ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Les lésions tuberculeuses de la rotule ne présentent dans leur aspect et dans leur évolution rien de particulier qui les différencie de celles des autres os en général.
Elles s'’observent sous deux grandes formes différentes : l’une, très rare, d'infiltration grise ; l’autre, embrassant la presque généralité des cas, de cavernes renfermant soit des fongosités, soit des séquestres, soit à la fois des fongosités et des séquestres.
1° Infiltralion tuberculeuse. — La première forme, dont nous n'avons trouvé qu'un exemple (observ. VI), montre, sur des coupes différentes de l'os, une zone centrale présentant la couleur gris clair ordinaire de l’infiltration tuberculeuse, entourée d’une zone périphérique de couleur rose que l’on peut, surla pièce anatomique, assez facilement différencier de la première, mais très difficilement sur le vivant, au moment de l'opération. De cette difficulté à différencier le tissu malade du tissu sain, découle cette conséquence que, dans les cas d'infiltration tuberculeuse de la rotule, il ne faut pas s’en tenir à une opération partielle, à un simple curettage qui ne donne-
rait que des chances de guérison insuffisantes, mais bien, faire d'emblée une opération plus radicale. La por-
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tion d'infiltration grise comprenait, dans cette observation, les deux tiers environ de la masse tolale de la rotule.
Il est d’ailleurs à remarquer que cette rotule, ainsi presque complètement détruite intérieurement, avait un aspecl extérieur à peu près normal. En effet, le cartilage articulaire, à part au niveau de la base une étendue d’un centimèlre carré environ sur laquelle la rotule était dénudée, avait conservé son aspect normal sur chacune de ses facettes externe et interne.
2° Cavernes tuberculeuses. — Cette forme constitue, comme nous l'avons dit, la presque généralité des cas. Cette caverne est unique, mais elle varie considérablement dans ses dimensions, depuis le volume d’un pois (obs. XI) jusqu'à admettre (obs. IV) l'extrémité du pouce. Son contenu est également variable ; le plus ordinairement, elle contient des fongosités molles, se délachant à la moindre pression et ressemblant à du frai de grenouille (obs. HE, IV, VIE, VII, XI); souvent aussi elle renferme, outre des fongosités, un séquestre ainsi qu'on l'observe dans deux cas de Ménard et dans les deux rotules.de l'observation IX.
3° Notons, à titre exceptionnel, que chez une malade opérée par Ollier pour une ostéo-arthrite tuberculeuse, la rotule, enlevée et sectionnée, montra, à la coupe, une masse de mastic caséeux, enkysté, n'ayant pas à propremeat parler de coque compacte limilante ; C'était une masse demi-liquide, contenant une quantité de petits débris trabéculaires, perceptibles à la palpation et de couleur analogue à du vieux pus légèrement verdâtre.