‹ Contribution à l'Étude de la Tuberculose IrienneChapitre 20 sur 27 · RATES · texte numérisé non relu

RATES

A mesure que les doses augmentent dans les séries suivantes, on augmentera aussi les intervalles séparant les injections ; on arrivera ainsi à 1/10 de milligramme et 15 jours d'intervalle. Cette dose ne sera pas dépassée.

Le traitement doit être suivi pendant au moins un an. Le malade restera le plus souvent au lit le jour des injections. On surveille le poids et la température et l’on emploie concurremment tous les moyens de traitement général de la tuberculose.

Les résultats sont excellents en ce qui concerne le rapport d’'Urbanek. Au point de vue général augmentation régulière de la courbe de poids, amélioration de l’état général ; au point de vue local il a obtenu des améliorations remarquables, telles que des résurrections fonctionnelles dans des cas de tuberculose exsudative.

Dans le service du Professeur Gorse nous employons la tuberculine de Koch en séries d’injections quotidiennes de doses faibles à des dilutions variant du millionième au millième. On augmente ou diminue les doses d’après la courbe de température prise toutes les 3 heures et l’allure des réactions générales ou oculaires. Lorsque la température dépasse 38° on ne fait pas d'injection le lendemain.

Les résultats obtenus par ce traitement ont été parfois satisfaisants, mais le petit nombre de malades traités ne nous permet pas d’avoir une opinion définie, d’autant plus que la tuberculinothérapie n’a jamais été employée seule.

Certains auteurs restent favorables à ce mode de

MSP aa

traitement. Les techniques et les indications varient, mais tous sont d’accord sur le mode d’action de la tuberculine et des produits qui en dérivent.

Elles agissent sur les lésions tuberculeuses par les petites réactions congestives qu’elles déterminent à leur niveau. En débutant par de faibles doses sensibilisantes, « homéopathiques » (Lagrange), elles améliorent l’état d’allergie.

« En augmentant peu à peu les doses on habitue « l’organisme au poison résultant de la lyse tuber- « culinique ; on ne produit ainsi au niveau des lé- « sions que des réactions imperceptibles, légères et « fugaces qui, par hyperémie passagère et souvent « renouvelée, paraissent favoriser le processus de ci- « catrisation » (Nègre).

Malheureusement on ne peut compter sur une action régulière et la sensibilité propre du malade a une telle importance que le traitement à la tuberculine est considéré par beaucoup comme souvent inefficace et dangereux.

L’argument le plus fort que l’on oppose à son emploi réside dans ses contre-indications qui restreignent son emploi à la fin de la deuxième et au début de la troisième période de la tuberculose, moment où le processus tuberculeux offre une tendance très nette à la guérison spontanée.

Aussi les auteurs adversaires du traitement peuvent se demander quelle est la part de cette thérapeutique dans les améliorations constatées puisque la technique comporte comme adjuvants l'emploi d’agents dont nous avons vu précédemment toute l’im-

ET re

portance : le repos, le plein air, joints aux facteurs moraux puissants mis en jeu par l’espoir en l’efficacité de la thérapeutique employée.

2° Antigène méthylique.

De tous les traitements actuellement employés contre la tuberculose oculaire en général et la tuberculose irido-ciliaire en particulier, l’antigène méthylique de Nègre et Boquet est le seul qui puisse renforcer vraiment les moyens de défense de l’organisme en lui fournissant des antigènes préparés dans des milieux artificiels de culture pour provoquer la formation ou l’accroissement des anticorps.

L’antigène méthylique est une émulsion des lipoïides du bacille de Koch, ces lipoïdes étant les substances fixatives par excellence. Il est obtenu par le contact (pendant 10 jours, à l’étuve à 37°) de bacilles tuberculeux (humains et bovins à parties égales) stérilisés et préalablement dégraissés par l’acétone avec l’alcool méthylique absolu. Pour les rendre injectables on sépare les produits dissous de l'alcool méthylique par distillation dans le vide. L’antigène est employé à la dose de 1/20 de centimètre cube dans l’eau physiologique (1 cc. de cette émulsion correspond à 1 cgr. de corps microbiens desséchés).

Les extraits méthyliques provoquent in vivo et in vitro la formation d’anticorps, ce qui les différencie des graisses et cires extraites par l’acétone.

Machebœuf et ses collaborateurs font remarquer que cette propriété est due à la présence dans cet

extrait non purijié de substances qui s’y trouvent à l'état d’impuretés à côté des lipides haptènes ; ces substances (sans doute des protéides) formeraient avec ces lipides des complexes d’adsorption actifs comme antigène (la purification en augmentant l’activité haptène fait perdre rapidement le pouvoir antigène proprement dit).

Boquet et Nègre ont mis en évidence par la réaction de Bordet-Gengoux l’accroissement net et progressif chez le lapin des anticorps après injection d'extraits d’antigène méthylique (jusqu’à 1.200 unités au lieu de 20).

De même l’expérimentation a montré chez des animaux infectés par voie intraveineuse la survie prolongée et la mort par tuberculose localisée des animaux traités par l’antigène.

Les témoins et ceux traités par la tuberculine meurent rapidement de tuberculose généralisée.

Magitot et Mile d’Autrevaux (3 cas), Onfray, Plicque et Duclos (8 cas sur 9), Terrien (1 cas), Beauvieux (2 cas) ont employé avec succès l’antigène méthylique dans le traitement de la tuberculose irido-ciliaire. Il faut d’ailleurs avouer que les résultats paraissent meilleurs ou en tout cas les observations plus nombreuses dans les autres formes de tuberculoses oculaires.

La technique proposée dans la thèse de Salsac correspond au mode d’emploi de l’antigène préconisé par l’Institut Pasteur.

L’extrait d’antigène méthylique s'emploie en injections sous la peau (l'injection intra-musculaire

PT qe

plus douloureuse et l’injection intra-veineuse ne sont pas plus actives) de la région antéro-externe de la cuisse ou de la région scapulaire aux doses progressives suivantes :

1° Antigène dilué : 1/4 ce. 1/2 cc. 4/4 ce, 1 ce.

2° Antigène pur : 1/4 cc. 1/2 cc. 3/4 cc., 1 cc.

Chaque dose doit être répétée 5 ou 6 fois avant de passer à la dose supérieure, sans jamais dépasser 1 cc. d’antigène pur.

Mile Geneviève Civade-Arnouid propose pour le traitement de la tuberculose oculaire la technique du Professeur Magitot à Tenon.

Elle diffère sensiblement de la précédente :

Page 1