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REPRODUCTION DE LA ROTULE

Avant Ollier, on ne trouve à peu près rien de signalé sur la reproduction de la rotule.

Dans sa thèse, François cite simplement un fait de Volkmann, signalant la reproduction partielle après l'ablation d’un fragment nécrosé et donne l'indication d’un cas de Schimoneck de Saint-Paul (Minnesota); il rapporte aussi l’observation curieuse d'un malade chez lequel la rotule reproduite mesurait, vingt-cinq ans après l'opération, un centimètre en hauteur de plus que l'autre.

En 1889, Kummer, après avoir préconisé la résection de la rotule toutes les fois que cet os est malade, entrevoit la possibilité de la reproduction. « Le malade, dit- «il, doit se résigner à conserver cette faiblesse relative, « à moins que la nature ou une transplantation arti- « ficielle ne le gratifie d’une nouvelle rotule » (Revue méd. de la Suisse romande).

Aucune autre observation d’ablation de la rotule à cette époque ne parle de la reproduction de cet os.

Ollier, au contraire, en conservant le revêtement périostique de la rotule et la couche de cartilage ossi-

fiable (cartilage dit articulaire), se met dans les condi-

21 AV tions voulues pour assurer cette reproduction à laquelle il arrive le plus souvent, sans d’ailleurs en garantir l’intégrité ni la constance, cette intégrité dépendant de facteurs multiples, tels par exemple que l'étendue, l'acuité des lésions qui peuvent avoir entamé ou détruit les éléments ostéogènes.

Le malade de l'observation IV, opéré par Ménard et revu par Chambon quinze mois après, présentait au niveau du siège de la rotule une masse dure, mesurant 95 millimètres transversalement et 38 millimètres verticalement. Cette rotule de nouvelle formation était moins épaisse et moins longue que la rotule saine, sa forme irrégulière, sà consistance chondroïde.

Chez le malade V, opéré depuis treize mois, la rotule reproduite dépassait en hauteur et en largeur la rotule saine.

La rotule nouvelle du malade VI, opéré depuis neuf mois, avait la forme et le volume d’une amande.

Celte reproduction est un signe de bon augure, car elle assure une solide continuité entre le tendon du triceps et le ligament rotulien, donnant ainsi au quadriceps une plus grande sûreté et puissance d'action.

Cependant son existence n'est pas indispensable. Déjà Wurth {cité par Gross) disait : « La rotule est une pièce du squelette qui n’est pas absolument nécessaire et pas du tout importante chez l’homme pour les fonctions du membre. » On en trouve une nouvelle preuve dans la thèse de Cadilhac (Montpellier, 1907) et en particulier dans quelques-unes de ses observations (2, 30, 31, 93, 89) relatives à des cas d'absence congénitale de la

STONE rotule unie ou bilatérale chez des adultes, lesquels étaient d'aussi bons marcheurs que des sujets normaux.

Il est bon d’ajouter d’ailleurs que la rotule ne se reproduit que chez l'enfant. Chez l'adulte, en effet, où cette reproduction ne pourrait plus se faire que grâce au périoste, celui-ci présente une activité ostéogénique insuffisante et l’ablation de la rotule n’est jamais suivie de l'apparition d’un os nouveau.

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