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Toxicité. Action physiologique. — Le degré de toxicité de l'extrait de fougère mâle n'est pas exactement connu. Des cas d'intoxication, dont un certain nombre terminés par la mort, laissent croire qu'il est assez élevé. La toxicité serait accrue par l'administration, à la suite du vermifuge, d’une purgation à Fhuile de ricin qui dissout l'acide filicique et favorise ainsi son absorption. Telle est l'explication que l'on peut foûrnir d'un grand nombre d’empoisonnements.
À dose toxique, ce médicament produit sur l’homme deux sortes de symptômes : 1° des troubles gastro-intestinaux : des vomissements, des coliques, de la diarrhée; 2° des troubles nerveux : de la faiblesse, du collapsus, assez souvent des troubles oculaires ; parfois des convulsions et le coma. Il serait plus toxique pour les animaux inférieurs que pour l’homme.
Les doses thérapeutiques ne sont pas non plus sans déterminer des réactions plus ou moins accentuées chez les différents sujets, mais constantes. Alors que les uns n'éprouvent que quelques nausées, d'autres se plaignent de vertiges et ont des vomissements.
Posologie. — Chez l'adulte, on a prescrit des doses variant de 2 à 10 grammes; mais actuellement, on préconise généralement 6 à 8 grammes. Chez les enfants, on conseille 0 gr. 50 par année d'âge. ;
L'extrait filicique se trouve dansle commerce en capsules toutes préparées contenant 0 gr. 50 d'extrait. Il est absolument nécessaire que cet extrait soit assez frais, sous peine de perdre complètement ou partiellement son efficacité. Malheureusement, en France, il arrive que ces capsules séjournent longtemps dans le fond des pharmacies, et l’on ne doit pas chercher ailleurs la cause de certains insuccès.
Lorsque l’on utilise ce médicament comme (ænifuge, on peut l'administrer selon la technique de Créquy. Les capsules employées sont faites d’après La formule suivante :”
Extrait éthéré de fougère mâle.... 0 gr. 50 CAlOMELE SERIE ER ANNE ac 0rer 100 Pour une capsule
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Le: malade prend { capsule toutes les cinq minutes. jusqu'à un total de 12 à 16. Il doit reëter au lit pour éviter les vertiges. Si après deux ou trois heures, il ne s'est produit aucune expulsion, on administre une purgation de 60 grammes, d’ huile de ricin. Telle est la technique. Maïs nous avons vu le danger de l'huile de ricin associée à ce médicament. Aussi vaut-il mieux, si la purgation est nécessaire, donner un purgatif salin.
L'extrait éthéré de fougère mâle a été également beaucoup employé, en Europe surtout, contre l’ankylostomose. Ici, comme l'on a affaire à une affection causée. par un parasite résistant, un simple traitement ne suffit pas et il a fallu instituer une véritable cure avec ce médicament. Divers procédés ont été proposés, ils se ressemblent tous. Nous nous bornerons à les indiquer, sans entrer dans les détails. |
Procédé de Malvoz et Lambinet au dispensaire de Liége. — Ce procédé utilise un mélange ainsi formé :
Extrait éthéré de fougère mâle..... 4 grammes. CHIOEOTOP DER DIE RE Mec neae eie 3 grammes.
GIVCÉRITEMENDE Eee te Se 40 grammes. -
Deux jours avant de prendre ce mélange, le malade doit absorber 8 grammes d'extrait filicique en capsules. Le fraitement dure trois jours pendant lesquels le mineur est complète: ment incapable de rien faire.
Procédé de Herman aux mines de Mons. — On donne alternativement la potion suivante :
Extrait éthéré de fougère mâle..... 4 grammes. Chloroforme........ ST UC cela 3 grammes.
HT IÉALETICIE RER RAR RE A enRes 40 grammes.
et de l’eau chloroformée saturée. La durée totale du traitement est de huit jours : huit jours d' indisponibilité.
Nous signalerons encore ici un traitement pratiqué, avant la guerre, dass un dispensaire minier de Westphalie et qui immobilisait également l’ouvrier pendant une semaine.
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Résultats. — L'extrait éthéré de fougère mâle est un bon: tænifuge. Il a été essayé et employé longuement contre l’ankylostomose avec des résultats très variabies. Mais il répugne aux malades. D'autre part, il ne peut être utilisé partout. Son emploi
dans les pays chauds n'est pas à conseiller. Caïus et Mhaskar
ne le trouvent nullement recommandable en vaison de la rapidité avec laquelle il s'altère. La complication de son mode d’ad:
aministration, les précautions à prendre pour éviter les troubles
consécutifs à son ingestion, la longue durée du traitement, sont autant d'inconvénients que ne compense pas une efficacité rela: live et qui le rendent difficile à imposer soit en Europe, aux travailleurs soucieux de leur salaire, soit dans les colonies, aux indigènes qui se soumettent difficilement aux restrictions de régime.
Si nous nous sommes étendu longuement sur ce médicament, ce n’'estque pour mieux en faire ressortir les inconvénients. L'idéal, nous le voyons, serait un remède qui pourrait être administré sans restriction diététique, sans modification dans le genre de vie du patientet dont l'ingestion ne serait suivie d'aucun trouble,
. V. — Naphtol-f.
Le naphtol-$ se présente sous la forme d’une poudre constituée de lamelles cristallines incolores, d'odeur un peu nauséeuse, de saveur brûlante, peu solubles dans l’eau froide, mais très solubles dans l'alcool, l'éther, le chloroforme. |
Toxicité. Action physiologique. — Il produit sur les muqueuses une sensation de brûlure et est habituellement mal toléré par l'estomac. Introduit en dissolution dans le sang, il est toxique (Bouchard). Mais « son insolubilité s'oppose à sa toxi-
cité » et, par ingestion, il faut des doses considérables pour
entraîner la mort.
Posologie. Résultats. — Le naphtol-$ a été fortement prôné par Manson comme succédané du thymol dans tous les cas où
ce deruaier est indiqué. Pour lui, il aurait la même efficacité que le thymol, à la condition d'être pris de la même manière et à da dose de 1 gramme toutes les demi-heures, jusqu'à concurrence de 2 ou 3 granimes. Il serait, en outre, moins désagréable à prendre.
Gonzaga et Lima ont obtenu 73 p. 100 de succès sans constater de troubles toxiques sérieux,. en administrant sous forme de capsules 6 grammes de naphtol-8, pendant trois matins consécutifs et en donnant, deux heures après la dernière dose, une purgation saline.
Smillie, qui l'a employé contre l’ankylostomose, lui Leconnaît également une efficacité comparable à celle du thymol. Mais ayant expérimenté ce médicament sur 79 individus parasités, il observa deux fois des phénomènes toxiques très graves rappelant l'intoxication phénolée, et dans 2 autres cas, des lésions accusées des globules rouges. Smillie ne s'explique pas pourquoi certains sujets ont montré une sensibilité particulière. Cependant, dans 3 cas, il s'agissait d'individus fraîchement impaludés ; peut-être cette circonstance avait-elle rendu les hématies moins résistantes.
Quoi qu'il en soit, Smillie déconseille formellement l'emploi du médicament à forte dose dans le traitement de l'ankylostomose.