OBSERVATIONS
Cbsertvation I (personnelle).
Recueillie dans le service de M. le professeur Duplay. Salle Saint-Jean. Lit ne 2.
. BP... M... âgée de 39 ans. Cuisinière. Entrée le 24 novembre
Antécédents héréditaires. — Le père et la mère de la malade sont tous deux bien portants.
Antécédents personnels. — Réglée à 12 ans, régulièrement. Du-
rée des menstrues, 4 jours. Pas de douleur au moment des
règles.
Mariée à 18 ans, elle a eu 8 enfants dont sept sont morts quelques jours après leur naissance ; les renseignements fournis à ce sujet par la malade ne permettent pas de déterminer la cause de ces morts successives. Le dernier enfant qu'elle a eu en 1888, est venu mort-né.
Depuis 3 ans, elle se plaint de pertes blanches et ses règles reviennent toutes les 3 semaines, diminuant à chaque fois.
En février 1897, ia malade s'aperçoit que ses urines sont tein-
Colas : À
tées en rouge leur coloration rouge s'accentue de plus en plus au point qu'elles deviennent très nettement sanguinolentes.
A ce moment, elle est prise de besoins fréquents et impérieux d'uriner au point qu'il lui est complètement impossible de se retenir. La pollakiurie est telle qu’elle urine jusqu’à 16 et 18 fois dans la journée et 10 à 12 fois pendant la nuit. À mesure que les urines deviennent plus colorées le ténesme vésical semble s’atténuer et la malade n’urine plus que 5 à 6 fois par jour.
La malade néanmoins a pu continuer son travail journalier ne souffrant pas dans la région vésicale.
Dans le courant du mois de novembre dernier, elle fut prise de douleurs assez vives dans les lombes irradiant vers le basventre et les urines ; à ce moment, les urines présentaient une coloration rouge foncé et laissaient précipiter au fond du vase par le repos, un dépôt rouge noirâtre que le médecin consulté déclara être un mélange de pus et de sang, Er
Le 24 novembre 1897; elle entre à l'Hôtel-Dieu, salle Saint-Jean. L'état général est assez satisfaisant ; il n'y a pas de fièvre.
Examen. —Vessie souple et mobile bien sentie par 1e toucher vaginal combiné au palper abdominal. A gauche, elle est douloureuse à la moindre pression et présente de ce côté, un épaississement assez notable plus marqué qu'à droite.
Le toucher vaginal ne permet pas de constater d’adhérence des tissus mous périphériques, mais la main abdominale perçoit dans la région hypogastrique un épaississement très net.
Le 18 décembre M. le Dr Clado pratique la cystotomie suspubienne. Anesthésie générale de la malade à l’éther ; on la place dans la position de Tredelenbourg. Après une asepsie complète de la région hypogastrique, on pratique une incision
médiane de 0,06 centimètres environ s’arrêlant au pubis. -