‹ Contribution à l'Étude de la Tuberculose Primitive de l'UtérusChapitre 21 sur 39 · LED · texte numérisé non relu

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polynucléaires, lymphocytes, cellules endothéliales surtout. On a ensemencé sur gélose sanglante le culot obtenu par centrifugation de 140 c. c. de liquide céphalo-rachidien. Aucun microbe n’a poussé.

49 décembre. La malade présente une paralysie faciale droite.

22 décembre. La température oscille autour de 39° et depuis 3 jours le pouls est monté rapidement de 70 à 130. Depuis 3 jours également il faut sonder la malade. Elle reste dans un état de prostation très marqué, ne se réveillant que pour pousser des cris. Troubles vaso moteurs et sudoraux de la face et du cou. Il n’y a pas de nouvelle paralysie. Elle bouge bras et jambes.

25 décembre. La malade meurt dans la nuit.

Autopsie. À l’ouverture du cadavre on ne trouve pas de liquide, ni dans les plèvres, ni dans le péritoine. Il y à des adhérences entre le grand épiploon et la paroi et entre le diaphragme et le foie. Nombreuses granulations à la face inférieure du diaphragme. Les faces latérales du mésentère comme aussi la face postérieure du mesocolon transverse sont couvertes de fines granulations en semis. Ces granulations deviennent beaucoup plus abondantes, à mesure que l’on descend vers le petit bassin et le péritoine pelvien en est couvert. Quelques granulations, mais beaucoup plus discrètes à la surface du poumon.

Sur la coupe des poumons, on trouve également des

granulations dans les territoires à teinte très rouge et

très atélectasiés. [1 n’y a pas de ganglions caséeux du hile. Le cœur est petit, sans lésions orificielles, il n’y a rien sur le péricarde. La rate est prise au milieu d’adhé-

rences et très congestionnée. Rien de particulier au foie et aux reins.

Le cerveau montre au niveau de ses confluents de base des exsudats fibrino purulents, englobant à leur sortie tous les nerfs crâniens, la tige du corps pituitaire et faisant disparaître le chiæsma. Il n’est pas possible d’apercevoir de granulations.

Sur la moelle, la gaine dure-mérienne ouverte, on voit un exsudat qui louchit les espaces sous-arachnoïdiens, mais sans faire la gaine crémeuse et sans faire disparaitre la visibilité des racines et des vaisseaux.

On trouve un utérus volumineux, les trompes, d’une teinte rouge violacée, sont fortement renflées dans leur moitié externe. En ouvrant l'utérus, on arrive sur une plaque jaune siégeant sur la face postérieure du corps de l'utérus et descendant sur l’isthme jusque près du col. Elle est un peu plus grande qu’une pièce de 5 francs et a creusé comme une petite caverne peu profonde dans la paroi utérine. La trompe gauche présente déjà à son intérieur de gros grains jaunes qui paraissent être des granulations caséeuses.

Examen histologique (M. le Prof. Paviot).

1° Caverne caséeuse du corps utérin. Elle est tapissée par une nappe épaisse de tubercules, que rien ne sépare, ou plutôt c’est une nappe de cellules rondes dans laquelle se montrent de distance en distance des centres ou de cellules épithélioïdes, ou de masses vitreuses, et c’est dans ces centres que l’on trouve deux ou trois cellules géantes par tubercule. Le muscle utérin voisin est devenu un peu trop riche en substance fondamentale hyaline; on y

Ne Eee

voit quelques tubercules élémentaires éclos en plein muscle ;

2 Fragment de trompe. — Les vaisseaux sous le péritoine et dans la tunique musculaire de la trompe sont dilatés et gorgés de sang. Minces travées de petites cellules dans le tissu sous péritonéal et dans les interstices du muscle, mais pas de nodules tuberculeux. La muqueuse est considérablement épaissie par une infiltration de petites cellules rondes, les replis villeux ont disparu sous l'influence de cette infiltration. L’épithélium tubaire se montre sous forme de bandes ou de rubans, qui sont plongés au milieu de cette infiltration de cellules rondes. Les cellules géantes sont disséminées çà et là dans cette infiltration.

Cette observation nous montre tout d’abord que des lésions génitales latentes peuvent servir de point de départ à une granulie qui semble être le premier symptôme de la tuberculose. Ce n’est qu’une autopsie complète qui peut montrer le point de départ de l'infection bacillaire.

Nous retrouverons dans le cas de Weill (Obs. XXIV) des phénomènes méningés analogues chez une jeune fille de 17 ans.

En considérant le siège des lésions on voit que la tuberculose n'était pas localisée uniquement à l’utérus, on trouvait à la trompe gauche quelques points jaunes caséeux, mais les lésions étaient tellement discrètes si on les comparait à la masse caséeuse utérine qu’il y a tout lieu de croire que les lésions tubaires étaient secondaires à celles de l'utérus.

Et cette infection primitive du corps utérin s'explique

A de,

si l’on se rappelle que cinq mois avant les phénomènes qui l’amenèrent à l'hôpital, la malade avait eu une fausse couche. L'infection tuberculeuse dut s'établir alors, profitant de la porte d’entrée créée par le décollement de l'œuf.

Bréüs, en pratiquant l’autopsie d’une femme de 34 ans, morte de tuberculose méningée, et ayant huit mois auparavant fait une fausse couche de 5 mois, trouva : un foyer caséeux dans la trompe droite, un utérus augmenté de volume présentant une muqueuse œdemateuse et infiltrée de tubercules. Mais si nous ne pouvons d’après le cas de Bréüs, affirmer la localisation utérine primitive, il n’en est plus de même dans les observations qui suivent où la tuberculose utérine nous a paru être nettement la localisation initiale.

OBsERvATION VIII

Tuberculose génitale primitive chez une femme enceinte ; avortement au cinquième mois ; mort par septicémie et par tuberculose miliaire aiguë pendant les couches.

Huenermann (Arch. f. Gyn. 1892)

Femme de 35 ans, bonne santé. À accouché une première fois sans aucun incident. Dans sa deuxième grossesse elle a souffert dès le 3° mois dans la région Ilombaire et après une promenade en ville elle fait un avor-

De mu

tement au 5° mois. Pendant les premiers jours qui suivent, rien d’anormal, puis élévation de la température et fétidité de l'écoulement vaginal. La malade présente alors les symptômes d’une infection puerpérale grave. Pouls à 430. Température 40°. Le curettage digital de la cavité utérine ramène un fragment de membrane de 9 cm. de long, gros comme le doigt et putréfié. Avec une grosse curette mousse on retire du fond de la matrice de petits fragments, on pratique des lavages phéniqués et un tamponnement iodoformé. L'état général devient plus grave, la température reste élevée, les phénomènes pulmonaires s’accentuent. Quelques jours après la malade succombe. l’autopsie montre des nodules miliaires dans les organes génitaux : les trompes sont augmentées de volume, mais on ne trouve pas dans leur épaisseur de trace de tuberculose. La muqueuse, au contraire, est enduite d’une matière putrilagineuse qui infiltre la trompe et l'utérus. Le bacille de Koch est trouvé abondamment dans les fausses membranes qui tapissent l’utérus, mais dans la tunique musculeuse il ne semble pas y avoir trace de tuberculose. Huenermann réussit toutefois à relever la présence de deux bacilles dans un gros thrombus qui remplissait la lumière d’un gros vaisseau de la paroi.

Les lésions, d’après l’auteur, devaient remonter aux premiers mois de grossesse. Il ne peut pas dire quelle en était l’origine. Peut-être l’innoculation datait-elle d’un certain temps et s’était-elle produite par voie génitale. L'examen du mari ne révéla aucune trace de tuberculose.

ÉRATR LS.

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