‹ Contribution à l'étude de la tuberculose primitive des muscles striésChapitre 15 sur 48 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Nous avons vu quel était l'agent de la tuberculose primilive du muscle, et étudié par quél mécanisme il produit les lésions caractéristiques de cette affection. ‘Etudions ces lésions.

La tuberculose musculaire peut se présenter soit sous forme d'infectionesubaiguë : en anatomie pathologique nous trouvons alors le {uberculome et plus tard l'abeès froid ou le kyste tuberculeux ; soit sous forme d'infection alténuée : histologiquement nous nous trouvons en présence du nodule tuberculeux au début, plus tard, la cirrhose musculaire ; soit encore sous forme d'intoxication : dans ce cas, il n'y a pas lésion, à proprement parler, car qui dit lésion dit altération définitive du tissu. Or, dans le rhumatisme masculaire tuberculeux, dénominalion classique de lintoxication musculaire, il n'y à jamais d'altérations définitives du muscle, mais de simples troubles passagers dans la circulation et la nutrition de cet

organe.

l. — A) La tuberculose où gomme musculaire se pré-

£ k 4 sente macroscopiquement sous l'aspect d'une tumeur de forme et de volume variables, tantôt unique, tantôt mulüple sur un muscle donné, existant parfois sur plu-

Rte ec

sieurs muscles à la fois. Dans ces deux derniers cas, la gomme est rarement au même stadeévolulif. Sur le même muscle on peut voir des gommes au stade de crudité, d'autres gommes en voie de ramollissement ; d'autres encore totalement ramollies. Elle siège tantôt dans la profondeur des masses charnues, tantôt à leur surface, inmédiatement au-dessous de l'aponévrose.

À la coupe on voit une masse jaune-rosé ou gris-pâle, entourée par une bande de lissu fibreux mal limitée, et dans Pintérieur de cette masse des points ramollis.

L'abeès froid est plus fréquent que la gomme tubereujeuse. Comme elle, il est de Yolame très variable : depuis le volume d’une noisette, jusqu'à pouvoir contenir 250 ce. de pus. La forme varie tout autant. Parfois il est arrondi (muscles plats), d’autres foisilest allongé (muscles longs). Il peut se présenter avec deux cavités communiquant entreelles. I siège à l'intérieur du muscle, oùil est parfois assez nettement limité,ou parfois aussi il diffuse dans tous les interstices conjonctifs. Il siège également à la surface du muscle, et dans certains cas, il perfore l'aponévrose et vient s'ouvrir à l'extérieur par un trajet fistuleux On peut le voir également s'étendre dans les interstices intermuseulaires ; plus rarement jl envahit les tendons et leurs gaines.

Incisé, il laisse couler un pus caractéristique, pus non louable des anciens, séreux, mal lié, grameleux. La quantité de pus est fort variable (250 cc. dans une observation de Grout, quelques cent. cubes. à peine dans nombre d'observations).

À l'intérieur de labeës froid, le pus une fois évacué, on peut constater des fongosités. Mais c’est assez rare, Delorme rapporte un cas, où ces fongosités étaient stabondantes, si exubérantes, qu'avant l'examen histologique, il

SMS croyait à un sarcome et en fit d’ailleurs à tort une forme parenchymateuse. Les parois de la tumeur sont irréoulières, anfractueuses, parfois simplement tomenteuses. On y voit des points ulcérés, vestiges de tubercules ramollis et ouverts dans la cavité centrale.

Autour de cetle paroi, constituée par la membrane pyogénique des anciens, le tissu conjonctif intra-musculaire est blanc grisâtre, épaissi, induré. A l'intérieur de la membrane pyogénique et de la zone d'induration sont des tubercules aux divers stades de leur évolution. Lorsqu'ils sont isolés dans le tissu scléreux, la sclérose est particulièrement intense autour d'eux.

B) Le kyste tuberculeux nous présente le même aspect extérieur que l’abcès froid ; si on lincise, il s'en échappe un liquide citrin, clair comme l’eau de roche et ressemblant à s'y méprendre au liquide du kyste hydatique. Parfois, quelques flocons de fibrine y surnagent. La paroi Llomenteuse esl,point à remarquer,très vascularisée, bien plus que dans labcès froid. C'est la forme la plus rare de myosite tuberculeuse. Nous n’en avons trouvé qu'une seule observation.

La transformation kystique d’un foyer tubereuleux n'est d'ailleurs pas un fait spécial à la tuberculose musculaire. IF s'agit ier d'une loi générale d'évolution possible de ces foyers. Les transformations kystiques d’un abeès tuberculeux, observées par Alglave notamment, ont été bien étudiées en ce qui concerne les abcès froids des parois Thoraciques dans les travaux de Nicaise et la thèse

d'agrégalion de Nélaton.

CG) La cirrhose tuberculeuse du muscle est caractérisée

par linfiltration massive du muscle. Celui ei a perdu sa couleur rouge habituelle : il est jaune clair, jaune rosé,

gris pâle. Sa texture normale a disparu ; on n'y recon-

dé

Page 1