‹ Contribution à l'Étude de la Tuberculose IrienneChapitre 19 sur 27 · III. —— TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE PAR LES MÉTHODES BIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

III. —— TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE PAR LES MÉTHODES BIOLOGIQUES

Citons au début de ce chapitre les résultats encourageants obtenus dans le traitement général de la tuberculose par la méthode d’Armand Delille. Elle consiste en injections sous-cutanées, trois fois par semaine, d’un filtrat de macération de pulpe splénique de porc additionné de sérum physiologique et filtré. Quelques auteurs ont obtenu par cette méthode une amélioration considérable de l’état général avec augmentation de poids et diminution des signes fonctionnels.

L'emploi de l'extrait splénique est d’une innocuité absolue, mais les observations ne sont pas assez nombreuses pour se faire une opinion.

Mentionnons aussi les observations de traitement par le vaccin de Vaudremer (Terrien, Weill, Casteran), ou de Friedmann par le sérum de Jousset ou de Marmorek, ou les corps immunisants de Spengler (Immunkorper).

En dehors de ces essais qui ne sont pas entrés dans la pratique, deux moyens de traitement doivent retenir notre attention : la tuberculine et l’antigène méthylique.

1° Tuberculinothérapie.

Depuis sa découverte par Koch en 1891, la tuber-

culine a toujours été en faveur chez les ophtalmologistes. L’opportunité de son emploi en vue du traitement de la tuberculose irido-ciliaire peut être envisagée à la lumière des observations, des statistiques et des critiques des nombreux auteurs ayant expérimenté cette thérapeutique.

Les premières observations furent nettement défavorables, mais les échecs étaient pour la plupart dus à l’insuffisance du diagnostic et à l’imperfection de la technique employée.

Par la suite Von Hippel, Urbanek et plus près de nous Pavia, Williamson, etc., ont repris la méthode en bénéficiant de l’expérience acquise et les résultats publiés ont abouti à une codification de ce mode de traitement qui élimine en grande partie les réactions locales et générales parfois très préjudiciables aux malades.

Les premiers auteurs avaient employé la vieille tuberculine de Koch. Les essais de traitement par inhalation, ingestion, friction et scarification (Ponndorf et Burchard) ont été abandonnés et on a cherché à employer des tuberculines purifiées (Tébéprotin, Ekturban), où des paratuberculines toujours dans le but d’éviter les réactions dangereuses.

Urbanek a employé dans plus de 500 cas la « Tébéprotin » de Toennessien. Il s’agit d’un produit d’irritation spécifique (« specific irritation body » de Brown) développé par le bacille de Koch et fixé dans la protéine.

Cette protéine est entièrement soluble dans l’eau alcalinisée et paraît moins toxigène que la tubercu-

UGS

line A. T., car étant débarrassée de toxines tuberculeuses elle ne produit jamais de réactions inflammatoïres locales vraiment dangereuses.

Il est intéressant d’étudier le processus suivi par Urbanek dans le traitement de 500 cas de tuberculose oculaire :

Le diagnostic de l’affection a une valeur primordiale. Les examens anamnétiques, cliniques, radiologiques et biologiques concourent à son établissement. Le malade entre ensuite en observation à la clinique pour l'étude de la cuti-réaction. On prend soigneusement sa température durant 24 heures et l’on injecte ensuite sous le derme 1/10 de milligramme de «Tébéprotin ». Si la réaction est négative on injecte la même dose six jours plus tard, le malade restant couché pendant toute cette période d'examen.

On procède ensuite à la détermination de la première dose à employer au moyen d’un titrage intradermique à des dilutions variées (de 1 au 100 millionième de milligramme).

Urbanek désigne par des chiffres romains les dilutions : I1—1/10, II—1/100, anisi de suite jusqu’à VIII —1/100.000.000.

On utilise comme premier test les dilutions DIE IT et V. Si l’on n'obtient pas de réactions positives (papule infiltrée et rouge de 2 cm. de diamètre) on augmente le taux de la dilution.

On commence le traitement avec la dilution qui a donné une réaction franchement positive. On fait deux injections par semaine en augmentant de moitié la dose chaque fois et cela pendant un mois,

Page 1