HISTORIQUE
Dans l’histoire de la tuberculose musculaire primitive, on peut, nous semble-t-il, distinguer deux phases : une première, s'étendant jusqu'à 1886, où la lésion musculaire primitive est d’abord soupconnée, puis affirmée par différents auteurs, à l’aide des ressources de la seule clinique: une deuxième phase, encore actuellement ouverte, où, aux données de la clinique, viennent s’adjoindre celles plus précises des examens microscopiques et bactériologiques, et de l’inoculation. Cette dernière période est la plus féconde, puisqu'elle permet une affirmation certaine de la nature de la lésion.
Sur la première de ces périodes, nous insisterons peu.
Elle s'ouvre avec la thèse de Latour (Paris, 1803), dans laquelle sont rapportés deux cas d'abcès musculaires probablement tuberculeux. La nature tuberculeuse de la lésion admise par Desprez a été rejetée par Fischer.
Les observations de Bérard (1846), et de Denonvillers, rapportées dans la thèse d'agrégation de Desprez, ne sont pas non plus démonstratives.
Linhardt, en 1851, décrit des abcès musculaires tuberculeux, mais qui, siégeant dans le voisinage de l'insertion des muscles, sont probablement d’origine osseuse.
LES ne
Tautum. en 1859, Fischer et Linhardt, cette même année, rapportent de nouveaux cas de cette affection. Mais à tous ces cas manquent le critérium du microscope et de l’inoculation.
Desprez, dans sa thèse d'agrégation sur les tumeurs des muscles, rapporte ces différents cas, et conclut à l'existence de la tuberculose musculaire primitive, montrant d'autre part combien dans les abeës par congestion les muscles sont rarement envahis.
Dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales (Dechambre), Hayem, à l’article muscle, signale à peine la tuberculose primitive des muscles, tandis que Le Dentu, dans son article de 1877 (Dict. de Jaccoud), insiste au contraire sur les caractères et la marche des abcès froids musculaires.
La thèse d'Oltendorf (1885) n'ajoute que peu de choses à la question, cet auteur étudiant surtout la tuberculose secondaire.
Les premières observations probantes sont dues à Müller et à Habermaas, en 1886. Le premier, par un examen anatomo-pathologique et la description des altérations de la fibre musculaire; le deuxième par la mise en évidence en plusieurs points du bacille de Koch, établissent d'une façon définitive et probante l'existence jusque-là incertaine de la tuberculose musculaire.
Fischer, reprenant la question, montre nettement la différence entre la tuberculose primitive et la tuberculose secondaire, mais introduit cette notion fausse d’une tuberculose musculaire primitive débutant tantôt par la
fibre musculaire même, tantôt par le tissu cellulaire interstitiel.