‹ Contribution à l'étude de la Typhose SyphilitiqueChapitre 34 sur 37 · FT PE · texte numérisé non relu

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deux jours des accidents fébriles intenses. Elle avait été prise subitement de frissons violents, de céphalalgie très forte, d’insomnie, de prostration complète. Le soir de son entrée la fièvre existait encore intense, accompagnée d’un mal de tête des plus violents. Le lendemain matin l’état fébrile s'était un peu modifié: la température était tombée de 39°%5 à 37°4. « Cependant, dit Bucquoy, les phénomènes du début m’avaient fait redouter une affection fébrile grave, une fièvre continue probable, je cherchais du côté de l'abdomen les symptômes de la fièvre typhoïde, quoique la chute de la température fut peu favorable à ce diagnostie, et je fus fort étonné de rencontrer, au lieu des taches rosées lenticulaires, une roséole disséminée sur le tronc et l’abdomen ; je demandai immédiatement des renseignements sur une syphilis antérieure, et j’en reçus qui n'étaient pas douteux. En elfet, cette jeune fille avait contracté un chancre six semaines auparavant : on en voyait encore les traces sur la région gauche de la vulve, et l'adénite inguinale existait encore. S'inquiétant de ces accidents la jeune malade était entrée dans le service de M. Fournier où elle était restée huit jours. Mais le chancre s'était élargi elle avait fait un second séjour de 8 jours chez M. Fournier et y avait commencé un traitement mercuriel. C’est deux jours après sa sortie de Saint-Louis qu’elle avait été prise soudain des accidents fébriles qui l'avaient amenée dans notre service.

Nous avions donc bien le droit de dire qu'il s'agissait d’une Bièvre syphilitique, la marche de la fièvre ayant encore été caractéristique ». La lièvre dura sept jours oscillant entre 38°7 et 38° pour retomber au 7° jour à 37°. En même temps que la fièvre les symptômes d’une affection fébrile ordinaire persistaient avec intensité : perte de l'appétit, constipation, langue blanche, étalée, et surtout céphalée opiniâtre, insomnie, lassitude générale « tous symptômes, ajoute Bucquoy, qui nous autorisait facilement, si on avail méconnu la roséole, à les rapporter à une simple fièvre synoque ou catarrhale ».

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Dans la 2° observation de Bucquoy il s’agit d’un garçon tonnelier âgé de 20 ans, qui avait été reçu à l'hôpital du Midi, le 6 février pour un chancre contracté au début de ce mois. Le 25 février il avait commencé à être pris d'accidents lébriles particuliers, fatigue insolite, vertiges, étourdissements, céphalée, douleurs de ventre localisées au côté droit de l'abdomen.

Il fut évacué le 11 mars dans le service de Bucquoy. « Le 12, rapporte Bucquoy, je fus frappé de son état d’abattement, de sa mauvaise mine ; la température 39°1, la fréquence du pouls, la langue sale et sèche, les lèvres fuligineuses lui donnaient complètement l'aspect d’un malade atteint de fièvre typhoïde de moyenne intensité. Le gargouillement existait dans la fosse iliaque droite : je le découvris pour rechercher les taches rosées, et je constatai une éruption des plus abondantes ; toute la surface du tronc et de l'abdomen, la racine des membres, étaient le siège d’une éruption presque confluente de papules très abondantes. Etait-ce là une éruption typhique ? C’étaient bien des papules avec coloration plus intense que dans les cas ordinaires, une saillie plus prononcée et une abondance extrême, que l’on ne rencontre pas häbituellement dans la fièvre typhoïde. Mais dès que j'appris l’histoire de ce malade il fallut poser nettement la question et me demander si c'était de la syphilis ou de la fièvre typhoïde ?

Il y avait bien de la constipation, mais si l’on examinait le début de la maladie, sa marche, son apparition chez un sujet venu à Paris depuis deux ans, la douleur abdominale, la courbature, la lassitude générale, tout cela autorisait le diagnostic de fièvre typhoïde.

D'autre part on pouvait le combattre en disant qu’il n'y avait pas eu d’épistaxis, pas de diarrhée, pas de râles dans la poitrine; que l’éruption était très abondante, avec saillie très considérable des papules, et coloration plus marquée que celle des taches rosées ; celles de coloration rose plus tendre s’elfaçaient pourtant sous le doigt ».

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