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CHAPITRE lIl

De la version dans les bassins rétrécis.

Indications et contre-indicalions. — Manuel opéralotre.

Dans le chapitre qui précède nous avons vu quels étaient les principaux moyens employés pour arriver à faire le diagnostic de bassin rétréci et pour reconnaître en présence de quel type de rétrécissement nous nous trouvions.

Nous supposons maintenant que la femme est arrivée au terme de sa grossesse, et qu'elle vient nous trouver en travail; nous allons nous occuper des cas dans lesquels, croyons-nous, il est avantageux de pratiquer la version, dans l'intérêt de la mère et de l'enfant. Nous dirons un mot à la fin de ce chapitre de la conduite à tenir lorsque la femme n'est pas à terme. ;

Donc la parturiente vient nous trouver à terme et en travail.

Tout d'abord deux cas peuvent se présenter: ou bien l'enfant est #ort ou bien il est vivant.

Dans la première hypothèse, .nous n'avons plus à nous préoccuper que de la mère. Si nous supposons que l'accouchement peut se terminer spontanément il faut soit attendre un certain temps, soit tenter une application de forceps

ou une version; si ces opérations ne paraissent pas devoir

présenter de difficultés, car faites dans des conditions d'asepsie suffisantes, elles ne feront courir aucun danger à la mère; mais, très rapidement, il faudra avoir recours à l'embryotomie ou à la perforation. Nous ne croyons pas que dans ces circonstances on doive pratiquer la symphyséotomie qui fait encore

courir trop de risques à la mère.

Le professeur Léopold va encore plus loin : pour ne pas faire courir de dangers à la mère, « 1l est préférable, dit-il, que le » praticien assimile l'enfant moribond à un enfant mort, et qu'il » perfore plutôt une fois en trop qu'une fois en moins. » Dans ce cas, la conduite à tenir est donc relativement facile, et nous voyons qu'on peut encore pratiquer la version lorsqu'elle n'offre aucune difficulté, quitte à faire la perforation sur la tête dernière, si on ne parvient pas à l’extraire.

Mais le problème est beaucoup plus complexe lorsqu'il s’agit d'enfants vivants. Tout d’abord, ainsi que le dit Léopold, il ya grand intérêt à conserver le plus longtemps possible l'intégrité des membranes. Tant que la poche des eaux n’est pas rompue, l'enfant souffre moins, et nous serons ultérieurement dans de meilleures conditions pour intervenir si nous ne la rompons qu'au moment de pratiquer l'opération que nous aurons en vue.

Dans quelles ‘circonstances pourrons -nous faire la

version ?

Ainsi que nous l'avons remarqué en étudiant l'historique de la question, presque tous les auteurs ont distingué, suivant qu'on était en présence d’un bassin plat ou d'un bassin généralement rétréci. Quant au bassin rachitique pseudoostéomalacique, outre qu'il est assez rare, nous avons vu en parlant de l'exploration du bassin, qu'il y avait lieu de

le considérer comme un bassin généralement rétréci.

Occupons-nous d'abord des bassins plats, qui, comme

nous l'avons déjà dit à différentes reprises, se rencontrent le plus fréquemment. Il y a lieu de distinguer suivant le degré de rétrécissement. Dans une première catégorie de bassins de plus de 9 centimètres, de promonto-pubien minimum, comme le diamètre bipariétal d’un enfant à terme varie en général entre 9 Et 9,5, et que, son bitemporal’est de, 8 c. à 8 c.s, il y a lieu d'espérer que l'accouchement pourra se terminer

spontanément, étant donné la réductibilité que peut subir la tête fœtale.

Cependant, si après avoir attendu un cértain temps, on voit que la tête n’a pas de tendance à s'engager, c'est à la version, pensons-nous, qu'il faudrait avoir recours, et nous allons voir pourquoi, dans un instant, en étudiant la version dans des bassins plus petits. Si cependant la tête était fortement fixée au détroit supérieur, et qu'il fut impossible de la repousser,

cest au forceps que l’on devrait s'adresser.

Dans ce cas, en effet, comme le fait si judicieusement remarquer M. Budin, on profite déjà du travail d'accommodation qui s'est produit et l'application de forceps n'est. qu'une vis à fronte ajoutée à la vis à tergo faite par la contraction utérine. Nous avons déjà dit plus haut que, dans ces circonstances, c'est à l'application oblique que notre maître avait recours, ainsi quil l'a exposé tout au long dans la leçon faite à la Charité en 1892 et publiée en mars 1894, dans le Progrès médical, leçon à laquelle nous avons déjà fait allusion plus hauts

Supposons maintenant que nous étudions le cas de bassins plats dont le diamètre antéro-postérieur varie entré grcerit. et 7-cent\et demi.

C'est en général à la version que nous devons avoir recours, sauf le cas où la tête, paraissant fixée au détroit

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