‹ Contribution à l'étude de la tuberculose musculaire primitive: ses formes anatomiquesChapitre 7 sur 18 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBsERvATION 1

(Malade présentée par M. G. Corre à la Société nationale de médecine de Lyon, in Lyon Médical, 23 juillet 1905.)

I] s’agit d’une jeune fille de 16 ans qui est entrée, il y a un mois environ, à la salle Sainte-Anne, pour une tuméfaction douloureuse de l’avant-bras. Ses antécédents héréditaires sont chargés de bacillose, mais personnellement elle a toujours été bien portante, et elle ne paraît avoir présenté jusqu'ici aucune manifestation tuberculeuse. Elle exerce, depuis l’âge de 14 ans, le métier de tisseuse sans avoir jamais été malade.

L’affection actuelle aurait débuté de la façon suivante : la malade remarqua d’abord, au niveau de la face antérieure de l’avant-bras, une petite tumeur modérément douloureuse, puis une tuméfaction apparut sur la face postéroexterne du radius, et enfin, depuis trois semaines, la malade avait remarqué l'existence d’une autre tuméfaetion douloureuse au niveau de l’extrémité supérieure du cubitus. Le début des accidents, au moment où la malade entre à l’'Hôtel-Dieu, remontait à deux mois.

A l’examen, on notait les particularités suivantes : au niveau de la région antérieure de l’avant-bras, il existait un petit nodule de la grosseur d’un pois, douloureux à la pression, qui suivait les mouvements du fléchisseur commun

et paraissait bien situé dans l’épaisseur du tendon. A la partie postéro-externe du radius, un peu au-dessus de l’in-

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terligne radiocarpien, on trouvait une tumeur bosselée, légèrement mobile dans les mouvements de flexion et d’extension du poignet. Cette tuméfaction avait une consistance dure, uniforme; elle paraissait s'étendre depuis le squelette jusqu’à la peau où elle adhérait. Enfin, au niveau de la face postérieure du eubitus, là palpation faisait reconnaître l'existence d’une tuméfaction allongée, collée contre l’os, immobile et présentant tous les caractères d’une périostite. La radiographie montre le squelette absolument normal.

La malade avait un bon état général; pas de bacillose viscérale, pas de température.

En présence de ces symptômes, on fait le diagnostic de tuberculose du tendon du fléchisseur commun superficiel, de tuberculose des gaines de l’avant-bras et de périostite tuberculeuse du eubitus, et l’on décide d'intervenir pour enlever ces différents foyers de bacillose.

L'opération fut pratiquée le 9 juin par M. Delore. On reconnut d’abord que le petit tubereule qu'on sentait à la palpation le long du tendon du fléchisseur commun était développé dans la gaine de ce tendon et on put l’enlever en n'intéressant que très peu les fibres tendineuses. Au niveau du radius, on put se rendre compte que la tumeur avait perforé l’aponévrose ; le tissu cellulaire était infiltré de granulations miliaires, surtout abondantes te long d’une veine sous-cutanée qu’on résèque.

Au-dessous de l’aponévrose, les lésions étaient encore plus marquées. Les muscles de la région étaient encore remplis de petits grains blanchâtres, nacrés, durs, un peu plus gros que des granulations miliaires ordinaires, et qu’on: retrouvait surtout dans l'enveloppe conjonctive du muscle. Le parenchyme musculaire était un peu plus pâle que normalement, et il renfermait quelques granulations. Ces lésions s’étendaient jusqu'au squelette, mais l’os lui-même paraissait sain. On fit d’ailleurs une trépanation de son extrémité inférieure, pour voir s’il n’y avait aucune altération

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