Les continuateurs de l’œuvre de Grégoire
Parmices travaux, nous retiendrons ceux de L. PLANTEFOL, de R. Buvar et de leurs élèves.
Sous le titre de Fondements d’une théorie florale nouvelle. L’ontogénie de la fleur, L. PLANTEFOL a apporté, en 1948, une importante contribution à la défense des idées de GRÉGOIRE : « Les arguments sur lesquels la théorie classique avait appuyé une interprétation qui demeurait hypothétique sont caducs : ressemblance morphologique, vascularisation, formes tératologiques. Aucun n’avait une valeur démonstrative suffisante. Chacun n’apportait que des probabilités. »
Le point de départ de la démonstration, pense cet auteur, est l'étude de la phyllotaxie de la portion végétative, dans laquelle, élargissant les vues d'EicuLer et de CuÉnon, il réussit à déterminer la présence d’hélices foliaires multiples élaborées par autant de centres générateurs de lapex végétatif. Ceci établi, ne retrouvant pas dans les fleurs lindication de la réalité de ces hélices foliaires, L. PLANTEFOL est arrivé à adopter des vues semblables à celles de GRéGoire.
Il en est de même dans les derniers travaux de Buvar (et autres), celui-ci s’appuyant sur l'étude de méristèmes apicaux de quelques Dicotylédones et Monocotylédones qui produisent des fleurs ou des inflorescences terminales.
« Presque toute la tige, appareil conducteur compris, est d’origine tunicale ; presque tout le pédoncule (floral ou d’inflorescence), appareil conducteur compris, provient du corpus », constate-t-il.
Et, comme « il n’y a aucune communauté ontogénique entre la tige et le pédoncule floral ou d’inflorescence, ce sont des organes sui generis ». Ainsi R. Buvar ajoute-t-il, à la théorie de PLANTErOI., sur la fleur, une interprétation nouvelle de l’inflorescence qu’il ne différencie pas de la fleur proprement dite. En effet, écrit-il : « La transformation du point végétatif, lorsque vont apparaître des appareils reproducteurs terminaux, est sem-
blable, qu’il s’agisse d’une future fleur solitaire ou d’une inflorescence.
» L’édification d’un méristème sporogène, uniforme, recouvrant un réceptacle, est histologiquement toujours la même. Ce méristème peut, ensuite, se diviser en plusieurs méristèmes floraux, de même constitution que lui, avec ou sans bractées axillantes, ou bien donner directement les pièces d’une seule fleur.
» Ainsi, l’étude histologique n’apporte aucun caractère, aucun critère fondamental qui permette une définition différentielle de la fleur ou de l’'inflorescence : elle n’ajoute rien aux arguments morphologiques » ; et, d’ailleurs, il précise : « L’histologie conduirait plutôt à supprimer ces deux termes où à n’en garder qu’un. »