OBSERVATION V
Tuberculose de la rotule droite. Cavernule ouverte simultanément en avant et en arrière de cet os. Curettage superficiel de cet os. Arthrite fongueuse du genou. Ablation de la rotule et synovectomie. Guérison depuis neuf mois. Marche avec mouvements actifs de flexion du genou (MÉNARn, Annales du Congrès de chirurgie, 1896).
Fav..….., fille âgée de six ans et demi, arrive à l'hôpital maritime de Berck le 16 novembre 1894. A l’entrée, on constate une hydarthrose du genou droit avec épaississement de la synoviale, hydarthrose très probablement tuberculeuse.
Une cicatrice opératoire, longue de 5 centimètres, large de 2, s’étend verticalement au devant de la rotule et adhère solidement à cet os par toute sa largeur. Nous supposons, en l’absence de tout renseignement, que l'opération qui a laissé cette cicatrice a été motivée par la présence d’un abcès antérotulien et qu'on à pratiqué un curettage de cet abcès et sans doute aussi de la face sous-cutanée de la rotule. Ce curettage de l'os est rendu probable par l’adhérence large de la cicatrice à la surface osseuse.
Le fémur est un peu plus long du côté malade que du côté sain. Cette différence se traduit par un demi-centimètre à la mensuration qui ne peut être, du reste, qu’approximative, mais la base de la rotule est située plus bas sur le membre malade, et le membre malade dans son ensemble, mesuré de l’épine iliaque antéro-supérieure à la malléole interne, est plus long que le membre sain. Toutes ces données concourent à la même démonstration : allongement ou plutôt léger excès de croissance du fémur du côté du genou malade.
La rotule du genou malade est un peu plus large que l’autre. L’épanchement du genou est abondant et tendu. L'enfant est mise au repos, le genou fixé dans une gouttière plâtrée.
Le 22 février 1895, on note que l’épanchement a diminué
LS
depuis que l'enfant est au repos. La synoviale, dont le bord est facile à explorer avec le doigt, est notablement épaissie.
Après ces alternatives de repos et de marche, l’hydarthrose persiste telle qu’elle était au moment de l’arrivée de la malade à Berck.
Opération, le 43 janvier 1896. — Ablation de la rotule et synovectomie. — {ncision curviligne concave en haut, allant du condyle interne au condyle externe et sectionnant le tendon rotulien au niveau de l’interligne articulaire. Le genou est largement exposé; cependant, on épargne les ligaments latéraux et les ligaments croisés de l'articulation. Une quantité assez notable de liquide jaunâtre, séreux, liquide d’hydarthrose, s'est écoulée au moment de l'incision. Les surfaces articulaires du fémur et du tibia paraissent être saines.
Sur la face postérieure de la rotule, près de sa base, on aperçoit une ulcération qui admet l'extrémité d’une sonde cannelée. L’instrument traverse la rotule d’arrière en avant.
La rotule est enlevée par la méthode sous-périostée, en épargnant soigneusement la cicatrice cutanée et le tissu fibreux qui l’unit à la surface osseuse.
La synoviale, rosée, légèrement fongueuse, est traitée par le curettage, minutieusement au niveau du cul-de-sac sous-tricipital, avec moins de sévérité dans les parties inférieure et postérieure. Ce curettage est incomplet derrière les condyles ; dans cette partie de la cavité articulaire la curette est introduite sans examen direct, de visu, examen indispensable à tout curettage complet.
Réunion complète de la plaie, sans drain. Aucun incident ne survient après l’opération. Les fils à suture, crin de Florence, sont enlevés huit jours après l'opération.
Dans la suite le genou est découvert tous les huit, puis tous les quinze jours, dans un but de surveillance. Aucune complication ne s’est produite.
Le 1° mai, l’enfant commence à marcher, le genou maintenu par un tube silicaté.
26 août. — Jusqu'ici la malade a marché sans inconvénient,