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La fleur, organisation morphologique complexe

Wizson, s'appuyant sur la théorie du télome, présente sa conception sur l’origine de l’étamine : This viewpoint considers that the anther is a Synangium of four sporangia, and that this synangium, together with the filament and connective has arisen from a dichotomous branch system with terminal sporangia, following such processes as fusion and reduction of the fertile telomes (sporangia and their stalks) and other parts of such a system. Indépendamment de cet auteur, la même année, P. BERTRAND et M.-Ch. Dexay arrivaient, en ce qui concerne l'explication phylogénétique de l’étamine, à une solution comparable. Vers la même époque, L. EmBer- GER arrive à la conclusion « que la fleur, même la plus réduite, est un buisson d’axes ou de ramifications contractées ou foliarisées, insérées sur un axe principal plus ou moins court. La fleur, même la plus simple, n’est pas une unité morphologique ; elle est seulement une unité physionomique et biologique. L’unité morphologique est le sporange, c’est-à-dire la loge pollinifère ou le nucelle. La définition morphologique classique de la fleur n’est donc pas exacte; la fleur la plus simple, du point de vue morpho-

logique, est une sorte d’inflorescence ». S’opposant au concept un peu simpliste de la théorie classique, l’idée de la complexité de la « fleur » avait été déjà pressentie par des auteurs anciens, mais ce n’est que depuis les

travaux de L. EMBERGER que ces vues nouvelles ont vraiment pris corps.

C’est ainsi que ScHLeineN, en 1837, émit l'opinion que le gynécée est composé de carpelles homologues de feuilles et de placentas d’origine caulinaire. Plus tard, PAYER, se basant sur des observations ontogénétiques, précise que, dans l’ovaire supère, «le carpelle de nE CANDOLLE est formé par une partie appendiculaire, la feuille carpellaire, insérée par sa base sur les deux branches d’un axe bifurqué qui porte les ovules », et que « l'ovaire infère se compose toujours d’une partie inférieure axile qui est creusée d’un plus ou moins grand nombre de trous et d’une partie appendiculaire qui le recouvre ».

COULTER et CHAMBERLAIN vont même plus loin : ils pensent que les carpelles, bien qu'ayant sans doute leur origine dans les mêmes organes ancestraux que la feuille, sont, du fait de l’évolution, devenus des unités morphologiques, sans relation avec les feuilles.

NEUMAYER, dépassant le cadre des carpelles, et prenant pour « Urtypus » de tous les Anthophytes les rameaux courts de Ginkyo, pense prouver que les rameaux sexuels proprement dits sont soit les étamines (androkladien), soit les ovules (gynokladien) ; les bractées de ces rameaux (andro- ou gynophytes) seraient soit des pièces du périanthe s’il s’agit des étamines, soit des parties, au moins, de la paroi du gynécée, s’il s’agit des ovules. Des néoformations viennent compliquer les ensembles « rameaux secondaires et leurs bractées axillantes ».

4, — Stachyosporie et phyllosporie.

Reprenant et élargissant les idées de L. EMBERGER sur l'importance des modes d'insertion des ovules, A.-J. Lam a introduit récemment une terminologie nouvelle avec les notions de « stachyosporie et phyllosporie ».

La stachyosporie est, dit-il, the condition in plants, in wich the sporangia, whether iso or micro and megasporangia, are essentially terminal on entirely (or prevaillingly) fertile telomes. Quant à la phyllospory, elle est the condition in which sporangia are essentially « drowned » in an excess of sterile telome, 1. e. or a leaf (eu-sporophyil).

L'auteur souligne, par ailleurs, que « nous ne devons jamais oublier que les télomes fertiles et les télomes stériles, les éléments primaires des Cormophytes, restent toujours homologues et qu’ils sont, par conséquent, toujours interchangeables. ». « Cette reconnaissance, ajoute A.-J. Lam, nous aidera à interpréter plusieurs tératologies autrefois ncompréhensibles. Ainsi, par exemple, des axes secondaires chez les étamines semblent se trouver seulement chez les Phyllosporées (exemple Nymphaea); chez les Stachyosporées, par exemple Dianthus, les étamines ne produisent pas de bourgeons axillaires, mais elles peuvent être remplacées par des structures axiales. »

12 RENÉ NOZERAN

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