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après le début du chancre une inappétence absolue, un état
saburral des voies digestives, des nausées et une diarrhée légère :
la température était de 38°5, le malade se plaignait de céphalalgie
intense, de courbature généralisée, mais il n’existait pas de dou-
leurs dans la fosse cardiaque, Le soir la température était de 39° dans l’aisselle,
« En présence de tels symptômes, dit Leblond, je crus avoir affaire à une fièvre typhoïde, lorsque mettant à nu la poitrine, je découvris quelques taches rosées : il y en avait aussi quelquesunes sur les cuisses et sur le ventre. La fièvre, qui s’était maintenue le lendemain à 38° le matin et à 39° le soir, tomba définitivement au 5° jour. :
La roséole pendant ce temps s'était accusée de plus et avait gagné la face : dès ce moment j’administrai des pilules de 0 gr. 10 centigr. de tannate de Hg. : pendant 8 jours il en prit 2 et ensuite 3 dans les 24 heures. La roséole disparut en 12 jours, et je ne saurais attribuer cette fièvre, qui dura environ 7 jours, qu’à l’éruption qui se faisait en ce moment ».
M. Tessier (in thèse de Bournoville, p. 73) cite l'observation d’un employé de théâtre, âgé de 32 ans, qui entre le 15 aout 1886 à l'hôpital Bichat : depuis un mois environ il ressentait des malaises, des douleurs vagues dans les jambes, de la céphalée surtout nocturne et de l’insomnie.
À son entrée la langue est sale, saburrale ; le ventre légèrement ballonné, mais non douloureux et sans gargouillement dans la fosse iliaque droite ; la rate n’est pas perceptible à la percussion ; il existe de la diarrhée, pas d’épistaxis ; état d’affaissement ; rien aux autres appareils. Le pouls est régulier, dépressible, bat à 90 ; température du soir 39°5 : pas de taches rosées à ce moment.
Le 17 août persistance des mêmes symptômes, mais on constate en plus, sur la partie inférieure du thorax, plusieurs petites taches
BAR Tr) MER
érythémateuses, arrondies, du diamètre d’une lentille et ressemblant plutôt à une roséole éruptive qu’à une éruption vraie.
Le lendemain l'éruption se “généralise, devient légèrement papuleuse, s’effaçant moins bien sous le doigt. Interrogé au point de vue de la syphilis, le malade déclare avoir eu, il y a 2 mois, une légère ulcération sur le prépuce. La palpation de ce point y montre de l’induration, quelques ganglions tuméfiés, indolores, roulant sur le doigt dans l’aine gauche. Traitement spécifique. T. : matin 38°2 ; soir 39°.
Les jours suivants les symptômes ne tardent pas à s’amender, la céphalée est moins intense, l’état général meilleur le 23 août la fièvre est complètement tombée ».
Morin (Thèse Paris, 1888) décrit l’histoire d’une malade âgée de 21 ans, couturière, qui présentait sur tout le corps, la face et particulièrement sur le front, une éruption généralisée polymorphe simulant la variole et l’érythème polymorphe.
M. Fournier pensa d’abord à la variole : la malade en effet était atteinte d’une fièvre intense, la peau était brûlante, le pouls rapide, le facies tiré, l’air hébété ; la langue était grisàtre, rouge
sur les bords ; l’inappétence était absolue ; enfin la malade accu-
sait une céphalalgie intense. En découvrant le tronc, l’éruption diffuse change de caractère : elle est papuleuse en certains points, papulo-squameuse en d’autres, de couleur cuivrée sur le ventre. Dans l’aine gauche on trouve un volumineux ganglion qui met sur la voie du diagnostic : à l'examen des parties génitales on remarque l'existence de syphilides ulcéreuses au niveau des petites lèvres et d’un chancre de l’étendue d’une pièce de 1 franc au niveau de la commissure inférieure.
Le lendemain persistance des mêmes symptômes : céphalalgie, inappétence, insomnie, langue saburrale, prostration, pas de diarrhée, ni d’épistaxis, ni de vomissements, fièvre à 395, pouls à 96.
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Le traitement spécifique est institué.
Quatre jours après, le 17 janvier, l’éruption s’est totalement modifiée, l'état général s’est considérablement amélioré, la céphalalgie a diminué.
Le 25 janvier la malade sort ; la fièvre est complètement tombée.
Le Docteur Lapervenche (in thèse Bournoville, p. 76) rapporte l'observation d’une malade qui présenta en juin 1887, sans prodromes apparents, un état fébrile intense (T. axillaire 40°): le pouls, régulier était un peu rapide ; la malade, couchée sur Je dos, est dans un état de prostration complète, se plaint de céphalalgie interne. On se demande si on a affaire à un embarras gastrique fébrile ou à un début de fièvre typhoïde : cependant il n'y a pas eu d’épistaxis, ni de gargouillement ni de douleur dans la fosse iliaque, pas de diarrhée, pas d'état saburral très net.
On la met au traitement rationnel avec sulfate de quinine, mais au bout de 5 à 6 jours il n’y avait aucune modification dans l’état général.
À ce moment un examen approfondi de l’abdomen pratiqué pour rechercher des taches, fait découvrir dans les aines une chaine ganglionnaire très accentuée qui éveille l’idée de syphilis. Bien que la malade ne puisse donner aucun renseignement à ce sujet et qu’on ne trouve aucune cicatrice de chancre sur les parties génitales on fait à la malade des injections sous-cutanées de peptonate mercurique.
Deux jours après l'apparition d’une roséole confluente et de syphilides buccales venaient confirmer le diagnostic de fièvre Syphilitique.
Le 6° jour du traitement spécifique la fièvre disparait complètement et avec elle la céphalalgie et les étourdissements. |
ÉRATOU LES
Citons enfin pour terminer les deux observations de M. Carrière rapportées dans la thèse de Bournoville (pages 78 à 87).
La 1° est celle d’un homme de 25 ans, menuisier, qui depuis 15 à 20 jours éprouve des douleurs, des malaises généraux, le soir il a de la fièvre ; il est fatigué, incapable de travailler.
Deux jours avant son entrée à l'hôpital il a des frissons, une céphalée violente, de la rachialgie, des épistaxis, des vertiges et de la prostration : un médecin aurait trouvé une température de 385. Le lendemain mêmes signes avec bourdonnements d'oreilles, insomnie, bouche pâteuse, amère, langue saburrale, ventre douloureux, température 39°4 : la fosse iliaque droite douloureuse présente un gargouillement. La diarrhée est liquide, copieuse, glaireuse, d’odeur fétide : au moyen des cultures classiques on y trouve du coli-bacille presque pur. La rate est hypertrophiée et douloureuse, le foie volumineux. Le pouls est à 140, dicrote.
La prostration est complète : le malade répond à peine, il marmotte. La parole est trémulante et on peut constater de la carphologie et des soubresauts.
La céphalée est très.intense, surtout nocturne, l’insomnie est
-absolue. Il existe de nombreuses taches rosées sur l’abdomen,
sans relief, s'effaçant à La pression ; température 40°2 ; on pense à une fièvre typhoïde.
L'examen et l’ensemencement après ponction de la rate restent négatifs, le séro-diagnostic est également négatif. La température se maintient à 40. Le lendemain 31 août même état, séro-diagnostic toujours négatif, mais on remarque sur le corps lapparition
- d'une éruption abondante, formée de papules très foncées à
teinte cuivrée.
« Je pense dit M. Carrière, à la {yphose syphilitique et me mets à rechercher les signes de la vérole.
« Je découvre sur le gland une petite cicatrice un coup d’ongjle,
ÉÉFONEE
foncée, dure ; de plus le malade a eu mal à la gorge depuis 15 jours. Je trouve ensuite des adénopathies à la région-cervicale postérieure, à l’aine avec un gros ganglion médian et au niveau de lPépitrochlée ».
Letraitement mercuriel estinstitué (Frictions mercurielles6 gr.): le 1°’ septembre la température tombe à 38°2, le pouls à 75, le malade se sent mieux. bien que la céphalée persiste, la diarrhée est moins copieuse. Les jours suivants le mieux continue, l’état typhique disparait, la fièvre est complètement tombée le 4 septembre. |
Le 15 septembre le malade sort complètement guéri des acci- . dents typhiques : le séro-diagnostic est resté négatif.
La 2° observation de M. Carrière est celle d’un homme, alcoolique qui depuis quinze jours se plaignait de céphalée, d’insomnie, d’asthénie, d’épuisement. Il présentait en outre, quelques jours avant son entrée, des frissons, une fièvre élevée, des vertiges, de la rachialgie, puis la diarrhée et les épistaxis avaient fait leur apparition. Le 23 août à son entrée dans le service du Professeur Lemoine on constate sur les membres inférieurs une éruption formée de plaques arrondies, confluentes squameuses, disparaissant par la pression, sudation abondante, température à 40°, anorexie absolue, soif vive, selles liquides, glaireuses, très fétides. La langue est saburrale, humide, la gorge rouge. La céphalalgie est intense, l’insomnie absolue. L’abdomen est volumineux, la fosse iliaque droite douloureuse présente du gargouillement.
Les sueurs sont abondantes et on découvre sur l’abdomen de nombreuses taches rosées lenticulaires.
« J’interroge minutieusement le malade, dit M. Carrière; il attribue son éruption à un bain de potasse et de farine de moutarde très chaud, pris il y a quinze jours. J’insiste : il avoue avoir eu des maux de gorges, il perd ses cheveux, ses sourcils. Je sens nettement des adénopathies à l’aine, au creux axillaire, à l’épitrochlée, à la région cervicale postérieure. Le malade avoue
qu’une plaque de tolle lui est tombée sur la verge. J’envoie quérir Tavernier : à ce nom il avoue qu'il connaît celui-ci et a été soi- T0 gné par lui. Tavernier dit en effet avoir découvert sur le gland | du malade un chancre dont il ne reste plus de trace. Ceci se passait il y a trois semaines ». |
Un séro-diagnostic pratiqué le 24 août reste négatif, état sta-
tionnaire.
À Le 25 août une amélioration légère se produit: la température & tombe à 38°, le pouls à 75, le malade a moins de prostration,
mais les autres symptômes persistent: le séro-diagnostic est toujours négatif. Les jours suivants l'amélioration se confirme et le malade sort guéri le 31 août, n'ayant jamais présenté de sérodiagnostic positif. :