‹ Contribution à l'étude de la tuberculose vésicale et de son traitement chirurgicalChapitre 16 sur 21 · SOU ES · texte numérisé non relu

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Malheureusement cette médication échoue assez souvent et en dépit des lavages et des instillations et du traitement général le processus pathologique poursuit son évolution destructive. Les douleurs deviennent intolérables, les mictions incessantes, l’hématurie a une persistante désespérante et par son abondance compromet dans certains cas les jours du malade. |

En présence de cette aggravation de symptômes, on ne doit plus hésiter, ilfaut recourir à l’intervention sanglante qui est seule capable d’atténuer les phénomènes graves qui décident le malade à s'adresser au chirurgien.

M. le Professeur Guyon tout en reconnaissant que les tuberculeux urinaires se trouveront toujours bien de fuir les chirurgienset de se confier aux médecins, avoue pourtant la nécessité dans certains cas de prétendre à une action plus complète, plus radicale.

C’est surtout l’élément douloureux qui détermine le chirurgien à agir et, en 1888, M. le Professeur Guyon déclare avoir été obligé d'intervenir six fois pour combattre la souffrance. dis

M. le docteur Hartmann dans une remarquable thèse sur les cystites douloureuses (Paris, 1887) montre les excellents résultats qu’on peut obtenir de l’intervention sanglante qui est absolument indiquée dans ces variétés de cystite. à

Voici comment, habituellement l’on procède :

Lorsque le diagnostic de tuberculose vésicale est bien établi par l’examen clinique et le contrôle bactériologique, lorsque le cystoscope a montré l’étendue et le siège des lésions, on pratique la taille hypogastrique, dite de Franco, pour mettre à nu et ouvrir largement la vessie.

La région sus-pubienne rasée et aseptisée, le malade endormi est placé dans le décubitus dorsal sur le plan incliné de Trendelenburg, les cuisses écartées légèrement. Une sonde métallique est introduite dans la vessie et un ballon de Pétersen est placé dans le rectum. On distend le ballon avec de l'air ou de l’eau jusqu’à une capacité de 300 grammes pour un adulte.

La vessie est lavée à l’eau bouillie, puis distendue par. de l’eau boriquée jusqu'à tension manifeste de ses parois. On ferme la sonde pour empêcher le liquide vésical de sortir.

Incision sur la ligne médiane de 8 à 10 centimètres; - son extrémité inférieure tombe sur la symphyse pubien-

ne ; on incise successivement la peau, le tissu cellulaire sous-cutané, l’aponévrose ; on tombe dans l’intervalle des

2 muscles pyramidaux, on incise l’aponévrose sous-jacente et l’on arrive sur la graisse prévésicale. On écarte les lèvres de la plaie et avec le doigt on repousse de bas en haut la graisse sous-péritonéale de façon à refouler en haut le cul-de-sac péritonéal et à mettre à nu la face antérieure de la vessie.

-__ On saisit la paroi vésicale avec deux pinces de Kocher placées près l’une de l’autre et on ponctionne avec le bistouri. On fait ensuite une incision de 4, 5 ou 6 centimè-

tres.

La vessie ouverte est attirée vers les lèvres de la plaie abdominale au moyen d’un fil de soie passé dans chaque lèvre de l’incision vésicale. Ces fils suspendent en quelque sorte le réservoir vésical et l’amènent au contact de la paroi abdominale, On confie les fils suspenseurs à des aides qui les attirent au dehors.

La vessie ainsi largement ouverte et attirée en avaut peut être facilement explorée sur toute sa surface interne sur laquelle on peut dès lors agir directeme 11.

Stone préconise la taille périnéale pour aborder la vessie.

A M. le Professeur Guyon revient l’honneur d’avoir

| pratiqué des premiers avec succès les tentatives de la cure radicale dans la tuberculose vésicale. Il pratique un curettage minutieux des surfaces ulcérées et de la muqueuse infiltrée de granulations, puis cautérise au thermo-cautère la surface de la muqueuse cruentée. On nettoie ensuite là plaie par des lavages répétés à l’eau boriquée tiède et on saupoudre légèrement de poudre d'iodoforme.

M. Professeur Guyon préfère la suture partielle de la vessie à la suture totale, car elle permet de drainer l'organe. Le ballon rectal vidé est extrait. Deux tubes en caoutchouc accolés l’un à l’autre et percés d’un œil laté- RS ral sont placés dans le bas-fond, puis fixés par un point de suture à la paroi de la vessie. La plaie vésicale est alors fermée au-dessus et au-dessous des tubes par des points de catqut séparés ; de même on suture séparément les muscles et la peau, en laissant une issue pour les drains. On applique enfin un pansement iodoformé ouaté.

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