IV. — Résultats
Ainsi que nous l'avons dit, le chénopodium a été surtout employé dans la lutte contre l'ankylostomose. Mais comme cette affection est bien rarement isolée, il a été possible de juger chemin faisant, de l’action du médicament à l'égard des autres parasites intestinaux. Cela nous permettra d'envisager successivement ses effets sur les différents helminthes du tube digestif.
1° Action sur les ankylostomes. — De l'avis de-tous ceux qui l'ont expérimentée, l'huile de chénopodium aurail, vis-à-vis des ankylostomes {A. duodénale et N. americanus), un-pouvoir vermifuge tel qu'on ne lui pourrait comparer celui d’aueun. anthelminthique antérieurement connu. Nous citerons, dès le début, l'appréciation de Schüffner et Verwoort.
Ces auteurs ont expérimenté le médicament en comparaison avec le thymol et les vermifuges Le plus habituellementemployés, sur 1.457 individus infestés. Ils ont établi que le « coefficient d’ efficacité » de, chaque remède, c'est-à-dire le pourcentage de la tolalité des vers expulsés par le remède est le suivant :
Huile d'eucalyptus............ 38 ik Map B Nus u m- date ROSE AL PAM FR EME ne ra L083
Huile de chénopodium........ 91,
Le docteur Keith, doyen de l'École médicale de SNÉADOUE. | trouve également le chénopodium très HUE au thymol, à l'eucalyptus et au naphtol:6.
Darling, Barber et Hacker, dans le rapport de la Commission de l'uucinariose en Orient, sont d'avis qu'un seul traitement au chénopodium, administré selon Le mode que nous avons préconisé ci-dessus, détermine « l'expulsion de 99 p. 100 de tous les vers sans effet toxique ». Dos
Nombreuses sont les communications des médecins d’ Amérique et d'Extrême-Orient qui parlent du chénopodium en des termes
semblables et le considèrent comme le meilleur des anthelminthiques; et cette opinion n'est pas sans fondement puisqu'elle est basée sur l'expérience personnelle de ceux qui l'émetlenlt.
Parmi tous ces auteurs, ceux qui ont fait à ce sujet Les expériences les plus intéressantes, par le nombre des cas envisagés, les soins dont ils ont entouré leur exécution, la constance et la conscience avec laquelle ils ont observé et noté les résultats, et le scrupule qu'ils ont apporté à leur publieation, sont, sans doute, MM. Brosius et Bishop, Que nous avons déjà si fréquemment cités. . Re
Dans une première communication, en 1915, ils signalent qu'ils ont traité 108 cas d'ankylostomose par l'huile de chénopodium. Sur ce nombre, 92 malades n'ont pas reçu d'autre traitement; chez les 16 autres on alterna le thymol et le chénopodium. Afin de pouvoir, dans la mesure du possible, comparer, en connaissance de cause, les deux médicaments, ils ont également (raité des patients uniquement avec le thymol. Ne voulant pas s'exposer à considérer comme guéris des sujets qui ne Le seraient pas, mais désireux, au contraire, d'étudier loyalement la valeur thérapeutique du chénopodium, ils se sont fixés comme critérium pour affirmer une guérison « que Les échantllons de selles examinés au point de vue des œufs d’ankylostomes fussent négatifs pendant au moins cinq ou six jours conséculifs ou davantage, et que, le traitement élant alors répété, les selles recueillies fussent également dépourvues d'œufs ». Au premier. abord, cette règle peut paraître exagérée, mais l'expérience prouve qu'il n'en est rien. Dans cerlains cas, après un premier traitement, la recherche des œufs dans Les selles avait été négative à plusieurs reprises; et pourtant le traitement de vérifi cation fut suivi d’une nouvelle expulsion de vers.
Pour établir la comparaison qu'ils cherchaient entre le thymol et l'huile de chénopodium, il leur fallait un moyen qui ne fût pas sujet à caution, ni susceptible de subir l'influence de facteurs étrangers à l'expérience. Ils décidèrent d'adopter pour cela la moyenne du nombre d’ankylostomes éliminés dans la première selle produite par la médication- chez un nombre égal
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de sujets non sélectionnés et qui n'avaient pas reçu de traitement antérieur. Les résultats furent les suivants :
Thymol.,.... 60 cas. Nombre moyen d’ankylostomes ... 76 Chénodium... 60 cas. Nombre moyen d’ankylostomes ... 99
tomes expulsés par l'huile de chénopodiunr s'éleva à 131 pour un ensemble: de 90 cas. Chez un patient, le médicament amena l'expulsion de 1.379 de ces parasites. j EX
Parmi les malades qu'ils ont pu suivre et dônt les selles ont été examinées à diverses reprises, à de longs intervalles, ils rapportent 24 guérisons dues au thymol et 35 au chénopodium. Or, pour assurer ces 24 guérisons, le thymol a demandé un total de 49 traitements, tandis que pour les 24 premières guérisons dues au chénopodium 30 traitements ont suffi, et qu” il n'en fallut que 42 pour l ensemble des 35 guérisons.
Bishop et Brosius ont également expérimenté dans quelques ‘
cas Le thymol et l'huile de chénopodium sur les mêmes malades, utilisant l'un comme traitement d'essai, et l’autre comme « traitement témoin ». Ils font ressortir que dans les cas où le chénopodium fut donné en premner lieu et le thymol en second, les résultats obtenus par le thymol ne surpassèrent jamais ceux du traitement au chénopodium.
Nous citerons comme preuve de l'efficacité comparée des deux anthelminthiques APRES uns des cas rapportés par les auteurs.
Cas n° 1.— Le patient reçoit un traitement au. thymol :aucune élimination de vers. Quelques jours plus tard, un traitement au chénopodium amène l'expulsion de 7 ankylostomes.
Cas n° 2. — Un fraitement au thymol expulse 29 ankylostomes. Un traitement au chénopodinum administré une semaine plus tard permet de retrouver 48 ankylostomes dans les selles. Une deuxième ingestion de chénopodium quelques jours après montre que l'intestin ne renferme plus de parasites.
Cas n° 4. — 30 ankylostomes sont expulsés par le chénopodium après un traitement inopérant au thymol.
Dans les expériences ultérieures, la moyenne des ankyÿlos-
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Cas n° 5. — Lei, un premier traitement au thymol avait été efficace. Cependant les selles continuèrent à renfermer des œufs. On donna une deuxième dose de Ihymol, mais en vain, l'examen des selles resta positif. On administra alors du chénopodium qui chassa 6 ankylostomes.. Il n'y eut plus d’œufs dans les selles.
Ces observations semblent bien confirmer la supériorité du chénopodium sur le thymol.
Parmi les malades de Bishop et Brosius, un bon nombre
avait été admis à l'hôpital pour d'autres maladies et certains ne se doulaient même pas de leur infestation. Ils avaient été traités en raison des résultats de l'examen coprologique régulièrement pratiqué. Quelques-uns moururent de l'affection qui les avait amenés ; mais ils avaient pris du chénopodinm et Fautopsie
pratiquée chez eux permit de constater l'efficacité du médica-.
ment, car dans la plupart des cas, on ne trouva pas d’ankylostomes daus le tube digestif. Dans les-expériences et études précédentes, Bishop et Brosius avaient employé des doses élevées d'huile de chénopodium, de 3 cc. environ, ainsi qu'on le faisait alors. Depuis, ils ont admi-
nistré les doses modérées, moilié moins fortes que les précé-
dentes et ont remarqué que le médicament était toujours d’une efficacité considérable, ce qui lui est encore une supériorité sur le thymol, puisque celui-ci n'agit plus quand on diminue la dose. Néanmoins; avec cette nouvelle posologie, il est souvent nécessaire de répéter le traitement. En pratique, on peut s’arrêter quand la dernière médication n'a déterminé l'expulsion que de 10 ankylostomes au maximum.
Ces mêmes auteurs rapportent 50 guérisons absolues, ayant nécessité 120 traitements, soit 2,4 traitements pour Î{ guérison avec des doses modérées. Ils font remarquer que presque toujours, le premier traitement est celni qui chasse Le plus de parasites. C'est ainsi que: dans ces 50 guérisons, il expulsa 84 p. 100 de la totalité des vers.
Les uncinaires des deux sexes ne se comporteraient pas de Ia même manière vis-à-vis du médicament qui serait plus actif
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