ONE TT EC
cutives à cette opération, telles que fractures du bras, de la clavicule r'éter.:
Citons encore, parmi les contemporains, comme partisans du forceps : Bumm, BoriNsky, LonGakEr. Ce dernier auteur
ne fait la version que dans le cas de procidence du cordon.
CHARPENTIER, dans la dernière édition de son Traité d'accouchement, 1890, après avoir cité tout au long les expériences de Budin et l'opinion des différents auteurs, termine ainsi :
« Donc il résulte des faits de Milne, de Goodell, des expériences de Duncan, de Budin et de Champetier de Ribes que :
« 1° Toutes les fois que l'enfant sera avant terme, la force » à déployer pour lui faire franchir le rétrécissement sera » moindre quand il se présentera par l'extrémité pelvienne » que quand il se présentera par l'extrémité céphalique.
» 20 Toutes les fois que l'enfant sera à ferme, la force à » déployer sera plus considérable et les lésions du fœtus plus » sérieuses lorsqu'il se présentera par l'extrémité pelvienne, » que quand ce sera la tête qui se présentera au détroit » supérieur.
» La conclusion à tirer s'impose donc pour ainsi dire » d'elle-même : Enfant avant terme, version. Enfant à terme, » forceps. (Charpentier traité- d'accouchement 2° édit. t. IL. Ps to7).
BourcarT (thèse de Genève, 1892) passe en revue avec grand soin, l'opinion des principaux auteurs et résume les travaux sur le forceps et la version dans les bassins rétrécis. Il conclut en faveur de cette dernière opération, suivant le précepte de son maître, le D' JENTZER, toutes
les fois où elle est encore applicable: cest-à-dire lorsque la
PE ee
tête n'est pas fortement fixée et engagée, et lorsqu'il n'y a pas de contre-indication du côté de l'utérus (rétraction de
l'utérus, hyperextension du segment inférieur, etc.)
Il rapporte $s1 cas de version et 27 cas de forceps, et après avoir longuement discuté ses statistiques, il démontre que les dangers de la version sont moindres que ceux occasionnés par le forceps et conclut en ces termes :
« Il vaut donc mieux, lorsque trois ou quatre heures » après la dilatation de l'orifice utérin, la tête n'est pas » engagée ou que l'anamnèse pousse à intervenir, profiter » du moment favorable et faire une bonne version. Je dis profiter » du moment favorable, car ce moment ne dure pas toujours
très longtemps, et malheur à qui le laisse passer ! »
Jusqu'en 1891, le professeur ,Pinard et ses élèves sont partisans de l'application de forceps au détroit supérieur rétréci, et rejettent la version. C'est pourquoi dans le livre de MM. Farabœuf et Varnier, nous voyons préconiser les applications de forceps et en particulier les applications suivant le diamètre antéro-postérieur du bassin, applications déjà conseillées au siécle dernier par Smellie, et au commencement.
de ce siècle par Baudelocque. a
À ce propos, disons que c'est à dessein que nous n'avons pas voulu au cours de cette longue énumération discuter la façon dont les différents auteurs appliquent le forceps au
détroit supérieur :
Nous savons qu'on peut en effet distinguer trois variétés d'applications de forceps : les applications directes; les applications obliques: les applications antéro-postérieures. BourcART nous dit que tous les accoucheurs allemands n'appliquent l'instrument que dans le diamètre transverse et
oblique.
En France les opinions divergent : nous ne voulons pas discuter cette question ici; cela nous entrainerait hors de notre sujet et nous renverrons à la thèse de Lepage (1889), aux livres de Farabeuf et Varnier et à une leçon publiée en mars 1894 dans le Progrès médical, dans laquelle M. Budin discute avec sa grande autorité les différents modes d'applications de forceps au détroit supérieur et les raisons qui lui font adopter les applications obliques de préférence .aux
applications antéro-postérieures et aux applications directes.
Depuis la fin de l'année 1891, le professeur Pinard a complètement renoncé aux applications de forceps, dans les cas de rétrécissement du bassin, pour avoir recours pres-
qu'exclusivement à la symphyséotomie.
On sait, nous l'avons rappelé au début de ce travail, les discussions soulevées l'année dernière sur cette question de la symphyséotomie au Congrès d'obstétrique et dans les différentes sociétés savantes tant en France qu'à l'étranger.
On sait, en outre, que si la symphyséotomie a été admise avec enthousiasme par certains accoucheurs à l'exclusion de tout autre ‘procédé, d’autres ne l'ont acceptée qu'avec
certaines réserves.
Voici comment du reste, LÉoporp, (de Dresde) s'exprime au sujet de cette opération dans les conclusions qu'il pose à la fin de son ouvrage sur ( les opérations obstétricales
dans les cas de bassins rétrécis. »
« La symphyséotomie l'emporte sur la perforation pour
» les enfants, sur la césarienne pour les mères.
» On me comprendrait mal, néanmoins, si on croyait
» que je pense que la symphyséotomie doit tout d'un coup
» avoir le pas sur toutes les autres opérations. Il faut préserver
» la symphyséotomie du sort qu’a eu l'opération césarienne à
» indication relative, par suite de l'engouement qu'on a eu pour » cette intervention. Il serait absolument prématuré de l'em- » ployer dès maintenant d’une façon constante.
» Ses indications, sés limites ne sont pas encore fixées défini- » tivement.
» Et si, à l'avenir, la symphyséotomie donnait ce qu'elle » promet à l'heure actueile, si elle était destinée à remplacer la » perforation, il y aurait pourtant encore des cas dans la pra- » tique où le salut de la mère réclamerait le sacrifice de la vie de » l'enfant comme étant une opération moins dangereuse. » (Arbeiten aus der Konigliechen Frauenklinik in Dresden. — Leipzig, 1803, Bd. I, p. 387).
Léopold s'est, du reste, toujours montré partisan de la version, qu'il préconise encore dans la dernière communication faite sur la symphyséotomie au Congrès de Rome (V. plus loin ses Conclusions.) Ses résultats sont, du reste, encourageants. Voilà comment il s'exprime à ce sujet:
« Serait-ce donc un simple hasard qu’à la Clinique de Dresde, » sur 25 versions et extractions successives, dans des bassins » avec un diamètre antéro-postérieur minimum de 7 à 8 cent., » 90 0/0 des enfants soient venus au monde gros, vigoureux et » vivants? (Ann. de gynécol., mai-juin 1894, p. 450.)
La question de la conduite à tenir dans les cas de bassins rétrécis et, ensparticulier, la question de la symphyséotomie, a de nouveau fait le sujet d’une discussion des plus intéressante au congrès de Rome de cette année (mars-avril 1804).
Nous extrayons du dernier numéro des Annales de Gynécologie (mai-juin 1894), les conclusions du rapport du professeur Pinard à ce sujet, qui résument son opinion sur cette opération.
Après avoir rapporté toutes les remarquables études entreprises par lui et par le professeur Farabeuf sur cette opération, Pinard s'exprime ainsi :
« De tout ce qui précède, je me crois autorisé à formuler
» les conclusions suivantes :