique, avec disparition du pouvoir pathogène.
Les lésions ganglionnaires mésentériques, qui signent le plus souvent une atteinte tuberculeuse primitive, sont les plus âgées et les mieux organisées. Et au niveau de ces adénopathies devenues chroniques avec réaction fibro-caséeuse et qui sont ainsi peu vascularisées, le bacille tuberculeux semble se trouver en partie hors d'atteinte de l’ antibiotique.
* Les tuberculinations faites le plus souvent ‘quelques mois après la fin du traitement se sont toujours révélées positives avec une nette réaction thermique accompagnée quelquefois de petites réactions focales. On peut donc dire que, si les lésions cliniquement décelables sont guéries, la stérilisation bactériologique de l’organisme n’est pas obtenue : il y a persistance de lallergie tuberculinique. Il est vrai que Boquet et Nègre ont montré qu’en inoculant des cobayes avec des bacilles morts, on pouvait faire apparaître cette même allergie ; mais celle-ci est alors fugace et d’une in- PR a alors tout lieu dé croire que les sujets soumis au traitement à la dihydrostreptomycine restent porteurs de bacilles vivants, très vraisemblablement au niveau de leurs ganglions mésentériques hypertrophiés ; peut-être en prolongeant la cure assez longtemps, obtiendrait-on leur destruction.