CHAPITRE I
ÉTIOLOUGIE
Comme dans les autres organes, la tuberculose est due, dans l'affection qui nous occupe, au bacille de Koch. Dans un certain nombre d'observations, en effet, ce mi crobe a été découvert au microscope ; dans d'autres les inoculations ont élé positives : les cobayes ou bien sont morts du fait de la tuberculose expérimentalèment provoquée, où bien, sacrifiés au bout d’un nombre variable de jours, ont été reconnus porteurs de lésions tuberculeuses. |
Mais 1l n'en est pas toujours ainsi. Souvent les plus minulieuses recherches microscopiques, les inoculations répétées restent infructueuses. On ne décèle par ces deux procédés aucun bacille. Ces derniers sont très rares et ce n'est que par hasard qu'ils peuvent se trouver dans le champ de la coupe, où même n'existent plus. Les phagocyles en ont eu raison, etils ne restent plus de l'invasion bacillaire que les lésions qu'elle a produites. C’est sur la constalation de ces dernières que l'on doit alorss'appuyer pour établir le diagnostic étiologique, ainsi que sur l'existence simultanée de la tuberculose dans d’autres
organes.
enore
À ce point de vue, on peut diviser ces observations en deux groupes :
Dans le premier, le diagnostic étiologique est basé sur la constatation du bacille de Koch, dans le second sur l'étude histologique des lésions. Dans le premier groupe, on rencontre beaucoup de formes, représentant des tuberculomes crus ou en voie de fonte, et bon nombre d'abcès froids à évolution rapide. Dans le second groupe se rangeraient plutôt les formes à évolution lente, abcès froids, cirrhoses, kystes tuberculeux et le rhumatisme musculaire tuberculeux. Cela, d’ailleurs, n’a rien d’absolu.
Nous avons vu précédemment que le musele est pour le bacille de Koch un très mauvais milieu de culture, tant par l'activité de sa cireulalion, qui l'entraîne et l’empêche de se fixer à la paroï, que par ses propriétés nocives vis-à vis de lui, et que, de ce fait, la tuberculose primilive du muscle est très rare. Cela amène à se demander pourquoi, dans les quelques cas observés, la conta mination du muscle a pu se produire, ou, pour parler plus clairement encore, quelles ont été les causes prédisposantes.
L'âge des sujets ne paraît pas influer. C'est sur des personnes de 16 à 30 ans environ que cette affection a été le plus souvent constatée. Mais Lantz et de Quervain ont porté le diagnostic de tuberculose primitive du musele chez un enfant de 7 ans, Alglave chez une femme de 62 ans. Toutefois, il apparaît, d’après les observations recueillies, que ni l'enfance ni la vieillesse ne sont bien exposées à la contracter.
Le sexe paraît influer encore moins. Les stalistiques portent sur trop peu de cas pour être coneluantes. Environ 4 hommes atteints pour une femme.
lie
En ce qui concerne la profession, nous ne croyons pas qu'on puisse l'ineriminer. Toutau plus, peut on dire que les professions qui exposent davantage un muscle déterminé à la fatigue ou aux traumatismes sont indirectement prédisposantes.
Cela nous amène à parler des traumatismes, de la fatigue et des infections antérieures, comme pouvant prédisposer un muscle à la tubercuiose.
Pour la fatigne, cela semble ressortir des expériences de Roth. Cet auteur fatigue un muscle déterminé par des excilations électriques répétées. Le muscle s’altère et s'infecte. (A rapprocher des expériences de Schultze sur les ostéo-arthrites tuberculeuses).
Le traumatisme est incriminé par Lejars. Ce dernier fait remarquer que c'est justement les muscles soumis le plus souvent au travail, et au travaille plus pénible, triceps crural el brachial, biceps, grand pectoral, etc., qui sont le plus souvent atteints par la luberculose primitive. [admet que le travail, à part les phénomènes de fatigue, entraine frequemment soit des traumatismes répétés (comme dans le cas de ce soldat'rapporté par Delorme, qui vit un abcès froid se développer dans le grand pectoral au niveau du point de frottement de la courroie du sac), soit les traumatismes accidentels; ruptures fibrillaires. H fait remarquer à l'appui deson opinion, que c’est justement au niveau de Pinsertion des muscles sur les tendons, là où se produisent les arrachements fibrillaires, que siégent le plus souvent les lésions de la tuberculose primilive. Des lésions locales antérieures peuvent jouer le même rôle que le traumatisme, et dans plusiears observalions, on voit un abeès froid, une cirrhose, un kyste se
développer sur un musele atteint précédemment de tuber-
se ES culose primitive. Récidive, ou bien cause prédisposante ? On peut se poser la question.
Enfin, les antécédents héréditaires et personnels du malade sont à considérer. Is préparent, en effet, le terrain sur lequel va éclore le bacille de Koch, et lui ouvrent souvent une voie d'accès.
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