‹ Contribution à l'étude de quelques structures florales (Essai de morphologie florale comparée)Chapitre 12 sur 57 · La théorie de la métamorphose · texte numérisé non relu

La théorie de la métamorphose

Avant d'aborder l’exposé de quelques-unes de nos observations, il nous a paru bon de signaler rapidement les principales théories sur la fleur, entre lesquelles se partagent les opinions des botanistes.

Déjà au xvurie siècle, M. G. F. Wozrr formulait la doctrine qui devait par la suite servir de base de discussion à tous ceux que préoccupe la nature de la fleur. Cet auteur établit que les organes divers portés par l’axe des plantes sont de nature identique, si variée que soit leur forme. Aussi les organes floraux sont-ils, d’après lui, des feuilles plus ou moins modifiées.

C’est cette théorie que l’on attribue généralement à GŒTHE, qui ignorait, 1l est vrai, les écrits de son prédécesseur, lorsqu'il publia, en 1790, son Versuch die Metamorphose der Pflanzen zu erklären. 1 y décrit plusieurs sortes de métamorphoses, une métamorphose ascendante, une métamorphose descendante, une métamorphose wrrégulière. La théorie de GŒTHE a eu un immense succès et a inspiré presque tous les travaux qui ont été publiés après lui. Elle est devenue rapidement classique. A.-P. DE GANDOLLE pouvait dire de lui qu’il «a deviné l’organisation végétale », et il abondaït dans son sens en déclarant que la fleur est constituée par «l’assemblage de plusieurs verticilles de feuilles, diversement transformées, et situées en forme de bourgeons à l'extrémité d’un rameau ». C’est ce savant qui a émis l’idée de l’origine staminale de la corolle. « Dans tous les végétaux connus, dit-il, ces deux organes ont la même origine, et je conclus, par une analogie très puissante, que les pétales des plantes ne sont, en thèse générale, que des filets d’étamines ou développés par suite de l’avortement de l’anthère, ou dont l’anthère a avorté par suite du développement du «filet ». Le carpelle, lui, «est une petite feuille courbée ou pliée en dedans, sur elle-même. » Cette interprétation est assortie d’un raisonnement suggérant l’homologie de certains carpelles à une feuille peltée. Cette idée fut soutenue, plus tard, par CELAKoOSKY et, plus récemment, par TROLL.

10 RENÉ NOZERAN

Page 1