TENEUR DU SÉRUM DU SUJET EN ANTITOXINE PAR CENTIMÊTRE CUBE
Moins de De r/30 Au-dessus De 1/10 Plus de Méthode 1/30 à 1/10 de 1/10 à 1 unité 1 unité de vaëcination employée d'unité % d'unité% d'unité # % %
Anatoxine à 10 unités:
3 injections : 30 uni-
tés anatoxiques.... 5 15 80 Anatoxine à 16 unités:
8injections: 64 uni-
tés (Rep) ere 0 101 92,63 44,28 48,35 Vaccination associée,
anatoxine à 15 uni-
tés : 2 injections
80 unités (Vincen-
Dés) LPS UNE PA 5 95 85 60
Nous voyons que la vaccination associée avec 2 injections d’anatoxine, même lorsque celle-ci ne titrait que 15 unités, est supérieure dans ses effets immunisants à la vaccination par l’anatoxine à plus faible teneur utilisée seule, même à égalité d'unités anatoxiques injectées; qu’elle est même susceptible de déterminer la production d’une immunité plus solide avec 30 unités qu’une toxine de teneur un peu plus élevée avec 64 unités, qu’enfin par cette méthode 100 pour 100 des sujets avaient dans leur sérum plus d'un trentième d’unité antitoxique, donc étaient immunisés contre la diphtérie.
lie
Pratiquement ce taux de 100 pour 100 d’immunisés n’est pas tout à fait atteint ainsi qu'on pourrait le croire en lisant ce tableau ou en étudiant certains cas rapportés par Ramon et Zoeller ou Martin, Loiseau et Laffaille.
On ne peut même pas toujours être sûr d’obtenir 99,7 % de sujets immunisés comme dans le cas du neuvième Cuirassiers à Lyon cité par Meerseman.
En fait, peu de sujets vaccinés contractent la diphtérie puisque d’après les statistiques de M. le médecin général inspecteur Dopter, avant octobre 1932, c’està-dire au moment de l'emploi de l’anatoxine à 10 unités, 20 hommes contractent la diphtérie sur 15.126 vaccinés, ce qui fait un taux de 1,32 %,,; d'octobre 1992 à octobre 1933, on utilise l’anatoxine à 15 unités etil n’y a plus que 19 cas de diphtérie sur un effectif approximatif de 30.000 vaccinés, dont 0,63 %, enfin d'octobre 1933 à octobre 1934, l’anatoxine utilisée titre 20 unités, il n’y a plus que 15 cas de diphtérie sur un effectif approximatif de 32.000 vaccinés, soit 9,46 %o- La comparaison de ces moyennes nous montre une fois de plus l'intérêt présenté par l'emploi des anatoxines « renforcées » el celui de la méthode des vaccinations à 2 injections, surtout si on note qu'à ce moment la morbidité diphtérique s’élevait encore à 6,96 %o. Mais nous devons également en conclure qu’un homme qui a reçu de façon correcte ses deux doses de vaccin peut contracter la diphtérie, extrêmement rarement en vérité, mais dans 0,46 %, des cas
environ.
RP
Ceci est ennuyeux, mais non étonnant, si On considère l'existence bien connue des « anergiques constitutionnels ».
C’est un fait établi que certains sujets contractent deux ou même trois fois certaines maladies réputées immunisantes par une première atteinte.
Si nous considérons le cas rapporté par Bidault ou mieux encore le cas de ce soldat du soiïxante-quinzième Régiment d'artillerie à Lyon qui contracte la diphtérie en novembre 1931, juste après avoir reçu la première injection de vaccin, part en convalescence, rentre au corps en janvier 1932 et contracte une seconde fois la diphtérie en avril 1932 à l’arrivée du contingent, nous sommes obligés à dire que certains sujets n’arrivent pas à s’immuniser contre la diphténee
Il est à peu près sûr, a priori, que de semblables sujets ne sauraient acquérir l’immunité avec des doses normales de vaccin et alors, lorsqu'ils seront en contact avec le bacille de Loffler, ils feront une diphtérie et on dira « diphtérie chez un vacciné ».
En fait, il n’existe pas de diphtérie chez les sujets « biologiquement vaccinés ». Ce sont alors les « diphtéries minima » que l’on peut observer. Il y a anergie locale.
Ces cas de diphtérie se présentent de façons très variables.
Dans limmense majorité des cas, ces manifestations à bacilles de Lôffler sont très bénignes : simple coryza séro-sanguinolent, sans température et sans
NO) ee
angine ou bien angine rouge d’apparence banale.
Parfois, allure d’angine herpétique ou surtout d’angine pultacée dont seul l'examen bactériologique révèle la nature et qui ne se distingue de l’angine banale chez un porteur de germe que par sa plus longue durée et par son retentissement plus accusé sur l'état général et puis, l’angine finie, le sujet qui n’était pas au préalable porteur de germes n’en conserve que très rarement.
C’est très rarement qu’on trouve chez le sujet ayant reçu du vaccin, l’angine diphtérique banale moyenne, encore les fausses membranes sont-elles peu épaisses, pas très adhérentes, sans grosse atteinte ganglionnaire concomittante et sans grande poussée fébrile. Ces angines guérissent sans sérum ou avec des doses minimes.
C’est de façon absolument exceptionnelle — quelques cas dans la littérature médicale — qu’on observe chez ces sujets des formes graves de diphtérie et il faut noter avec Mlle Fayot que ces formes malignes, ou plus exactement submalignes, tournent court le plus souvent et guérissent contre toute attente.
L'époque d’éclosion de ces diphtéries ne semble pas être en rapport avec l’époque à laquelle a été pratiquée la vaccination.
Ce caractère de bénignité avait conduit, dès 1928, Ramon, à penser qu'il s’agissait d’angines chez des, porteurs de germes, mais il ne fournissait aucune
preuve à l'appui de sa thèse.
DS (c7
Dès 1929, Lereboullet et Gournay, puis Martin, Loiseau-Lafaille et Weill-Hallé eurent l’idée de pratiquer la réactian de Schick chez les sujets porteurs d'angines avec bacilles de Lôffler, estimant que, vu la rareté des cas de diphtérie où le sérum contenait plus de 1/30 d'unité antitoxique et où le Schick était négatif, on pourrait ainsi discriminer les angines diphtériques vraies des autres.
Ceci permit aux deux premiers d'éliminer deux angines de Vincent chez des porteurs de germes du cadre des « diphtéries chez des vaccinés ».
Zingher, dans un tout autre but, montrait en juillet 1914, que la réaction de Schick faite en même temps que l'injection de 100 unités de sérum antidiphtérique en injection sous-cutanée n’était nullement gênée dans son apparition et qu’en injectant 20.000 unités de sérum par cette voie il suffisait de faire la réaction de Schick six heures avant pour qu’elle apparaisse. Ceci permet donc en présence de toute angine suspecte de faire une intra. dermoréaction de Schick, et de commencer la sérothérapie quitte à s'arrêter si la réaction de Schick est négative, et par ce moyen on aura beaucoup moins de « diphtéries chez des vaccinés ».
À l’instigation de M. le médecin général inspecteur Dopter des réactions de Schick ont été faites chez des sujets considérés comme diphtériques ; voici quelques résultats qu’il a bien voulu nous communiquer : Chez 144 sujets chez lesquels le laboratoire avait décelé la présence de bacille de Lôffler, et qui avaient
oO 2:
été étiquetés « diphtériques », la réaction de Schick a été pratiquée.
Elle à permis de confirmer ce diagnostic dans 25 cas seulement qui se répartissent de la façon suivante :
10 cas de diphtérie survenue chez des vaccinés.
15 cas de diphtérie survenue chez des non-vaccinés.
Les autres malades n’étaient (en raison du Schick trouvé négatif au moment de leur hospitalisation, et recherché avant la sérothérapie, ou sans que le sérum ait été injecté) que des porteurs de germes chez lesquels était survenue une angine banale, soient :
06 porteurs qui n’avaient pas été vaccinés et
63 porteurs qui avaient été vaccinés.
Sandras, Le Mer et Chanzy rapportent des faits analogues : à l’occasion de 12 cas de diphtérie — sur 16 atteintes de sujets à Schick négatif, en 1933 — ils ont pu pratiquer une nouvelle réaction de Schick de contrôle pendant l’hospitalisation : 7 d’entre elles se maintinrent négatives et malgré l’aspect diphtéroïde . de l’exsudat amygdalien ils concluent à l’existence d’angines banales chez des porteurs de bacilles de Lôeffler et non à des diphtéries vraies.
Il ést regrettable que ceux qui se sont attachés à publier des cas de « diphtérie chez des vaccinés » se soient abstenus d’en faire la preuve de cette façon ; la plupart se sont contentés des renseignements fournis par la clinique, d’autres, assez nombreux d’ailleurs, ont recherché le bacille de Lôüffler, mais c’est excep- . tionnellement qu'ont été pratiqués l’intradermo-