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DIiABÈTE
L'étiologie du diabète parait assez nettement fixée et c'est, en définitive, soit à un trouble général de Ja nutrition, soit à un choc nerveux que peuvent se rapporter la majorité des faits. Le rôle pathogénique possible de la syphilis n'a été qu'entrevu. Deux observations de Dub, une de M. Lancereaux, une de Seegen ; quelques lignes de M. le professeur Jaccoud, les thèses de Servantie et d’Arnaud, constituent à peu près tout le bilan de la question.
À la vérité, on trouve dans les auteurs quelques faits de lésion du plancher ventriculaire ayant produit de la glycosurie, de la polyurie, en un mot le syndrome complet du diabète. La plupart de ces lésions sont dés gommes et sont Jjusticiables du traitement spécifique. Mais ce ne sont pas ces faits que nous avons en vue. Quand nous parlons de diabète, nous entendons
Se le diabète ordinaire dans lequel l'anatomie pathologique ne révèle rien, ou fait seulement découvrir des lésions secondaires, telles que les altérations des reins, des poumons, etc. Ainsi restreinte la question est presque neuve : tant sont rares les matériaux qui peuvent servir à l'étudier.
Cependant, si rares qu'ils soient, ils existent et les travaux que nous venons de citer en renferment quelques-uns.
On peut se demander d’abord dans quelle mesure la syphilis est intervenue dans ces cas et, en considérant les antécédents des malades on est tenté de considérer comme une juste coïncidence, la coexistence des deux maladies. Nous ne pouvons, à la vérité, apporter la preuve du contraire ; mais il nous semble qu'une difficulté d'interprétation comme celle-là, peut être tranchée sans autre forme de procès.
Un médecin qui eût dit, il y a quelques années, que l'hystérie, la neurasthénie, la paralysie générale, pouvaient apparaître comme conséquences éloignées de l'infection syphilitique, n'eût récolté que des sarcasmes. Qu'on nous permette de rappeler les controverses passionnées que suscitèrent les publications de M. le professeur Fournier, relatives à l'ataxie locomotrice. Et cependant, aujourd'hui, personne ou à peu près ne conteste ses affirmations.
Et ce qu'a fait M. le professeur Fournier, pour l'ataxie, l’école de la Salpêtrière l'a fait pour l'hystérie, pour la neurasthénie. En sorte qu'aujourd'hui on trouve tout simple d'admettre qu’un sujet ait pu devenir
hystérique ou neurasthénique, après avoir eu la syphilis ; non par une simple coïncidence, mais bien parce qu'il y a un rapport de cause à effet entre la neuropathie et l'infection antérieure. Tout le monde accepte cette idée aujourd'hui, que les maladies infectieuses servent en quelque sorte de révélateur et font apparaître une tare héréditaire latente jusque-là.
Or, qu'est le diabète? Une maladie par ralentissement de la nutrition, selon les uns ; une maladie nerveuse d’après les autres. Dans ces deux hypothèses, l'influence d'un facteur nocif comme la syphilis est parfaitement acceptable, au même titre que celle d'un traumatisme. Posée dans ces termes, la question de l'origine syphilitique de certains diabètes, n’a rien de choquant et sans se lancer dans des affirmations auxquelles manqueraient les preuves, on peut, à titre d'hypothèse, émettre cette opinion, que la syvhilis peut, chez certains sujets prédisposés, devenir une cause possible de diabète.
OBSERVATION ïiX
(Personnelle.)
Un de nos amis, M. C..., ingénieur, âgé de 34 ans, a eu la Syphilis, il y a 14 ans. Il s’est régulièrement soigné et n'a d’ailleurs présenté que de faibles manifestations, quelques plaques muqueuses, un peu de roséole, de la céphalée pendant quelques jours.
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Héréditairement, M. C... est un arthritique. Sa mère est rhumatisante. Son père était goutteux et est mort d'hémorrhagie cérébrale. Lui-même a une tendance à l'obésité.
En 1893, il a été vivement inquiet, à la suite de apparition, d’une éruption cutanée que nous n'avons pas vue. Mais, croyant à un retour de a syphilis, M. C... a rompu un mariage auquel il tenait beaucoup, et a dû subir, à la suite de cette rupture, des ennuis nombreux. S’apercevant, au commencement de 1894, qu'il perdait ses forces ; il a consulté. On a trouvé du sucre dans ses urines. Ce sucre a disparu au bout de quelques mois de régime sévère. Actuellement, il présente encore de temps en temps de la polyurie; mais l'état général est très bon.
OBSERVATION X Dub. (In thèse de Servantie).
En mai 1857, ur homme vient réclamer mes soins, il avait beaucoup maigri. Il raconte que sa mère avait succombé à la même affection dont il souffre lui-même aujourd’hui. Il n’a jamais été malade auparavant; il est tourmenté par une soif inextinguible, une miction très abondante, une faim insatiable et encore plus par l’anéantissement de ses forces. Enfin, il rougit de son inaptitude à remplir les fonctions génésiques, bien que marié depuis 14 jours seulement.
En poussant plus loin mes investigations, je trouvai sur tout le corps des taches exanthématiques d'un rouge cuivré; à gauche, dans l’arrière-cavité buccale, une ulcération; les ganghons inguinaux des deux côtés étaient engorgés; et quoique l’orifice du canal de l’urèthre ne présentât aucune rougeur, le
to linge était sali de taches blanches et brillantes. Le pouls était petit, faible, accéléré. Les mouvements un peu violents provoquent des palpitations cardiaques : les aliments sont bien digérés; il y a constipation. Le corps pèse 8o livres.
L'examen des urines, par la méthode de Bottger et le réactif de Trommer, a fourni une très forte proportion de sucre. La cicatrice, l'engorgement ganglionnaire, l’exanthème, l’ulcéra tion du pharynx étaient pour moi des preuves de la syphilis et je crus qu'il fallait d'abord m'attaquer à celle-ci avant d’instituer un traitement pour le diabète concomitant.
Sous l'influence du traitement mercuriel, les syphilides pâlirent au bout de dix jours; l'ulcération de l’arrière-gorge commença à se cicatriser; le pouls devint moins accéléré: le malade pesait 93 livres. L’urine était encore sucrée. Au bout de six semaines de traitement, toute trace de syphilis avait disparu, et avec elle, la polyurie et la polydipsie. Les facultés génésiques s'étaient réveillées, la boulimie avait fait place à un état normal; l’urine ne présentait plus aucune trace de sucre.
Le professeur Tacksch, qui vit ce malade quelque temps après, ne trouva pas non plus de sucre dans l'urine ; seulement dans l'intervalle, il était survenu, à la face palmaire de la main, nue syphilide squameuse.
Je perdis alors ce malade de vue; mais depuis, j'ai appris que le diabète avait reparu l’année suivante, que le malade avait été envoyé à Carlsbad et qu'il était mort peu de temps après en être revenu.