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Enfin, au mois d'octobre dernier, l’affection actuelle débute, sans traumatisme antérieur signalé, par une douleur spontanée au niveau de la cuisse gauche. La douleur apparaissait surtout la nuit et disparaissait le jour par la marche.
Bientôt après, se montrèrent du gonflement au niveau de l'articulation du genou, puis du cul-de-sac sous-triciptal, tuméfaction douloureuse, mais sans signe d’inflammation marquée, sans rougeur, sans température appréciable. A la suite du repos au lit et de l’immobilisation, les phénomènes du côté de l’article disparurent, mais non ceux au niveau du cul-de-sac sous-tricipital.
Actuellement, on note : localement, tuméfaction non douloureuse spontanément ou à la palpation, et remontant assez haut, environ jusqu’au quart inférieur de la cuisse. Cette tuméfaction est dure et rénitente; la peau, à son niveau, présente sa coloration habituelle, elle n’est pas non plus œdématiée, et n’adhère pas au plan sous-jacent.
Les mouvements de l’articulation sont parfaitement conservés et permettent de localiser nettement le siège de la collection au nivau dv eul-de-sac. Pas d’adénopathie inguinale, pas d’atrophie des muscles de la cuisse.
L'état général du malade est relativement bon; l’appétit est conservé, les digestions faciles ; la température voisine 37°. Le malade ne tousse, ni ne crache; l’auscultation pulmonaire au point de vue bacillose est négative. Il n’est pas possible non plus de retrouver, même par une observation attentive, des signes de localisation tuberculeuse en un point quelconque de l’organisme.
En raison des caractères physiques de la tuméfaction, et des antécédents bacillaires du malade, le diagnostic de tuberculose juxta-synoviale est porté. :
Opération, le 18 décembre 1909, par le docteur Cotte : incision sur la tumeur. Après section de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané, on attaque le quadriceps, au milieu duquel on reconnaît la tuméfaction. IL est impossible de
procéder à l’énucléation de la masse, dont la paroï, au cours des tentatives de libération, se rompt, laissant échapper un liquide séro-purulent. On fait l’ablation secondaire de la poche, en coupant en plein tissu musculaire. À la face profonde, il existe une couche musculaire qui sépare la collection du eul-de-sac sous-tricipital.
Il s’agit done, à n’en pas douter, d’un tubereulome intramusculaire suppuré.
Suture du muscle, drainage .
Le malade sort guéri le 30 décembre 1909.
L'examen histologique a donné la réponse suivante (M. Alamartine) :
« Les coupes ont porté à la limite des tissus sains et malades, entre lesquels il y a continuité intime.
« 1° Au niveau du tuberculome, on ne voit qu'une infinité de petites cellules épithélioïdes étroitement pressées les unes contre les autres. (à et là, quelques vaisseaux, les uns embryonnaires à paroi incomplète et qui semblent néoformés, les autres atteints d’endo et de périartérite, et qui sont sans doute les vaisseaux du muscle envahi par l’infection. Par places, les cellules épithélioïdes sont en voie de désintégration ; il y a un commencement de caséification. Au sein du tuberculome lui-même, on ne voit nulle part de follicule tuberculeux ou de cellule géante.
« 2° Si on se reporte au niveau de la zone d’envahissement, on peut constater nettement que les lésions commencent par les espaces conjonctifs interfasciculaires (fig. 1).
« Dans les espaces interstitiels existent, çà et là, des petits tubercules avec un centre caséifié et des couronnes de cellules géantes (fig. 2). Il s’agit donc, à n’en pas douter, de lésions tuberculeuses en pleine évolution. Le point de départ de ces lésions se fait au pourtour des vaisseaux interstitiels. »
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