‹ Contribution à l'étude de la tuberculose vésicale et de son traitement chirurgicalChapitre 12 sur 21 · MARCHE · texte numérisé non relu

MARCHE

La durée de laffection est très variable, toutefois, malgré la gravité du pronostic, il faut bien se garder de condamner à brève échéance les malades atteints de tuberculose vésicale. Généralement les lésions évoluent lentement et on a cité des cas où la maladie s’était prolongée au-delà de 15 et 20 ans. Dans le cours de son évolution, l’affection présente des accalmies réelles qui en perpétuent la durée, il y a là comme. une sorte d’arrêt du processus pathologique ou même une véritable rétro- - cession spontanée. La guérison bien que très rare est possible, cependant elle a été observée. |

Dans les formes secondaires de la tuberculose vésicale, la marche est plus rapide et semble singulièrement influencée par l'affection primitive, dont l’évolution est elle-mème accélérée par cette complication. |

Dès que l’appareil urinaire supérieur est atteint, le pronostic devient encore plus sérieux, et le malade ne tarde pas à succomber à l’infection urétéro-rénale, soit bacillaire, soit vulgairement infectieuse. Exceptionnellement, une tuberculose généralisée aux différents viscères

et surtout aux poumons, emporte les malades. Tuffer.

Colas : | 3

Dans l'étude du traitement de la tuberculose vésicale, nous envisagerons successivement le traitement médical et le traitement chirurgical.

1° Traitement médical. — Le traitement médical fut le seul employé jusqu’à ces dernières années. La gravité

des interventions sur les voies urinaires avant les progrès

réalisés tout récemment encore par les chirurgiens mo-

dernes, dans cet ordre d’affections d’une part, la possibi-

lité de la guérison de la tuberculose, et particulièrement

des tuberculoses locales par des médications appropriées,

d’autre part; ces deux raisons avaient fait rejeter toute intervention sanglante comme moyen thérapeutique de cette affection.

D'ailleurs M. le professeur Grancher en montrant que le tubercule loin d’être un néoplasme fatalement destructeur est, au contraire, curable par transformation fibreuse, et que ce phénomène est une loi de son évolution, sem-

blait justifier, par ses travaux sur ce set l'abstention

des chirurgiens.

M. le professeur Guyon, de son côté, reconnaît les bien-

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faits de la médication à l'égard des lésions vésicales qui relèvent de la tuberculose.

« Certes, dit-il, nous ne possédons pas d'agent spécifique directement opposable à la tuberculose ; mais si nous n’avons pas le m'dicament, nous avons la médication ; aussi n’ai-je cessé d'enseigner que la tuberculose de la vessie relève, comme toutes les autres, de cet ensem: ble de moyens hygiéniques et médicamenteux dont les cliniciens ne peuvent malheureusement tout attendre, mais dont l'efficacité, au moins relative, ne saurait faire doute pour aucun observateur. J'ai d’autant plus insisté sur les bénéfices que donnent les médications dans la tuberculose vésicale, que j'ai pu souvent mettre en parallèle linanité ou la nocuité du traitement local le plus méthodique, le plus varié, et la salutaire action du traitement général.

Ma conviction est, à cet égard, très absolue, parce qu’elle a pour base les enseignements journaliers d’une pratique persévérante. » .

D’après M. le Professeur Guyon, le traitement ainsi compris doit avant tout, s’adresser à la diathèse. C'est ainsi que l’on devra tout d’abord augmenter dans la me-

sure du possible la puissance de résistance du sujet en

- activant la nutrition ; dans ce but, on prescrira les fric-

tions sèches ou à l’acool pratiquées sur tout le corps, les bains salés, le séjour à la campagne, les promenades au grand air, le séjour au bord de la mer sur les côtes méditerranéennes de préférence. On ordonniera la suralimen-

tation par tous les moyens possibles ét la médication se

bornera à la prescription journalière d’huile de foie de

morue à haute dose, de solutions arsenicales, de préparations créosotées ou térébenthinées. Le lait devra être administré en grande abondance si le malade peut le supporter.

Les excès de toute nature devront êige proscrits.

Contre l’élément douloureux on ordonnera les calmants ; Popium uni à la belladone a une action sédative remarquable ; les suppositoires renfermant 3 à 10 centigrammes d’iodoforme donnent, dans certains cas, d’excellents résultats. Toutefois, dans maintes circonstances cette médication reste totalement inefficace et le chirurgien ne peut plus se renfermer dans les strictes limites du traitement médical. Dès que la cytiste apparaît avec tout son cortège de phénomènes douloureux, quand l’hématurie par son abondance ou sa ténacité désespérante compromet sérieusement la santé du malade, le traitement chirurgical s'impose.

2° Traitement chkirurgical. — Les différents procédés employés dans la cure de cette affection sont très nombreux, aussinous bornerons-nous à ne signaler que lesprincipaux : | Les lavages de la vessie préconisés par M. le Professeur Guyon ont paru, au début, tout-à-fait rationnels ayant pour but : |

1° D’enlever les produits nuisibles, mucus, pus, sang accumulés dans la vessie ;

2° D’agir d’une manière salutaire sur la muqueuse altérée. e

3 De modifier par leur action topique l’état de cette

‘ muqueuse et d'agir directement sur les surfaces ulcérées .

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