‹ Contribution à l'étude de la tuberculose musculaire primitive: ses formes anatomiquesChapitre 8 sur 18 · MINE · texte numérisé non relu

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de ses parties centrales. La moelle était rouge, absolument normale. On enleva la plus grande partie de ce tissu musculaire, en respectant les tendons d'insertion ; puis on fit la suture de la plaie. On avait, à ce moment, l'impression qu'il s'agissait plutôt d’une lésion parasitaire, car la granulie musculaire primitive est tout à fait exceptionnelle.

Au niveau du eubitus, on reconnut que les lésions avaient le même siège et la même nature. On trouva dans l’épaisseur des muscles les mêmes granulations avec les mêmes ‘aractères.

L'examen histologique des fragments de musele enlevés, fait par M. Dor, dans le laboratoire de M. le professeur Poncet, à révélé l’existence de granulations tuberculeuses typ1ques avec des cellules géantes abondantes. C’est dans le tissu interstitiel que les lésions prédominaient; les fibres musculaires étaient dissociées par une infiltration embryonmaire. ?

La bactériologie a permis aussi de préciser la nature tuberculeuse de l'affection. L’inoculation au cobaye a été positive. En outre, quelques bacilles de Koch ont pu être décelés sur les coupes. Il s’agit donc ici d’une tuberculose musculaire incontestable.

OBSERvVATION II

(Recueillie par M. Garé, interne des hôpitaux.)

- B.. Joseph, 34 ans, entre salle Saint-Philippe, service du professeur Poncet, le 14 décembre 1909, pour une tuméfaction siégeant au niveau du cul-de-sac sous-tricipital gauche.

Antécédents héréditaires. — Mère morte à 38 ans, de tuberculose pulmonaire, après avoir eu quatre enfants, deux fils, deux filles. Le père remarié, perd sa seconde femme à

23 ans de bacillose pulmonaire, et lui-même suecombe à

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cette affection à l’âge de 47 ans. Des trois frère et sœurs du malade, une sœur est mariée, a 30 ans et se porte bien ; l’autre, plus jeune, jouit d’une santé relativement bonne; lé frère tousse chaque hiver et a eu une pleurésie. Antécédents personnels. — Le malade signale rougeole dans l’enfance; fièvre typhoïde à 12 ans, qui dure deux mois et demi. Il faut noter, pendant la convalescence, Papparition, au niveau du mollet droit, d’un abcès dont on retrouve encore la cicatrice. Cet abcès aurait été assez considérable, et semble s'être développé aux dépens des muscles ; il se serait ouvert de lui-même avant qu’on lait incisé. A partir de ce moment, l’état de santé du malade n'aurait jamais été très brillant. Il s’enrhumait facilement chaque hiver, et dut à plusieurs reprises garder le lit pour ses refroidissements. Réformé au service militaire pour insuffi-

sance de taille, il n’eut pourtant aucune maladie grave jus-

qu’à l’âge de 30 ans. Cependant, il dit avoir, plusieurs années avant cette époque, présenté des phénomènes douloureux du côté de l’épaule et du bras gauche, douleurs qui duraient huit à dix jours, nécessitant des frictions, et qu’il met sur le compte du rhumatisme.

À 30 ans, il a une blennorrhagie. Il nie toute autre maladie vénérienne. À 31 ans, il présente des hémoptysies légères et, à cette même époque, une pleurésie sèche, pour laquelle il est soigné à Tournon pendant quinze ou vingt jours. Il garde, après la guérison de sa pleurésie, un amaigrissement léger avec diminution de l’appétit et des forces.

En mai 1908, il se marie. Sa santé reste satisfaisante jusqu’au mois d'août 1909. À ce moment apparition, sur la face interne de la jambe droite, dans sa portion moyenne, d’un bouton qui prit, au dire du malade, tous les caractères d’un furoncle et s’ulcèra au bout d’un mois. L’ulcération s’étendit légèrement jusqu’à atteindre ou même dépasser les dimensions d’une pièce d’un franc. Actuellement, on peut constater la cicatrice de cette ulcération.

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