CHAPITRE il
Essais antérieurs de traitement
Avant de relater nos observations cliniques sur l’emploi de la Vitamine E dans les formes nerveuses de la maladie du jeune âge chez le chien, considérons certains traitements prônés antérieurement, en nous limitant aux plus modernes.
Parmi les arsénicaux, le sulfarsénol, seksodique de l’éther sulfureux, du méthylol amino-arséno-phénol en solution à 6 °/,, injecté sous la peau tous les trois jours, guérirait les paralysies tardives.
Dans sa thèse, Dasque indique des injections intra-veineuses d’uroformine en solution à 20 °/. Mermet injecte la même substance, en solution à 1°, dans l’espace épidural et obtient des résultats satisfaisants. Les sulfamidés, quelle qu’en soit la voie d'administration choisie et les doses employées, sont sans grand effet sur les localisations nerveuses.
Contre elles ont été essayés les antibiotiques, la Pénicilline notamment. Ils n’y ont pas trouvé d'indication véritable, car leur effet est quasiment nul sous ce rapport.
De la médication de choc, si salutaire dans bien des affections, on attendait beaucoup. Miquel a obtenu la disparition de myoclonies, rebelles à tous les traitements antérieurement pratiqués, après plusieurs injections de 20 cc de sang citraté sous la peau.
De son côté, à l’Ecole Vétérinaire d’Alfort, le Professeur Robin eut de magnifiques résultats, dans le cas de myoclonies sans amyotrophie, avec le Staprolysat (lysat de staphylocoques et de bacillus prodigiosus, additionné de produits d’hydrolyse de tissu nerveux), par voie endo-veineuse. À l'Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse, le même succès n’attendait pas les expérimentateurs, qui n’eurent que des échecs.
Les acides aminés, dont le rôle est si important dans la vie de tout être animé, ont été essayés également. Le Glycosthène, solution de glycocolle à 2°/, pour les injections sous-cutanée et intra-musculaire, à 10 °/, pour la voie endo-veineuse, à condition d’être employé pendant plusieurs jours consécutifs, a permis la guérison d’un certain nombre de chiens soumis à ce traitement.
La Vitamine B4, essayée par Charton à l'Ecole Vétérinaire d’Alfort, a apporté des guérisons, des améliorations chez des chiots présentant des myoclonies ; dans certains cas, elle est restée impuissante. En 1943, Vu-Ngoc-Tan confirme ces résultats.
Enfin, ont été utilisées des associations vitaminiques, telle la « Névro-vitamine 4 »: cette spécialité, présentée sous forme de granulés, renferme du calcium et du phosphore, les vitamines D, Ba, B2, E, des extraits hypophysaires, du phényléthylmalonylurée, des principes actifs de passiflore et de salix alba. Malgré la richesse de ce médicament, les effets ne sont pas toujours ceux attendus par les thérapeutes : c’est plutôt un médicament de la convalescence.