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La marche de la maladie devait en imposer pour une fièvre continue : la défervescence commencée vers le 15° jour était complète, après quelques oscillations, vers le 21° jour. Le malade entra en convalescence comme y entre un typhique, sans avoir présenté cet état adynamique qui se prolonge après une fièvre syphilitique.
Des sudamina avaient été constatés vers le 15° jour comme dans la fièvre typhoïde.
Bournoville rapporte dans sa thèse (page 69) trois observations du Docteur E. Gaucher, médecin des Hôpitaux.
La 1'° concerne un jeune homme de 23 ans, qui avait été reçu au mois d'août 1881 dans le service de Bucquoy, avec le diagnostic probable de fièvre typhoïde.
Depuis 8 jours environ il présentait de la céphalalgie, de la diarrhée, de la stupeur, de l’insomnie avec subdélire nocturne ; la langue était saburrale : il y avait de la fièvre avec exacerbation vespérale.
En examinant le malade on découvrit une roséole discrète sur le tronc et l'abdomen et un chancre en voie de cicatrisation sur le gland. Il n’y avait ni épistaxis, ni bronchite, mais un peu de ballonnement du ventre.
Le malade fut mis au traitement spécifique et les phénomènes typhoïdes disparurent,.
La 2° observation est celle d’un homme de 30 ans, qui présentait à peu près les mêmes symptômes que le précédent : céphalalgie, langue sale, fièvre avec exacerbation vespérale, diarrhée, agitation, délire nocturne, ballonnement du ventre. On diagnostique d’abord une fièvre typhoïde, d'autant plus que le ventre présentait quelques macules rosées, qu'un examen plus appro-
LR NDS fondi fit reconnaître comme un début de roséole syphilitique. Le malade avait, en effet, sur le pénis, un large chancre recouvert d'une croute noirâtre et accompagné d’un engorgement ganglionpaire inguinal.
Le traitement spécifique eut promptement raison de ces accidents d’aspect typhoïde.
La 3° enfin concerne une femme de 27 ans, qui présentait depuis une quinzaine de jours une céphalalgie violente avec stupeur, agitation et délire nocturne. La fièvre était continue, la température irrégulière atteignait parfois 40°. 11 y avait des alternatives de diarrhée et de constipation, du ballonnement du ventre, mais pas d’épistaxis, pas de bronchite, aucun râle dans la poitrine et cependant de la dyspnée.
Le médecin traitant hésitait entre une fièvre typhoïde et une granulie, en penchant vers ce dernier diagnostic, car le père de la malade était mort de la poitrine.
« J'hésitai moi-même assez longtemps, dit Gaucher, quand en examinant avec soin tout le corps, Je découvris au-dessus du coude gauche deux papules squameuses, cuivrées, dont la nature spécifique me semblait évidente ; mon çonfrère partagea mon opinion et, sans faire aucune question à la malade, je prescrivis des pilules de Dupuytren et liodure de sodium à deux grammes par jour.
Huit jours après, cette femme était guérie, et au bout de 15 jours, elle venait chez moi me remercier ! Mais, pendant la maladie, le pharmacien indiscret avait parlé du traitement mercuriel, la famille interrogea le mari qui avoua effectivement avoir contracté récemment la syphilis et l'avoir communiquée à sa femme ».
Le Docteur E. Leblond (in thèse de Bournoville, p. 71) rapporte l’histoire d’un malade âgé de 28 ans qui, ayant contracté la syphilis au mois de janvier 1884, présenta quatre semaines