‹ Contribution à l'étude de la tuberculose rénale sans cystiteChapitre 13 sur 28 · SONDE · texte numérisé non relu

SONDE

Comme la tuberculose rénale, c'est une douleur brusque, intense, déchirante, unilatérale, suivant le trajet de l’uretère, s'irradiant vers l’urètre, le testicule (qui se rétracte vers l'anneau inguinal) pouvant s'irradiert aussi dans les cuisses et la région fessière, mais cette douleur est provoquée ou influencée par les mouvements, n'a pas d'irradiations ascendantes et se termine constamment par une abondante miction d'urine claire dans laquelle il est souvent possible de retrouver le ou les calculs (causes des phénomènes observés). Surtout la radiographie seule peut trancher le diagnostic, en pareil Cas

€) La pyelographie et la pyeloscopie pourront révéler l'existence d’une hydro-néphrose inaccessible aux

moyens ordinaires d'investigation.

2° L’Hématurie

La valeur de l'hématurie comme symptôme de la tuberculose rénale se conçoit facilement, tandis que la polyurie, la pyurie ne préoccuperont pas un malade au point d'aller consulter son médecin, les hématuries surtout soudaines et assez copieuses l’effrayeront. Dès Ie début on pourra donc établir son diagnostie en se basant sur l’interrogatoire du malade sur les caractères de l’hémoptysie rénale qu'il a présentée et surtout les moyens d'observation dont on dispose actuellement pour dépister les lésions congestives des tubereules s’établissant dans la région corticale.

Suivant l'importance des hématuries, on comprend

S'ob es

que le diagnostic doit être précoce car, outre les cas d'hématuries abondantes suivies de mort du malade, l’état général du patient s'aggrave forcément et l’expectative trop prolongée en anémiant le malade, le rend moins apte à supporter avec le plus de chances de-succès une opération nécessaire.

Le diagnostic différentiel des différentes sortes d’hématuries est rendu facile en suivant le plan du profes-. seur Guyon, qui range les hématuries en trois groupes :

1 mélange complet du sang et de l'urine.

2° sang survenant après la miction seulemént.

3° grumeaux purulents, striés de sang. À

La deuxième de ces formies s’observe dans la tuberculose vésicale.

La première et la troisième sont particulières à la tuberculose rénale.

1. — Les hématuries d’origine vésicale présentent des caillots volumineux. L'urine a d’ailleurs tous les caractères des urines cystiques : claire après repos, puis visqueux présentant du sang sous forme de filaments.

2. — Les hématuries d’origine prostatiques sont surtout des hématuries du début de la miction comme celles de l’urètre postérieur.

3. Les hématuries d'origine parasitaires causées par la présence de parasites (Trematode Billiarzie Amœæbié urogénitalis) sont décelées par la recherche des œufs de Bilharzie ou des amibes dans les cailots sanguins de l’urine centrifugée. Présence de la Filaria Banerofti (hema-

tochylurie).

d'Anne

4. — Les hématuries lithiasiques peuvent être révélées par les antécédents, l'exacerbation par une marche. La radiographie tranche le diagnostic.

5. — Les hématuries au cours d’une méphrite ou mal de Bright d’après les symptômes même de la maladie. ue présentent pas de difficultés pour le diagnostic.

5° La Pyurie

Les caractères de la pyurie rénale que nous énumérons précédemment le font facilement distinguer de la pyurie cystique.

Le pus cystique est toujours en effet en petite quantité, il est visqueux, glaireux, adhérent aux parois du vase.

Les urines surnageantes ammoniacales ne sont jamais troubles qu'à l'émission. Alles se clarifient par le repos et

on peut les décanter parfaitement limpides.

Ces simples constatations peuvent rendre assez facile le diagnostic dans le cas de pyurie franche, mais les difficultés d'interprétation existent surtout dans les cas d’élimination de petits foyers miliaires caséeux.

La provenance rénale peut alors être établie entre autres moyens par la cystoscopie, le cathétérisme urétéral, l'épreuve des trois verres de Guyon, après lavage de vessie, car de pus en s’accumulant dans le bas fond de la vessie teinte plus franchement le dernier verre.

D'ailleurs, l’indolence à la palpation , à la distension du réservoir vésical, l'absence de lésion de la muqueuse constaté à la eystoscopie font vite écarter un diagnostic

éventuel de eystite.

Lg

Une fois la provenance rénale bien établie, la diffieulté réside dans le diagnostic différentiel entre les différentes affections pouvant donner lieu à cette pyurie.

La pyurie tuberculeuse a comme caractère principal, sa chronicité sans tendance à l'amélioration malgré le repos et les lavages du bassinet au moyen d'une sonde urétérale

Les examens microscopiques, la découverte du bacille de Koch, les inoculation au cobaye, ajoutés à la chronicité et à l'absence de douleur concomitente finissent toujours par éclairer l'esprit du médecin observant chaque jour consciencieusement son malade.

La pyurie de la pyelo-néphrite simple est à distinguer délicatement avec la pyurie tuberculeuse. La chronicité de la suppuration tuberculeuse el son indolence seront les meilleurs signes du diagnostic.

Les épreuves d'examen fonctionnel, clinique, par cathétérisme urétéral facilitent le diagnostic.

Pour la pyurie de la pyelonéphrite calculeuse, on se basera sur l'analyse des urines, les résultats de l'épreuve de la marche, la coexistence de douleurs, et d’hématurie, la présence possible de calculs dans les urines, les antécédents. Enfin la radiographie seule tranchera le

diagnostic.

Recherche du bacille de Koch

La recherche du bacille de Koch dans l'urine est la première investigation à faire. En général les urines ne contiennent aucun autre microbe, et l'absence de toute forme microbienne susceptible d'expliquer la pyurie a une grande importance au point de vue du diagnostic de la tuberculose.

Infiniment important est la présence du bacille de Koch dans les urines pour affirmer le diagnostic de tuberculose rénale. Aussi depuis déjà longtemps s’est-on attaché à trouver des méthodes permettant de déceler le bacille avec le maximum de fréquence.

Les statistiques sont éminemment variables à se sujet Kuster a trouvé le bacille 17 fois sur 104 cas, Israël 61 fois sur 100 cas, Vivied donne une proportion de 80 p. 100 dans sa thèse sur « de la recherche du bacille de Koch ».

Dans nos observations où il a été recherché, nous l’avons trouvé 2 fois sur 4.

Si nous trouvons des bacilles dans l'urine totale nous attendons le cathétérisme urétéral et nous procédons de

la même façon pour le premier centimètre cube d'urine

Page 1