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Les cônes des Cupressacées

10 Cupressus, Actinostrobus. — L'étude que nous avons pu faire d’un cône anormal de Cupressus glauca permet, à notre avis, de préciser la valeur morphologique des cônes mâles et femelles de cette Gymnosperme.

Il s’agit d’un cône femelle (fig. 46) formé de 6 feuilles, opposées-décussées, comme dans les cas normaux.

Toutes, sauf une (f,a), portaient à leur aisselle un certain nombre d’ovules (ov) ; la feuille f,a, au contraire, axillait une fleur ou cône mâle. Or on sait par les travaux antérieurs, plus particulièrement par ceux d'HAGERUP, que ces ovules sont portés par un axe À, très réduit. La comparaison entre les parties mâles et femelles montre leur parfaite homologie et prouve de la manière la plus claire

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que l «écaille » des Conifères équivaut à un cône mâle, c’est-à-dire à une fleur.

Chez une autre Cupressacée, Actinostrobus pyramidalis Miq. (fig. 47), le cône femelle présente de l'intérêt en ce sens que les feuilles (br) à laisselle desquelles se développent les axes ovulifères sont groupées en un cycle à la façon des carpelles de certaines Angiospermes. Les ovules portés par des axes 4, très courts, comme c’est normal chez les Cupressacées, semblent insérés sur l’axe À,, ce qui rappelle beaucoup une placentation centrale d’Anglosperme.

20 Juniperus. Chez les Genévriers (Juniperus), les types d’organisation femelle, découverts par HAGERUP, sont très variés. Nos recherches les confirment, sauf sur un point : les mégasporanges sont toujours insérés dorsalement, non ventralement, fait dont HAGErRuP n’a pas tenu compte, bien qu'il l’ait correctement figuré.

Appelons 4, l’axe du cône. Chez Juniperus Sabina L. (fig. 48), il y a,

| à laisselle, ou plus ou Fig. 47. — Cône femelle d’Actinostrobus.

moins à l’aisselle de a, vue de profil ; b, vue de dessus ; on remarque le prolon- à b À gement de À, ; les ovules ont été enlevés ; e, représentation Chaque ractée portée par

schématique de l’ensemble. Fe un axe secondaire (A3)

avec une seule feuille,

parfois deux, fertiles. Au sommet de A;, il y a 2 feuilles stériles constituant la « columelle » (fig. 48).

Chez Juniperus chinensis L. (fig. 49), la structure est la même, sauf que

certaines feuilles de la columelle sont parfois fertiles. Dans cette espèce,

nous trouvons donc, à la fois, des ovules insérés directement sur À, et

d’autres, portés par des axes 4, De plus, la columelle est composée de 2 verticilles, de sorte que des feuilles stériles sont intercalées entre le verticille fertile de la columelle et les axes secondaires ovulifères.

Il existe, enfin, des Genévriers (sec. Oxycedrus) [fig. 50] où seules les feuilles de la columelle sont fertiles. Un tel cône est donc simple, les axes secondaires (4,) ayant complètement disparu ou ne subsistant parfois

Fig. 48. — Cône de Juniperus sabina schéma- Fig. 49. — Cône de Juniperus chinensis schétisé (d’après Hacerup) ; les feuilles de la matisé (d’après HAcErur) ; la columelle est columelle sont stériles. en partie fertile.

que par une petite ébauche (fig. 50, À.) ; il n’est plus un cône, mais l’homologue d’une fleur, au sens classique.

En d’autres termes, la comparaison avec Juniperus chinensis montre, dans cette dernière espèce, une inflorescence terminée par une fleur, tandis que, chez Juniperus Sabina, il y a une inflorescence sans fleur terminale.

Si on réunissait, sur un seul schéma, les structures observées chez les Juniperus (fig. 51), on constaterait que les cônes femelles de Genévriers sont construits exactement suivant le même plan que les glomérules mâles de Cephalotaxus (comparer fig. 7 et 51) et que les mécanismes réductionnels et de transfert fonctionnel sont identiques à ceux que nous avons décrits chez Cephalotaxus femelle. Cephalotaxus réunit sur une même espèce les types structuraux qui, chez Juniperus, sont répartis entre plusieurs. Les faits décrits (p. 19) chez Cephalotazus montrent, par comparaison avec Juniperus, que le cône femelle de Genévrier est bien le résultat d’une phylogenèse, comme l'avait affirmé HAGErur. Les états rencontrés chez J. Sabina, J. chinensis, J. communis L. sont des

étapes phylogénétiques successives tendant à la formation de la fleur à partir d’une structure ramifiée.

Les vues d'HAGERUP, que nous confirmons, ne sont pas partagées par H. GAUSSEN, qui donne une interprétation différente. Pour ce dernier, la columelle est un axe 4,, mais, s’il en était ainsi, la position des diverses pièces composant le cône serait différente. De plus, les phénomènes de

Fig. 50. — Cône de Juniperus de la section Fig. 51. — Schéma synthétique réunissant les oxycedrus, schématisé (d’après Hacerup) ; divers types structuraux observés dans les seules les feuilles de la columelle sont diverses espèces de Juniperus. Remarquer fertiles. la position hypophylle du nucelle.

transfert décrits ne peuvent être niés ; ils intéressent indiscutablement l'axe primaire, A..

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